Etiam comités rei privalœ
auront le pas sur tous les décorés sans fonctions; c'est-à-dire que le comte des largesses sacrées et le comte du domaine, qui figurent aux derniers rangs sur le tableau des grands offices de la cour impériale, auront le pas même sur un préfet du prétoire ou un maître général des milices, en non activité, vacans. Mais la supériorité des vacantes sur les honorarii n'est pas aussi générale. A titre d'office égal les premiers doivent l'emporter sur les seconds; mais Yhonoraire primera le vacant^ s'il a un tilre supérieur.
Cependant il y avait dans l'état du titulaire vacant une puissance rétrospective, ou d'avenir, qui lui donnait un avantage réel sur l'honoraire. Il avait pour lui ou Téméritat, ou la disponibilité, quelquefois l'un et l'autre tout ensemble.
Ihéodose, dans son ordonnance même, produit deux exemples notables à l'appui de cette observation. Germanus et Propentadius, celuici ancien préfet du prétoire, celui-là ancien mai- Ire général des milices (vacantes), reçurent des commissions d'activité à l'occasion d'une guerre; le second commanda les troupes, le premier eut l'intendance des approvisionnements. L'empereur les assimila aux illustres en exercice, quoique surnuméraires. La qualité de vacantes ne leur convenait plus.
CilE2 LES ROMAINS. Uo
• H y avait encore une différence capitale entre les vacants et les honoraires. Les uns possédaient un honneur légitimement acquis, avec des privilèges assurés. C'étaient en quelque sorte les émoluments de la retraite et la récompense des services *. Les autres se targuaient d'une faveur subreptice, obtenue par sollicitations, par mensonges, à prix d'argent, toujours* réprouvée et toujours contestée ^ Combien, dans ce gouvernement d'arbitraire et de vénalité, ne devait-il pas se pratiquer de fraudes et d'intrigues pour le commerce des brevets honoraires entre les courtisans, qui trompaient le prince au profil de leurs protégés, -et les habitants des provinces, à qui rien ne coûtait pour usurper les immunités avec les titres de noblesse, unique moyen de se décharger des obligations municipales ! Les codes sont remplis de plaintes contre ces abus. On s'efforce de les rechercher, de les découvrir et d*en annuler les bénéfices injustes^ On pour-
1. C. Th., L i de primic, et notar., VI, iO; /. 4 de codic. ho^ nor., VI, 22. Souvent les émc^rites recevaient avec leur congé des titres de dignitt's supérieures à celles qu'ils avaient exercées, et montaient au degré de noblesse que comportait leur nouveau lilre, C. Th., L 3 de primic. et not.; l. S de princip. ag. inreb,, VI, 28.
2. Emendicatis insfgnibitë, l. 5 de codic, hon. — Coemptis pr<h curationum cuimimstraiionibus, Ibid,, L 2. Suffragio comparato, L 5 dedecur.i XII, 1.