CHAPITRE VI
Etiologie. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement de la neuromyélite optique aiguë.
Nous serons bref sur l'étiologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement de la neuromyélite aiguë, car à part quelques particularités intéressantes, il n’y a rien de spécial à signaler. Gault, dans son intéressant travail, a parfaitement indiqué, du reste, les quelques notions nouvelles qu’il y avait à relever.
Etiologie. — Les antécédents personnels des malades ont fait noter, dans l'apparition de la neuromyélite, des facteurs étiologiques éminemment variables. On a pu retrouver toutefois, une maladie infectieuse précédant de quelques jours ou de quelques semaines le début des accidents, comme c'est le cas le plus fréquent dans les myélites aiguës ordi-
naires. La syphilis, l'alcoolisme, le nicotinisme ont 5F
oo
été quelquefois notés. On relève quelquefois une eause éloignée comme un abcès, une angine, un panaris.
Dans plusieurs observations, le traumatisme semble jouer le principal rôle dans l’éclosion des accidents; Albutt, quiles avait particulièrement étudiées avait même basé sa théorie pathogénique de la méningite sur la constatation de ce traumatisme.
Dans de nombreux cas, la myélite paraît sponta née, en ce sens qu’elle n’est pas survenue au cours d'une affection déterminée; elle n’en reconnait pas moins pour origine une infection dont la nature reste inconnue. Le plus souvent c’est alors le froid qui est incriminé.
L'un ou l’autre sexe ne parait pas particulièrement prédisposé et il s’agit presque toujours d'adultes de vingtà quarante-cinq ans. On se souvient, toutefois, que, dans notre observation, la malade était âge de quatorze ans ; nous n'avons, du reste, pas retrouvé dans la nomenclature des observations publiées sur la neuro-myélite, une seule observation, ayant trait à un enfant.
Diagnostic. — Le plus souvent, le diagnostic est des plus incertains, tout au moins au début. On se rappelle, en effet, que, dans la majorité des cas, il y avait précession de la névrite optique sur la myélite. Et, comme les symptômes de myélite ne font leur apparition souvent que plusieurs semaines après les troubles visuels, on conçoit combien il est délicat de rattacher la névrite optique à sa cause véritable. En
stree pareille occurrence,il convient donc dene passe hâter de porter le diagnostic de névrite primitive; il faudra savoir attendre et examiner minutieusement son malade chaque jour. Assez souvent on sera frappé par l'apparition de quelques vagues symptômes myélitiques. C'est ainsi qu'il arrive fréquemment que, bien avant l'établissement du cortège symptômatique de la myélite, les malades se plaignent de la faiblesse de leurs jambes. Cette faiblesse des jambes survient même souvent en même temps que la névrite optique et, si on sait la dépister, on pourra se tenir sur la réserve et attendre, pour ainsi dire, la signature de la myélite.
Quand le début de l'affection se fait, au contraire, par la myélite, le diagnostic s'impose. Dans l’observation que nous avons publiée le doute n'était pas possible et les symptômes de l'affection causale étaient nets. Il faut savoir seulement que, dans ces cas, l'examen des yeux ne doit jamais être omis. Il est classique déjà dans les affections cérébrales, dans certaines affections médullaires chroniques, comme le tabès. Aussi, dans toute maladie de la moelle, devra-t-on, de parti pris, examiner le fond de l'œil. L'ophtalmoscope souvent sera d’un grand secours pour le diagnostic,voire même le pronostic.
L'observation de Devic est intéressante à ce point de vue. La malade, pendant un certain temps, fut considérée comme une neurasthénique ; elle en présentait, il est vrai, tous les signes, et aucun ne pouvait, au début, faire songer à une affection médullaire. Ce furent les troubles oculaires qui
AR mirent sur la voie du diagnostic et nul doute que si le fond de l'œil avait été examiné, on eût trouvé des signes ophtalmoscopiques et songé alors à une affection cérébro-spinale. |
Nous n'insistons pas sur le diagnostic différentiel bien connu de la myélite. Les troubles des réservoirs sont précoces généralement et ne permettent pas au diagnostic d’errer. Nous ne ferons que signaler la névrite multiple périphérique, qui s'accompagne de troubles dystrophiques très marqués, et d’atrophies musculaires que l'on ne retrouve pas, tout au moins aussi accentuées, dans la myélite à sa période d'état.
Pronostic. — Le pronostic général de l'affection est plutôt bénhin, si l’on s’en rapporte à la lecture des observations. Dans la majorité des cas, en effet, la guérison survint avec ou sans récidives. Il est grave si des troubles trophiques intenses ouvrent la porte à l'infection, si une cachexie précoce épuise les malades, si l'étendue et la durée des lésions, sans provoquer la mort, amènent cependant des troubles irrémédiables.
Il est fatal, enfin, si la myélite revêt cette forme terrible progressive, qui ne s'arrête qu'avec la mort du malade, lorsque les fonctions essentielles sont atteintes, que les muscles intercostaux, le diaphragme sont paralysés.
Traitement. — Au début on peut essayer la révulsion sur la colonne vertébrale au moyen de ven-
ue +.
Sole touses ou de vésicatoires. On a préconisé également Papplication de sacs de glace sur le rachis. Comme traitement interne le salicylate de soude et l'iodure de potassium sont souvent prescrits. On a également recommandé les sudorifiques.
Il faut entretenir la liberté du ventre et donner des purgatifs, en particulier le calomel.
Le mercure ne donne guère de résultats en dehors de la syphilis. Le plus souvent, le médecin est impuissant et il doit se borner à prévenir les complications qui se développent à la suite de la cystite ou des eschares. Nous rappellerons que le meilleur traitement de ces deux affections sont les cathétérismes systématiquement répétés et rapprochés, ainsi que l'a bien établi M. le professeur Weil].
Après la période aiguë, le massage des muscles et leur électrisation par les courants galvaniques ou faradiques seront utilement employés, pour les entretenir dans un état de nutrition suffisant ; lorsque les phénomènes de contracture sont très marqués, il faudra se servir de ces moyens avec modération et mieux vaut même encore s’en dispenser. Enfin, la strychnine est plus ordinairement prescrite dans les cas où les réflexes ne sont pas exagérés et où la contracture fait défaut.
Tous ces agents thérapeutiques sont d’une valeur très relative : le traitement varie en effet avec chaque auteur.