‹ De la nécrose causée par le phosphoreChapitre 1 sur 10 · De la nécrose causée par le phosphore · texte numérisé non relu

De la nécrose causée par le phosphore

Deux difficultés se présentaient à moi clans l’étude de la question que j’avais à traiter. La première, c’est que la grande majorité des travaux appartenait à l'Allemagne et n’était partiellement arrivée jusqu’à nous que par de très succinctes analyses.

J’ai dû faire traduire beaucoup, et je remercie ceux qui m’ont aidé dans cette laborieuse partie de mes recherches.

La seconde difficulté, c’est que la plupart des malades ont été vus à différentes époques, par des chirurgiens différents. Ces observations à bâtons rompus exigent un travail de raccordement et de contrôle, qu’il n’est pas toujours aisé de mener à bonne fin.

Je veux en citer deux exemples : la femme Simon, n° 68 (1), était peut-être la même que la femme Simon, n° 66; la première a été observée à Lyon, la seconde à Paris. C’est en étudiant les dates et les détails des observations , que nous nous sommes convaincu de la différence : le n° 66 a perdu sa mâchoire inférieure en 1847, le n° 68 a été malade à Lyon en

(1) Voyez le tableau, page 17.

Les difficultés ont été plus grandes pour les femmes Catherine Müller, n° 49, et Catherine Chassart, n° 14.

Voici l’état des choses : j’avais vu, en 1848, à l’Hôtel-Dieu , une malade atteinte de nécrose par le phosphore, à laquelle Blandin avait enlevé tout le maxillaire inférieur, mais j’ignorais son nom.

Je trouve dans les notes de M. Lailler : Catherine Müller, traitée, en 1848, par Blandin, à l’Hôtel-Dieu. Immédiatement je pense que Catherine Müller est bien le nom de la malade que j’ai vu opérer. Je me reporte à Y Union médicale , où le fait est relaté dans un article de M. Amédée Forget, et j’aperçois Catherine Chassart. J’étais dans un grand embarras. Par bonheur, au moment où j’écris ces lignes, il y a à la Pitié un malade nommé Jacques Müller, dont je donne l’observation.

Je vais le trouver : il a eu une sœur qui se nommait Catherine Müller; elle n’a jamais été mariée et n’a, par conséquent, pas pu s’appeler Chassart par son mari. Elle n’a jamais eu d’autre état avant de travailler aux allumettes; la femme Chassart avait été couturière. C’est vers l’âge de dix-neuf ans qu’elle tomba malade, Chassart en avait vingt-quatre. Müller à été opérée à l’ Hôtel-Dieu, l’opération réussit; la malade est morte il y a deux ans environ â l’âge de vingt- sept à vingthuit ans, elle a succombé à une maladie aiguë que Jacques Müller ne peut spécifier.

A raison de ces différences, j’ai dû faire figurer les deux malades sur mes tableaux. Je ne conserve pas moins de grands doutes sur leur non-identité.

C’est une question que mes lecteurs résoudront s’ils le peuvent, j’ai fait tout ce qui était en moi pour arriver â une solution complète.

Puisque j’en suis aux explications, je dois dire que j’ai fait écrire à M. Lépine, de Dijon, pour me procurer des renseigne-

ments complets sur ses malades. Mais les observations étaient anciennes, elles n’ont pu être retrouvées; j’ai été contraint de me borner aux indications très brèves données par M. Roussel.

Je n’ai pas cru devoir reproduire toules les observations dont j’ai disposé, mais je les ai toutes menlionnées dans mon tableau. Celles que. j’ai négligées n’avaient aucun intérêt.

J’ai peu fait de citations bibliographiques dans le texte; quelques esprits sévères pourront m’en blâmer. Cependant, comme je donne à la fin de mon travail un index bibliographique très exact, et qu’il n’est en général question que de travaux d’une minime étendue, il sera toujours facile de remonter à la source.

Quand je cite un nom d’auteur, on n’a qu’a se reporter à la bibliographie.

Quand je cite un nom de malade, on le trouve mentionné au tableau.

Qu’il me soit permis, en terminant, de témoigner à M. Cailler ma reconnaissance pour l’extrême bonté qu’il a eue de me livrer tous les matériaux bibliographiques, cliniques et anatomopathologiques qu’il avait recueillis sur la question dont il s’occupe depuis plusieurs années.

Je dois remercier aussi M. Chevallier, qui a mis â ma disposition le manuscrit du mémoire encore inédit qu’il a présenté en 1817 à l’Institut, en commun avec MM. Bricheteau et Boys de Loury, et j’avertis ici que, lorsque je cite un de ces trois auteurs, la citation doit être rapportée à tous les trois.

Page 1