C. Th
HsNZEN Troisième volume de Vamplissima coUeC'
Uo. Turici, 1856. Voy. Orelli.
Bistor. Aug. Script. Édition variorum, et celle de Paris , infolio, 1620.
JoHNSTON A narrative of the incidents attending
the capture, détention and ransom of Ch. Johnston ; 1 vol. in-8°. New- York,
Lampb Voy. Hist Aug, scriptores,
LiY Titus Livius.
Orell Inscriptionum latinarum selectarum am-
plissima collectio... edidit Jo. Casp.
Orellius... Turici, 1828, 2 vol. in-8^
Novell Novellae constitutiones imporatorum Jus-
tiniano anteriorum... A la fin du VI® volume du Code Théodosien.
R^iEB, Inscr. nig.. Inscriptions romaines de V Algérie ; in-fol,
Impr. impériale, 1855.
» Mél. épig.. Mélanges d'épigraphie ; i vol. in-8. Paris,
Spart Voy. Hist, Âug. script.
Tanner Mémoires de John Tanner, ou trente années dans les déserts de TAmérique du Nord, trad. par Ern. de Blosseville ; 2 vol. in-8. Paris, 1835.
Vopisc Voy. Hist, Aug, script.
ZosL Handbucb der Romischen Epigraphik,
von Karl Zell... 2 vol. in-8, Heidelberg,
L'inégalité individuelle des hommes est une loi de nature, universelle, éternelle. L'égalité des citoyens devant la loi est le bienfait essentiel et le perfectionnement final des sociétés humaines. Celle-ci fait la stabilité des empires fondée sur le droit, celle-là leur vitalité nourrie par l'émulation. Mais entre la domination brutale de la forcé et l'équité de la protection sociale, co : bien de degrés différents! Que d'épreuves, de souffrances, de luttes sanglantes à traverser pour qu'on arrive au ternie suprême de la justice égale pour tous! Combien de nations ont péri avant de l'atteindre! Combien d'autres, par la violence de
l'effort, se sont précipitées au delà, s' exposant à des retours funestes ! Combien peu, jusqu'à ce jour, ont été assez heureuses pour s'y élever et s'y tenir fermement!
Tous ces combats du grand nombre opprimé ^ contre le petit nombre oppresseur, c'est l'histoire de la noblesse, dans la suite des siècles, et dans tous les pays de la terre. Parmi beaucoup d'exemples, j'en ai choisi un des plus tristes et des plus illustres, celui du peuple qui, après avoir régné sur le mande par les armes, règne encore aujourd'hui sur les héritiers des destructeurs de son empire par l'autorité de son histoire et par l'influence de ses institutions et de ses lois. Nul autre ne pouvait mieux que les Romains nous montrer que l'excès des prétentions exclusives et tyranniques amène tôt ou tard l'excès des spoliations et des vengeances avec l'insurrection; mais aussi qu'on n'est jamais si près du despotisme que dans le triomphe des factions populaires*
Jeneconnais qu'une nation chez les modernes, trop semblable d'ailleurs aux Romains par la
puissance de sa politique au dehors astucieuse et hautaine, égoïste et envahissante, inexorable et tenace, qui ait su, dans sa constitution inté* rieure, asseoir ce juste équilibre de la liberté des plébéiens avec les prérogatives de l'aristocratie. Qu'a-t-elle eu qui manquait aux Romains pour saisir ce point fixe et pour s'y maintenir ? Le double tempérament de l'individualisme germanique et de la morale chrétienne, d'où s'est formé, d'une part, le sentiment de la digiftté personnelle avec l'acquiescement à une infériorité de fortune ; de l'autre, le pouvoir des traditions nobiliaires avec le respect du citoyen dans le plus obscur des hommes.
L'expérience nous enseigne encore que, dans un Etat, plus chacun a confiance en son droit, plus le libre exercice des industries et des intel»ligences dans cette sécurité vivifiante suffit à son opulence et à sa gloire. L'émulation naturelle des intérêts et des renommées rend superflue l'émulation artificielle des récompenses honorifiques. Chacun sait se faire soi-même sa part sans attendre qu'on la lui fasse. Il n'en est pa^
ainsi des républiques fondées par la guerre et pour la guerre. Le pouvoir s'y concentre nécessairement, et c'est lui qui dispense les distinctions et les marques d'honneur. Grand bonheur alors, si la faveur et le caprice ne les détournent pas de leur destination pour salarier des attentats audacieux ou des complicités criminelles ! Les Romains comprirent que les supériorités de ftaissance ne supposaient pas toujours la supérioHté des talents el des vertus nécessaires à la grandeur de leur république, et que, dans la foule des hommes inconnus, il se pouvait trouver des forces vives que ferait surgir le ressort de l'honneur. De là l'institution des récompenses militaires, dona militaria. « Les consuls, a dit Montesquieu, ne pouvant obtenir l'honneur du triomphe que par une conquête ou une victoire, faisaient la guerre avec une impétuosité extrême ; on allait droit à l'ennemi, et la force décidait d'abord. » Mais tous ne pouvaient pas prétendre au consulat, tous pouvaient aspirer aux insignes du courage. Une couronne murale, ou vallaire, un collier, des phalères, une pique blanche, dé-
cernés par le général, le lendemain d'une bataille, en présence de toute l'armée, enfantaient des prodiges de valeur dans tous les rangs de la légion. Si les Romains célébraient les triomphateurs qui leur, avaient conquis le monde, ils tenaient compte aussi des soldats, qui avaient donné la victoire aux triomphateurs.
Les Césars gardèrent cette institution dans l'héritage de la république. Mais ils n'eurent point souci d'en conserver toute la pureté et l'énergie, jaloux désormais de contenir l'empire dans ses limites, plus que de l'agrandir, et d'acheter les soldats plutôt que de- les honorer.
Il se fit, en ce temps, une grande révolution dans les esprits comme dans le gouvernement.
L'armée devint permanente et mercenaire, les lettres et les professions civiles menèrent aux emplois et aux dignités. Il y eut des couronnes pour les poètes et les orateurs. Mais alors la liberté n'existait plus pour donner le souffle et la vie à la poésie et à l'éloquence, qui ne pouvaient être désormais que l'amusement de la société polie et la glorification du pouvoir. Toutefois
elles entrèrent en partage, avec les magistratures, des titres et des décorations dont se parait la no]}lesse impériale^.
La réunion des deux mémoires qui suivent offrira ainsi Thistoire, aussi complète que je Tai pu faire, des distinctions sociales chez les Romains»
La noblesse de Rome commença par des privilèges héréditaires , insolents , {yranniques ; elle se fondait sur une distinction de castes que sailctionnaient des superstitions. Car l'asservissement d'une caste à l'autre ne se maintient pas sans l'abus des idées religieuses. Le gouvernement romain eut donc, en ces temps primitifs, pour base la théocratie. Les pouvoirs politiques, militaires, sacerdotaux se concentrèrent entre les mains d'un petit nombre de familles, qui enchaînaient de ce triple lien les peuples subjugués.
Mais l'énergie et la grandeur du génie italien ne pouvaient être contenues et resserrées long-