‹ De la nécessité et des moyens de plaireChapitre 7 sur 12 · I08 DE LA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

I08 DE LA NÉCESSITÉ

air de supériorité, qui se glisserait sans qu'ils s'en aperçussent dans leur langage, dans leurs actions les plus indifférentes, et même dans leur politesse. Il est sans doute honteux pour rhumanité, qu'on doive tenir compte à un homme de ce qu'un rang ou une grande place, qui ne lui aura peut-être été donnée que par considération pour ses aïeux, de ce qu'un titre acheté, ou tels autres avantages, qui n'ajoutent rien à son mérite personnel, n'ont pas changé son maintien et sa manière de traiter avec les autres hommes.

Mais enfin on lui en sait gré. On s'y attendait même si peu, que dès qu'il ne diminue rien des soins et des égards qu'il mettait auparavant dans la société, on se fait l'illusion de croire qu'il y en apporte davantage.

Combien, à plus forte raison, nous dispose-t-il en sa faveur, quand il a eflectivement ce surcroît d'empressement de nous gagner? On est flatté de ce que son nouveau lustre n'a servi qu'à lui inspirer plus d'envie de nous plaire. On pense qu'il a senti que ce qui l'élève, loin de lui donner de la supériorité sur nous, n'a fait que l'en rapprocher davantage, par le besoin qu'il a de notre sufl^rage. On lui trouve de l'élévation dans l'âme et de la solidité dans l'esprit; car on n'a jamais plus d'opinion des bonnes qualités des autres hommes, que quand elles nous aident à nous convaincre de notre propre mérite.

L'attention à ne point diminuer d'égards pour ceux qui ont reçu de nous des services, surtout quand

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