‹ De la Pancréatite SuppuréeChapitre 11 sur 28 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Diagnostic

Le diagnostic des pancréatites suppurées devrait se tirer de la physiologie même du pancréas.

Ainsi la présence de graisse dans les selles, du sucre

dans l’urine, les symptômes du diabète maigre, l’ictère devraient conduire au diagnostic.

Malheureusement il n’en est rien, et ce n’est que par un groupement raisonné d’une foule des symptômes que nous avons déjà étudiés que Thayer et J.-E.-Atkinson sont arrivés à l'établir. Toutes les affections abdominales : gastrite, ulcère rond, coliques hépatiques, appendicite, péritonite aiguë, hernie étranglée interne, occlusion intestinale en général, hémorragie du pancréas, crise tabétique, peuvent simuler cette affection. Prenons-les en détail :

Hémorragie pancréatique. — L'hémorragie pancréatique est moins rare que la suppuration. Les symptômes sont identiques, le diabète et la stéarrhée mettront sur la voie d’une affection du pancréas, mais on pensera à une hémorragie dans le cas où la fièvre hectique, les douleurs épigastriques, le rejet du pus par l'estomac ou l'intestin feront défaut. Le diagnostic reste néanmoins très difficile.

Lithiase pancréatique. — Dans cette affection, les principaux éléments de diagnostic seraient : l’hémorragie

intestinale, les vomissements et l'ictère. Malheureusement le diabète maigre existe dans les deux maladies.

Kystes pancréatiques, — D'après J. Bœckel, on en distingue deux sortes :

Kystes symplomatiques. — Ils sont ordinairement sous la dépendance d'un carcinome du pancréas, d’une cirrhose pancréatique due à la compression du canal de Wirsung par le tissu néoplasique ou d’une lithiase hépatique. Les tumeurs du duodenum peuvent amener les mêmes symptômes.

Kystes idiopathiques. — D'après J. Bœckel, également, nous pouvons avoir quatre variétés : Kystes hémorragiques, kystes proprement dits, kystes purulents, kystes hydatiques.

Les deux premières variétés sont les plus importantes. Dans ces deux formes, on trouvera comme élément différentiel une tumeur de volume variable.

La fluctuation sera souvent évidente. De plus, on trouvera toujours de la matité à la région épigastrique.

Les symptômes généraux que nous avons énumérés, feront ordinairement défaut. Enfin une laparatomie exploratrice sera le procédé de choix comme élément de diagnostic en même temps qu'un procédé curatif.

Tumeurs du pancréas. — La compression du cholédoque, l’ascite par compression de la veine porte, la compression du pylore avec dilatation de l'estomac y feront penser.

Ulcère de l'estomac. — Comme dans la pancréatite, l’ulcère se montre de préférence chez les dyspeptiques et particulièrement les alcooliques, mais la douleur est réveillée par l’ingestion des aliments, de plus, on trouve toujours dans le cas d’ulcère de l'hyperchlorhydrie.

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Empoisimnements. — Le lavage de l'estomac et l'analyse des vomissements et des matières extraites mettront sur la voie du diagnostic. L'étude de ces liquides n'entre pas dans le cadre de notre travail.

Appendicite. — Dans cette affection, on constate deux symptômes très nets ; douleur localisée à la fosse iliaque droite pouvant s'irradier dans les lombes et la cuisse et apparition d’une tumeur également située à droite et donnant l'illusion d'une tumeur du cœcum. Le diagnostic est donc facile.

Hernie étranglée interne, voloulus, invagination. — Les vomissements seront alors notre élément de diagnostic. Si l’étranglement se trouve placé tout au commencement de l'intestin, les vomissements fécaloïdes apparaîtront dès le début ; ces mêmes vomissements seront retardés à mesure que l’occlusion siègera plus près du gros intestin.

Péritonite aiguë. — On sait que la péritonite se produit ordinairement à la suite d’une perforation intestinale donnant lieu à l'issue dans le péritoine de liquides septiques : pus, matières fécales, bile, urine, etc., due à une autre maladie telle que la gastrite ulcéreuse, la fièvre typhoïde, la dysenterie, la tuberculose, la variole, l'érysipèle.

Les symptômes sont un peu les mêmes ; mais dans la péritonite, alors que la température est constante, la température anale pouvant aller jusqu'à 41°, dans la pancréatite, au contraire, nous trouvons ordinairement une fièvre légère, quelquefois même de l'hypothermie.

Quelquefois aussi la péritonite peut avoir une allure spéciale dans le cas de péritonite par étranglement,

c'est alors : vomissements fécaloïdes, suppression des gaz et des selles.

Il est évident que la maladie intercurrente fera pencher le diagnostic plutôt vers la péritonite que vers la pancréatite suppurée.

Coliques hépatiques. — Comme dans la pancréatite suppurée, le début et la douleur éclatent brusquement, mais deux, trois heures après le repas, on observe un point épigastrique, et aussi un point cystique, ce qui est le symptôme propre à la colique hépatique: de plus, la douleur est beaucoup plus vive. L'ictère ne peut pas être un élément de diagnostic puisqu'il se rencontre dans les deux affections, mais il ne manque jamais dans la colique. De plus la douleur cesse brusquement et jamais on ne rencontrera de diabète.

La pression de l'hypochondre gauche provoquera de la douleur dans le cas de pancréatite et le foie sera insensible ; ce sera le contraire dans la colique hépatique.

On peut aussi tenir compte des antécédents ; le malade accusera des coliques antérieures, on aura trouvé des calculs dans ses selles, enfin l'individu atteint de suppuration présentera des antécédents dyspeptiques et sera ordinairement obèse.

Les traumatismes seront facilement diagnostiqués.

Il en sera de même des crises tabétiques qui sont accompagnées de symptômes entièrement étrangers à notre sujet.

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