‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 95 sur 147 · dkt., Tib · texte numérisé non relu

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tout chez lés empereurs , mais dans de moins vastes proportions et dans des rapports plus fixes et plus déterminés de commerce domestique et de commensalité ^ Pour ne citer que quelques exemples entre beaucoup d'autres, Adrien et Alexandre Sévère se faisaient des conseillers intimes de quelques jurisconsultes, de quelques sénateurs et même de certains chevaliers, auxquels ils donnaient le titre quasi officiel d'amis*; ils choisissaient souvent parmi eux soit des commissaires pour les affaires militaires ou civiles \ soit des magistrats, et le titre d'ami restait joint au nom de la magistrature ^ Un autre usage de la république : lorsqu'un préteur ou un proconsul était envoyé dans une

1. On reprochail à un prince d'avoir interrompu de telles habitudes, submovendo amiœs a societate œmmuni et a conviviis. J. Capitol., M. AureL, 29.

2. Spart., Harfr., 18; Lampid., Alex., 20. Cf. Pun., fltsi. nat., XII, 6 : C. Martius,..Divi Augusti amicus; Suet., Ti6.,7.

3. Res bellicœ et res civiles per amicos tractabantur, Lamp., Alex., 20,

4. «\ous renverrez l'affaire à Fabius Cilon, préfet delà ville, notre ami. » Rescrit de Scptinae Sévère, Dic, /r. 1 de off. fn^œf, urh., I, 15. « Domitius Ulpien, préfet de Tannone, juriscoiisulle, notre ami. » Rescrit d'Alexandre Sévère, Cod. /. 4 de contrah. et committ,, YIII, 38. f>es amis prenaient un ranjr supérieur aux employés en clicf de la chancellerie impériale. « Jamais, dit 1 auteur de la vie d'Alexandre, 32, il n'offensa aucun de ses amis et des hommes de sa compagnie, amicorum comitumve, ni même les directeurs des offices palatins. » *

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proYince» outre les officiers de son prétoire, greffier, héraut, licteurs^ etc., il emmenait avec lui des amis, qui l'assistaient comme conseillers, quelquefois comme délégués, qui tout au moins vivaient aux dépens des .provinciaux, voya-i geaient à leurs dépens, s'enrichissaient de leurs biens, et commandaient chez eux parla volonté souveraine et absolue du magistrat qui imposait la loi au nom du peuple romain ^ Ces amis étaient dits les compagnons, comt/e^, du préteur^ Les empereurs eurent de même leur compagnie, comitatus, dans leurs voyages et dans leurs expéditions guerrières. C'était, en quelque sorte, un état que d'être ami ou compagnon de César^ ou des princes de sa famille*, souvent les deux titres réunis ^ Suétone fait remarquer que Ti-

1. Le vieux Galon faisait la critiqoe des autres en môme temps que son propre éloge par ces paroles, dans une de ses harangues: «Je n*ai jamais donné d'autorisations de voyager gratuitement à mes amis pour les autoriser de ma signature à extorquer de grosses sommes. » Lettres de Fronto à M. Aurèle, p. 150, édit. de Rome 1836. Verres n'en faisait pas d'autre.

2. On disait aussi : o sa cohorte. » Laudat Brutum laudatqtie oohortem. Hob.» Sat, 1, 1, 22.

3. Obell., 3139, 3186, 3440, 3652; Henzkn, 5477, 5478, 3479, 5488. Zell,898; Renieb, Insc. alg . ^ iSM ; SuET.,Fe^.,4;

Capitol., Vero imper., 7. Djg. fr. 43, de testam. miL, XXIX, 1.

4» Bomitius cornes adOrientem C. Cœsaris juvenis.,. dimissm e cohorte amicorum. Shet., Ner., 5. Cf. Idem, Tt6., 12; Hob,, Episi.^ ï, 8, 2; Tac, Ann., III, 13; VI, 9.

5. Salmas., In Spart, not,, p. 47, hist. Aug. script. 48; io-fol.

bère, par ayarice, n'accordait à ses compagnons que des indemnités de route, et point de traitement. Il en fit trois classes, et donnait à ceux de la première six cent mille sesterces (environ 108,000 fr.)f à ceux de la seconde quatre cent mille, et deux cent mille aux derniers ^ Que faisaient donc les princes généreux? On trouve dès lors plus rarement des compagnons en titre auprès des simples magistrats \ Lorsque le cérémonial de la cour voulut qu'on adorât le prince comme un dieu, c'eût été presque un sacrilège que d'oser se dire m\ des augustes ; c'était beaucoup que d'être élevé à l'honneur de leur compagnie. Le titre d'ami disparut ; celui de comeSj comte, devint une dignité ^ Cette transformation s'opéra sous Constantin, qui créa des comtes de premier, de second, de troisième ordre. Tout ministère, tout

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