‹ De la Néphrectomie Primitive dans la Cure Chirurgicale des Grosses PyonéphrosesChapitre 27 sur 69 · DIAGNOSTIC DE L’UNILATÉRALITÉ DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE L’UNILATÉRALITÉ DES LÉSIONS

Pour pratiquer une néphrectomie d’emblée, 1l est indispensable de trancher les deux questions suivantes :

19 Quel est le rein malade, et dans le cas d’une atteinte bilatérale, leuqel des deux reins est le plus altéré ?

20 L'état du rein opposé ?

Ces questions sont d'importance vitale car le rein restant devra à lui seul suflire aux besoins de l’économie. Son état peut-il autoriser l’ablation de son congénère malade rendu inutile et dangereux ?

19 Diagnostic du côté malade. — Solution de ce problème particulièrement délicat dans la tuberculose rénale se trouve simplifiée en présence d’une pyonéphrose. Iei la chnique qui était le seul guide précieux de nos pères, garde sa valeur dans la majorité des cas.

On doit tenir compte des signes subjectifs accusés par le malade, mais cependant, on se souviendra qu’une douleur spontanée peut parfois s’irradier du côté opposé et induiré en erreur, Par contre, si les signes locaux objectifs sont nets d’un côté, ils constituent un argument de valeur en faveur de l’unilatéralité. Mais ils ne suffisent pas pour autoriser à eux seuls l’ablation du rein malade.

Bref, tout l’examen complet devra comporter la palpahan minutieuse de deux fosses lombaires et c’est par lui qu’on appréciera le mieux l’unilatéralité des lésions. La radiogra-

phie peut montrer un rein auementé de volume, la paralysie ou parésie d’un hémi diaphragme. Ces signes sont de valeur, mais loin d’être constants.

Mais, il faut se méfier toujours des bi-lâtéralités concomittentes ou succéssives des lésions qui constituent un très gros argument en faveur de la néphrostomie.

« La clinique, comme disait notre Maître M. le Professeur Marion dans sa leçon inaugurale (1), est indispensable pour savoir diriger nos explorations. Il ne suffit pas, en effet, d’avoir des outils à sa disposition et de les employer sans raison ; 1l faut savoir la façon de les utiliser, quand et comment on doit les utiliser ».

En présence d’une pyonéphrose, la clinique à elle seule nous donne les symptômes capitaux et en groupant toutes ces manifestations nous pouvons la consolider, pour ainsi dire, par les explorations para-cliniques.

État du rein opposé.

Pour répondre à cette question primordiale, et poser le diagnostic de l’opérabilité et du choix de l’intervention, nous avons actuellement des moyens d’exploration fonctionnels de l'appareil urinaire, qui, en se combinant suivant les circonstances, les uns avec les autres, apportent le plus souvent la solution du problème. L

Nous allons passer en revue ces méthodes modernes, en insistant particulièrement sur les données acquises par expérience en cas de cathétérisme urétéral impraticable.

a) Analyse des urines globales :

19 Analyse chimique pratiquée sur les urines de 24 heures.

A côté des modifications des éléments normaux de l’urine ; urée, chlorures, on peut constater la présence de produits pathologiques : albumine, sucre, dont la constatation est

(1) Journal d'Urologie, t. XXXVIT, N° 5, novembre 1933, p. 433.

précieuse pour juger l’état du rein, et la résistance de l’état général.

20 Analyse histo-bactériologique :

b) Epreuves :

19 Epreuve de bleu de méthylène ou d’indigo carmin.

29 Epreuve de la phloridzine.

30 Epreuve de Pélimination de P. S. P. est d’une préeision plus grande que les autres d’après les récentes recherches (Sanjurjo d’Arellano, Tordo, Colombet). Cette épreuve est employée dans le service de notre Maître M. le Professeur Marion.

4° Epreuve de concentration maxima.

c) Azotémie permet d'apprécier les différents degrés de l'insuffisance rénale, et constitue un élément précieux de pronostic. 3

d) Recherche de la Constante d’ Ambard.

Sa valeur donne une idée assez exacte sur l’étendue des lésions rénales, mais on ne peut en tirer aucune indication sur la localisation et la répartition de ces lésions dans l’un et . l’autre des deux reins.

, La Constante telle qu’elle a été établie par Ambard, pour les reins parfaitement sains, varie autour du chiffre moyen qui est égal à 0,075.

D’après notre Maître M. le Professeur Legueu (1), trois cas peuvent se présenter :

19 Constante aux ensirons de 0,070. —- C’est un chiffre normal, il indique que le fonctionnement global n’est pas sensiblement troublé, et qu’une hypertrophie compensatrice a ramené à la normale une défficience fonctionnelle antérieure.

Ce chiffre peut traduire un des états suivants :

a) Deux reins sains.

b) Un rein détruit, son congénère intact, en hypertrophie

compensatrice.

4) Lreueu. — Néphrectomie surla constante. Arch. Urol. de Necker, t. II.

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