LES URINES SONT TROUBLES
Il s’agit généralement d’une pyonéphrose ouverte ou ‘intermittente. Deux diagnosties sont avant tout à discuter :
Pyonéphrite à type pyélonéphrite traînante, fébrile, et tuberculose rénale à forme fébrile également.
a) Pyonéphrite à type pyélonéphrite trainante fébrile.
C’est le diagnostic clinique le plus souvent à discuter à cause de sa fréquence.
Ce sont des malades chez lesquels surviennent des frissons, une ascension thermique et on pense à l’évolution d’une pyélonéphrite vers rétention septique dans le bassinet, c’est-àdire à la constitution d’une petite pyonéphrose.
Dans la grande majorité des cas, c’est encore la sonde à demeure qui donne issue à une abondante évacuation de pus et amène une baisse de la température. Le diagnostic de. pyonéphrose est confirmé. Bien plus, la constatation d’un grand dépôt purulent dans le bocal à urine, le remplissant quelquefois à moitié, confirme ce diagnostic. Mais il n’en est pas toujours ainsi. D’une part, il est rare de trouver une grosse masse nettement fluctuante dans la région lombaire caractéristique d’une pyonéphrose et d'autre part, les signes physiques et généraux sont voisins de ceux observés au cours des pyonéphrites. Le cathétérisme et la sonde à demeure n’amènent pas toujours la cessation de la fièvre. Le diagnostic traîne, le malade décline peu à peu, la présence d'une infection collectée du parenchyme rénal qui ne s’évacue
La
SONT Pre
pas sur le bassinet doit être soupçonnée ; dans les deux cas, c’est l'intervention qui jugera la situation.
b) Tuberculose rénale dans sa forme fébrile.
Une tuberculose rénale évolue classiquement sans réaction fébrile ; mais il existe des cas qui présentent de la fièvre oscillante, des urines troubles, on ne trouve pas de B. K. dans les urines, pas de germes ou le plus souvent des colibacilles. Les phénomènes de cystite sont accentués. L’examen fonctionnel montre une déficience d’un côté, la sonde à demeure reste sans effet ou donne une amélioration insignifiante.
Quels sont donc les signes cliniques qui permettent le diagnostic avant l'intervention d’une pyonéphrose tuberculeuse ?
Cliniquement il semble que le point douloureux costolombaire en cas de tuberculose est moins net et moins intense. La cystite est tenace et rebelle au traitement local. L’inoculation au cobaye est le plus souvent négative même quand la tuberculose est en jeu. On a signalé la déformation leucocytaire caractéristique de la tuberculose. Les explorations radiographiques montrent à la pyélographie et l’urétérographie rétrograde, (Chevassu) les cavernes communiquantes qui tranchent le diagnostic. Au moment de l'intervention, on constate l’induration de l’uretère, les déformations d’un rein en cavernes tuberculeuses.
Dans tous ces cas, souvent le diagnostic reste délicat. Les cas d’une tuberculose masquée par la colibacillose sont de plus en plus fréquemment signalés. M. Gaume a fait dernièrement une néphrectomie chez un malade soigné pour pyélonéphrite à colibacilles. À l’opération il constata des abcès miliaires sans induration de l’uretère. À l'examen de la pièce (Verliac) la nature tuberculeuse des lésions fut démontrée. Une malade opérée par M. Gayet (obs. VITIT, 17e série) que nous rapportons montre qu'une pyonéphrose à colibacilles purs masquait une tuberculose exclue. Nous n’avons malheureusement pas le temps matériel de nous attarder sur