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lombes et permit, après l’incision du fascia transversalis, detomber sur la capsule adipeuse du rein. Celle-ci était libre et d'unc étonnante épaisseur. À son incision, il suinta, comme d’une éponge, une quantité considérable d'un liquide clair, d’odeur urineuse, On acheva ensuite en la dilacérant avec des instruments mousses. Alors on aperçut un rein, énormément aceru de volume suivant toutes ses dimensions, et d'un rouge violet foncé. Il fut bientôt évident que l’incision primitive serait insuffisante, pour aller de l'avant et permettre l'extraction du rein hors de la plaie afin d'examiner le bassinet, vu l'hypertrophie de l'organe et la profondeur de la plaie. Aussi, au milieu de l’incision verticale on en mena une deuxième, perpendiculaire, de 12 centimètres se dirigeant en avant sur la paroi ventrale, et allant jusqu'à la graisse propéritonéale. Après, le rein se laissa facilement luxer. Pendant que j'attirais en haut et en dehors le rein ainsi mis à nu et mobilisé, je pus, à travers la paroi postérieure libérée du bassinet à peine dilaté, sentir un calcul. Une petite incision verticale pratiquée sur le bassinet laissa écouler une cuillerée à thé d’urine, et permit d'extraire la pierre. Celle-ci en forme d’as de cœur avait une pointe engagée dans l'embouchure de l’uretère. Ensuite je sondai l’uretère, pour m’assurer de sa perméabilité et je pus sentir environ à 10 centimètres de son orifice vésical un deuxième calcul] solidement enclavé. Paur l’extraire, je tendis l'uretère en tirant d’une main sur le rein; puis écartant les tissus d'alentour, je glissai l'index et le médius de l’autre main le long de ce canal de haut en bas, jusqu’à la pierre. Je reconnus le siège de cette dernière à l’augmentation de calibre du conduit. Pressant l'uretère entre ces deux doigts, je fis rétrograder de bas en haut la pierre jusque dans le bassinet. Là l'extraction en fut aisée.
Après désinfection à l’eau salicylée, le rein, qui pendant ces manœuvres avait encore augmenté de volume, fut difficilement réintégré. On saupoudra la plaie d'iodoforme. On posa plusieurs drains : l’un aboutissait dans le bassinet. L'opération avait duré deux heures.
Environ trois heures plus tard, c'est-à dire vers 7 heures du soir, le patient évacua par les uretères environ 310 centimètres
cubes d'urine presque transparente, de poids spécifique de 1017 et contenant une quantité modérée d’albumine. En même temps, pansement, draps de lit, étaient traversés par l'urine. Jusqu'au soir 10 heures il fut encore évacué par les voies naturelles environ 700 centimètres cubes d’urine. Pansement, couche étaient abso— lument trempés. En même temps la tension du pouls diminuait, la transpiration augmentait, le patient se trouvait mieux.
Jusqu'au matin suivant il fut évacué par la vessie 2000 centimètres cubes d’urine, et en même temps une si grande quantité par la plaie, que le malade nageait dans un véritable lac. A la suite de cette abondante émission, l’urine émanant directement du rein à travers la plaie fut amenée par un tube traversant le pansement jusque dans un récipient placé sur le sol. L’analyse séparée de l'urine vésicale et de l’urine de la plaie était ainsi possible. Elle donna les surprenants résultats que voici : L’urine de la plaie différait de l’urine vésicale simultanément recueillie par une plus grande quantité de matières colorantes, une richesse en albumine différente, un poids spéciñque plus élevé. Par là on avait la preuve que le rein droit non opéré avait recommencé à fonctionner en même temps que le gauche. Malgré ce flux extraordinaire, le malade eut le 23 novembre quelques accidents urémiques. La langue avait une tendance marquée à la sécheresse; il existait un degré prononcé de somnolence. Le patient ne cessait de dormir et de roniler même quand on lui parlait.
Pendant ce temps, la différence entre les urines du rein et de la vessie s’accentuait encore plus. Pendant que l'urine de la plaie avait une densité de 1010 à 1012, l’urine vésicale avait un poids spécifique de 1004 à 1007. Ces différences persistèrent dans la suite.
Le 24 novembre, l'urine vésicale avait l’aspect de la lavûre de chair. Le microscope y démontra la présence d’abondants cylindres épithéliaux, de cellules de revêtement du bassinet et de cristaux rénaux disposés en roseltes. En même temps l'écoulement des urines devenait plus abondant. De ce moment à la fin de l’observation l'urine vésicale devint fortement sanglante, alternant avec des périodes où elle était presque claire. En même temps
son sédiment devenait plus riche en globules de pus. Malgré cette modification de l'urine vésicale celle de la plaie ne présente jamais trace de pus.
Jusqu'au cinquième jour postopératoire, l'évolution de la plaie avait été satisfaisante, la température s’était constamment maintenue à 37. Mais le sixième jour arriva un changement fatal. La cause doit en être attribuée aux grands dommages que se causa le malade, sous l'influence d’un état psychique anormal. Le patient qui souvent, même à l’état de santé, s’emportait au moindre motif, eut sous l'influence de l'état urémique de fréquentes hallucinations, des illusions, des accès terribles de délire. C’est pendant ces périodes d’excitation que pendant trois nuits consécutives, se roulant de rage, se jetant de droite, de gauche, il arracha le drain conducteur de l'urine, et défit une partie de son pansement protecteur. Les suites de cela furent l'infiltration de l’atmosphère graisseuse périrénale. Il fallut rouvrir la plaie déjà presque réunie. Malgré cela, survint une ascension thermique, une gangrène du tissu infiltré. A partir du neuvième jour les urines diminuèrent, les symptômes urémiques apparurent, le malade mourut.
Autopsie, 31 novembre. — Le rein droit était solidement adhérent à sa capsule graisseuse. À travers son albuginée intacte, on pouvait sentir deux calculs situés dans la périphérie. La surface du rein était de couleur jaune grisâtre et parsemée de nombreuses petites hémorragies. Le bassinet et les calices très dilatés contenaient un liquide sanguinolent. Dans deux des calices, séparés du bassinet par un étranglement étroit étaient quatre calculs, trois de la grosseur d’une noisette, le quatrième de la grosseur d’un pois. Uretère et bassinet étaient libres de toute concrétion et exempts d’inflammation. Les papilles en partie érodées, en partie détruites, La substance corticale était représentée par une bande mince de 1 centimètre environ et parsemée de petites hémorragies récentes.
Le rein gauche, très hypertrophié, mou, de couleur grisâtre présentait beaucoup de petits kystes superficiels. À la coupe le parenchyme de la périphérie était mou, et dans les zones les plus externes infiltré de pus. Par placesil était déliquescent, et le rein méconnaisable. Sur le bassinet qui montre une incision verticale