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De la pachyméningite cervicale hypertrophique (d'origine spontanée)

La pachyméningite cervicale hjpertrophique ne doit pas être regardée comme n'intéressant que l'anatomo-pathologiste. C'est la variété la plus fréquente de la pachyméningite spinale et elle constitue un type clinique bien défini. La pachyméningite cervicale hypertrophique est caractérisée par un ensemble symptomatique assez précis pour permettre de la reconnaître, et dans cette affection le diagnostic a une importance immédiate, car la thérapeutique doit intervenir activement et la guérison ou l'amélioration du malade peuvent récompenser les ejfîorts du médecin, résultat malheureusement assez rare dans les maladies chroniques du système nerveux.

On pourra s'étonner que nous n'ayons pas donné la description de la pachyméningite spinale chronique, et que nous ayons limité notre étude au renflement cervical. Ce n'est pas seulement en effet dans cette

~ 8 — seule région que la dure-mère peut subir an épaississement inflammatoire considérable, mais la symptomatologie varie suivant que la lésion siège aux régions cervicale, dorsale, ou lombaire, et nous croyons que dans une description générale il aurait été nécessaire de laisser de côté des détails utiles. Du reste, la prédisposition que présente dans sa partie supérieure la dure-mère rachidienne, et les troubles considérables qui se montrent alors dans les membres supérieurs distinguent tellement la variété cervicale des variétés dorsale ou lombaire, qu'un travail sur ce type clinique n'a pas besoin d'être plus amplement justifié.

L'affection que nous allons décrire n'a été jusqu'à ce jour l'objet d'aucune monographie. L'historique de la question se réduit donc a bien peu de chose. Nous avons trouvé une observation qui se ra,pporte certainement à notre sujet dans le Traité d'Abercrombie sur les maladies de l'encéphale et de la moelle épinière.

M. Gull en 1858 a publié dans Guy's Hospital Reports une seconde observation très-remarquable et accompagnée d'une planche que nous reproduisons à cause de son importance. Un troisième cas est cité dans la Monographie der meningitis spinalis de M. Kœlher (1861). En 1869, M. Charcot et moi, nous avons publié dans les Archives de Physiologie un mémoire, accompagné de planches, et renfermant un nouvel exemple de l'épaississement chronique de la dure-mère rachidienne à la région cervicale.

Peu de temps après, M. Charcot en observa un second cas dans son service de la Salpêtrière. Les détails de cette observation avec nécropsie, ont été commu-

niques à la Société de Biologie par M. Pierret. A la suite de cette communication, M. Charcot insista sur l'importance du tableau clinique et en particulier de la période douloureuse. ,

Voilà les éléments les plus importants qui nous ont guidé dans notre travail. Nous y avons ajouté l'histoire de deux malades qui sont actuellement dans le service de M. Charcot et un fait qu'il a observé dans sa pratique civile.

Je prie M. Charcot de vouloir bien me permettre de lui exprimer public[uement ma vive gratitude pour ses excellents conseils qui ne m'ont jamais manqué depuis plusieurs années, et pour la bienveillance avec laquelle il a mis à ma disposition les documents qu'il possédait sur l'affection que je vais décrire.

Je prie également M. Vulpian d'agréer les sentiments de profonde reconnaissance d'un de ses élèves les plus attachés. Je n'oublierai jamais que c'est lui qui m'a enseigné la voie à suivre et a guidé mes premiers pas dans la science.

Joffroy.

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