‹ De la Pancréatite SuppuréeChapitre 12 sur 28 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Étiologie, Pathogénie

L'étiologie de la pancréatite suppurée est encore assez vague.

Nous avons dû faire précéder l'étude des causes prédisposantes que les auteurs reconnaissent d'habitude par un aperçu étiologique que nous suggère l’obserration inédite que nous publions, ainsi que celle de Mass, rapportée par Fitz (Obs. XX VI et XXII).

On sait par les travaux d’Albarran pour l'appareil urinaire, de Dupré, pour le foie, de Dupré et Chaisse, pour la parotide, qu’en temps normal, les conduits excréteurs des glandes sont aseptiques. Le cholédoque l'est jusqu'au bout, le canal de Wirsung l’est sur presque toute sa longueur. L'infection et la suppuration consécutive de’la glande ne peuvent donc s'expliquer lorsque l'individu est sain. Nous décrivons plus bas un mécanisme d'infection: celui de l’obstruction du canal excréteur. Mais il en est un autre bien plus général et qui à toutes chances d’être le vrai dans la plupart des cas. Nous voulons parler de l'infection préalable, soit générale, soit localisée.

Expliquons nous.

Tant que le duodenum est sain, il ne peut exister d'infection; mais si une entérite, une invasion microbienne (particulièrement de coli-bacille) vient à mo-

moi

difier l'intestin, il ressort clairement des études sur les glandes semblables que la suppuration pourra s'établir.

Nous pouvons naturellement accepter avec Arnozan l'idée d’une infection générale telle que fièvre typhoïde, typhus, fièvre intermittente comme cause de suppuration. À plus forte raison la pyohémie.

Comme causes déterminantes, nous citerons toutes les causes d’obstruction du canal de Wirsung. On sait, en effet, que la ligature artificielle du canal excréteur d'une glande provoque dans la majorité des cas, la suppuration du tissu glandulaire.

Nous pouvons donc affirmer, et notre dernière observation en fait foi, qu'un calcul enchatonné dans le canal de Wirsung, une compression venant d’un cancer voisin, ou de toute autre cause peut provoquer l’angéiopancréatite.

D'ailleurs il existe de nombreux cas d’angéiocholite suppurée qui ne reconnaissent pas d'autre cause. Il nous est donc permis de conclure d’un fait à l’autre dans le cas de deux glandes soumises à un même état pathologique.

Nous devons à ce sujet relever un fait rapporté par M. le Professeur R. Fitz, d'angéio-pancréatite qui provoqua la mort.

A l’autopsie, on trouva un lombrie mort dans le canal de Wirsung.

M. le professeur R. Fitz n'admet pas la pathogénie basée sur l’obstruction du canal par ce parasite, dont la présence serait pour lui un phénomène post mortem ; or, nous devons à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Étienne, un cas bien étudié de cholécystite suppurée, provoquée par la présence d’un ascaride dans le canal cholédoque.

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