‹ De la Néphrectomie Primitive dans la Cure Chirurgicale des Grosses PyonéphrosesChapitre 30 sur 69 · EE NE · texte numérisé non relu

EE NE

30) Elle met à l'abri du danger qui n’est pas négligeable surtout dans le cas particulier qui nous intéresse, de Pinfection du côté sain qui est la cause probable des accidents consécutifs au cathétérisme dans le rein sain (Chevassu). Point d’une importance capitale, puisque précisément, la connaissance exacte du côté sain légitime l’opération (Observation XXI).

Mais cette exploration qui se range à côté des explorations globales de l'appareil urinaire, reste inférieure aux méthodes endoscopiques ; sa caractéristique est l’extrême variabilité des résultats.

Pour réussir, 1l faut qu’un rein soit détruit et l’autre normal. Dans les autres cas, les résultats sont imprécis, incomplets, parfois trompeurs (Observation XXX).

L’urographie intraveineuse doit être tentée dans les pyonéphroses, car précisément, ces résultats sont plus concluants que dans les autres syndromes urinaires. Étant donné d’une part l’abolition presque complète de la fonction, la rétention, la dilatation qui sont les caractéristiques de pyonéphrose, et d'autre part, la lithiase, tuberculose, néoplasme et anomalies anatomiques et dynamiques qui déterminent une pyonéphrose donnent les images les plus nettes par l’urographie intraveineuse. Elle peut rendre des services considérables qu'aucune autre méthode d’exploration n’a pu donner jusqu’à présent. Mais comme disait notre Maître, M. le Professeur Legueu, elle aussi ne peut être acceptéesans discussion et comme toutes les autres, n’a pas une valeur absolue pour déterminer à elle seule la conduite opératoire. Elle doit être contrôlée, vérifiée par la clinique et avec d’autres données : Constante, Azotémie, élimination des matières colorantes qui contribuent largement pour le dia onostic de la valeur fonctionnelle du rein opposé.

En résumé, nous croyons que le diagnostic de l’unilatéralité de la lésion, question vitale et essentiellement pratique, car de

sa réponse découle en grande partie la conduite thérapeutique, doit se baser sur :

19) Examen clinique.

20) Cystoscopie et cathétérisme uréléral (examen fonctionnel

30) Epreuves de P. S. P. Constante, Azotémie.

40) La pyélographie et ureterographie rétrograde (Chevassu), et urographie intraveineuse.

Donc, actuellement, la néphrectomie d'emblée qui trouvait une contre indication formelle de l’impossibilité de connaître la valeur fonctionnelle du rein opposé, voit actuellement son domaine s’élargir de plus en plus, grâce aux progrès réalisés étape par étape dans l’évolution toujours ascendante vers le maximum possible de sécurité dans les interventions radicales en chirurgie rénale.

Bien plus, Israel, soulève une remarque basée sur ses constatations cliniques. D’après lui, la valeur fonctionnelle du rein apparemment sain, peut sembler mauvaise s’il v a une néphrite toxique (par intoxication microbienne) et pourtant, la pratique montre souvent dans ces cas, absolument défavorables, en apparence, qu'après la néphrectomie, l’autre rein commence à bien fonctionner. On peut expliquer ce fait par la guérison spontanée et rapide de la néphrite toxique après la suppression du foyer d'infection. D’après lui, également les résultats défavorables obtenus par les examens chimiques histo-bactériologiques des urines séparées, ne sont pas une contre-indication formelle à la néphrectomie.

Néanmoins l’opération en deux temps garde sa valeur, dans tous ces cas incertains, lorsque l’absence de tout ren-

seignement sur la valeur du rein opposé ne permet pas de

tenter une opération radicale.

Dans ces conditions, cette opération de nécessité, présente des avantages réels, mais elle doit être réduite à une simple incision facile, pouvant même être pratiquée à l’anesthésie locale et dont les résultats immédiats sont essentiellement bénins. ;

Page 1