PAR
FRÉDÉRIC DUVALI,
Archiviste-Paléographe 3 re QTEK RS QG L<o Le Fine si à PME #5 \ - Paris
Librairie PAILLARD 51, Boulev. Raspail, 51,
Tous droits réservés pour lous pays.
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Ca— Par respect pour la mémoire de Fréd. DUVAL, nous avons cru devoir ne rien retrancher de son œuvre. Mais le
Comité de rédaction ne prend pas à son
compile tous les points de vue de l'auteur.
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Le présent livre est, hélas, un livre posthume : l’auteur a été tué, il y a six ans aujourd’hui, à l'attaque de Deniécourt (Oise), d'un éclat d’obus en pleine poitrine (x). Il avait rédigé son étude en 1912. Voici à quelle occasion. Je m'occupais alors, avec Alfred Vanderpol, mort lui aussi, de la composition d'un ouvrage collectif, où des spécialistes devaient exposer 1la doctrine de l’Église sur le droit de guerre aux diverses époques de son histoire. J'avais demandé à Frédéric Duval, ancien élève de l’École des Chartes, de rechercher si cette doctrine avait reçu la consécration des faits, et si elle avait été véritablement appliquée au moyen âge, à l’époque où l'Église était assez puissante pour l’imposer. K. Duval devait condenser en vingt pages le résultat de ses recherches. C'était un sujet neuf. Il enthousiasma Duval, qui l’élargit, accumula les matériaux, les assembla en développant le moins possible, et, au bout de six mois, mapporta un manuscrit de 140 pages ! Il m'était impossible de l’accepter pour le volume projeté, dont il eût complètement rompu l'ordonnance. J'obligeai l’auteur à en faire un résumé dans les limites qui lui avaient été fixées. Il s'exécuta avec son humilité et sa bonne grâce coutumières, et revint peu après avec le chapitre demandé (2).
I1 avait heureusement conservé son premier manuscrit. S'il eût vécu, il n’est pas douteux qu'il l’eût revu, remanié, développé, alors sans contrainte, et qu'il en eût fait un livre
(1) Voir sa biogtaphie, par André LESORT, en tête des Carnets de guerre d’un sergent de mitrailleurs, par F. DUVAL, Partis, Beauchesne, 1919, in-8°.
(2) Cf. Fréd. DuvaL, Les applications pratiques de la doctrine de l'Église sur la guerre au Moyen Age, dans L'Eglise et la Guerre, Paris, Bloud, 1913, in-8°. Une nouvelle édition de cet ouvrage a paru en 1920, sous le titre : L'Eglise et le Droit de guerre.
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important, et d'autant plus intéressant que dans ce livre, à côté des choses connues, comme la trève de Dieu ou la chevalerie, il y aurait eu bien des choses nouvelles, jusque-là laissées dans l’ombre (1). Ce livre ne sera pas fait. Maïs nous n’avons pas voulu laisser périr « le modeste essai » qui en était le germe, et nous le publions aujourd'hui. Nous n'avons pas à excuser les défauts qu'on y rencontrera. Aïnsi on trouvera certainement que sur de nombreux points l’auteur passe trop légèrement, se bornant à de simples allusions ; que par contre il en a développé d’autres, qui n'étaient pas plus importants ; que peut-être il n’a pas suffisamment respecté l’ordre chronologique ; et surtout qu'il n’a pas appliqué avec une rigueur suffisante sa distinction, très juridique, mais malaisée à suivre, entre les interventions pontificales d'autorité et les interventions arbitrales. (Cette distinction l’a obligé parfois à scinder des questions qui eussent gagné à ne point l'être. Nous ne pouvions faire disparaître ces imperfections sans refaire l'ouvrage, ce que nous n'avons pas voulu. Nous nous sommes borné à corriger quelques inexactitudes matérielles, à diviser les chapitres en paragraphes, et à ajouter une table des matières analytique. — Tel quel, on rendra cette justice au livre de notre ami qu'il contient beaucoup de faits, et qu'il ouvre dans ses derniers chapitres une voie jusqu'alors à peu près inexplorée. Des travailleurs nouveaux s’y engageront, nous l’espérons, à la suite de Frédéric Duval, pour la plus grande gloire de ce Moyen âge et de cette Église qu'il a tant aimés.
Paris, 20 juillet 1922.
ÉmuEe CHÉNON,
Projesseur à la Facullé de Droit de Paris.
(1) Ainsi la fiscalité de la paix, le paxagium (impôt et en même temps fonds d'assistance mutuelle contre les dommages de guerre), —les organisations de police pacifique créées par les conciles du XI° siècle, — les «paix des foires », garanties par les forces de police considérables dont disposaient les hanses et les associations de ville. Tous ces sujets seront traités en détail dans les prochains fascicules de cette collection.
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