‹ De la papille optiqueChapitre 2 sur 11 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

DaDs l'étude du fond de Toeil chez l'homme, à l'aide de l'ophthalmoscope, l'attention de l'observateur se porte principalement sur la papille. En effet, le nerf optique présidant spécialement à la vision, ses altérations plus ou moins étendues, plus ou moins profondes, entraînent des troubles de la vision, toujours en rapport avec les lésions constatées^ tandis qu^aux altérations considérables quelque* fois des membranes profondes correspondent des troubles visuels très-légers. Cette remarque prouve que l'œil est sans doute un appareil d'optique, mais qu'il est avant tout un organe.

Les auteurs se sont attachés à signaler les altérations morbides du fond de l'œil, sans faire un parallèle utile entre l'état sain et l'état pathologique. Sans doute» décrire l'état de la maladie, c'est par le fait même dire quel est l'état

normal, mais, où est la limite entre les deux modes d^étre, c'est ce qu'il est difficile de préciser dans bien des cas.

Pendant que nous avons eu l'honneur d'être chef de clinique de M. Fano, ce savant chirurgien^ aux excellentes leçons duquel nous devons nos connaissances en oculistique, nous montrait souvent qu'entre un œil malade et un œil sain le médecin peu familier avec le maniement de l'ophthalmoscope jîouvait quelquefois se méprendre. Il nous a donc paru intéressant de faire des recherches sur cette partie de la médecine, recherches que nous avons dû baser sur un nombre considérable d'observations, pour qu'elles eussent une réelle valeur.

Division du sujet. — Le but que nous nous sommes proposé d'atteindre, en traitant ce sujet de thèse, n'est pas de faire l'anatomie pure et simple du fond de l'œil. Le microscope et les fines dissections ont dit le dernier mot sur la question, et nous ne saurions en donner qu'une copie fidèle. Notre seul moyen d'investigation sera l'ophthalmoscope ordinaire, c'est-à-dire une lentille biconvexe de deux pouces et demi de foyer et un miroir concave de vingt-six centimètres de foyer. Nous nous proposons simplement de décrire la papille normale, telle qu'on la voit avec cet instrument. Nous avons pris comme sujet d'observation des individus de divers âges, de divers sexes, de teints différents, mais tous ayant une acuité visuelle normale et pouvant lire le n"" i de l'échelle de Jseger à la distance de 30 centimètres ; nous avons fait exception pour les sujets âgés dont l'acuité visuelle est moindre.

A la suite de chaque chapitre sur la papille normale, nous signalerons quelques états pathologiques sur lesquels

on pourrait se méprendre. Nous ne ferons pas l'histoire de ces maladies qui nous entraînerait trop loin; nous ne parlerons pas non plus des affections qui se rattachent de trop loin à notre sujet, car il faudrait faire à peu près toute la pathologie du fond de Tceil, et nous nous éloignerions par trop du but que nous nous sommes proposé d'atteindre.

En6n, nous signalerons certaines modifications qui surviennent dans quelques états physiologiques.

Parmi les auteurs qui ont étudié spécialement la question, il faut citer Liebreich, qui dans le deuxième tableau de son atlas, donne 5 figures. Liebreich a reculé devant la difficulté de tracer toutes les formes de papille. Il va même jusqu'à omettre de finir ses planches ; c'est ainsi qu'il dit à la page 4 : «La diversité de couleur, de dessin et de forme de la surface et du contour de la papille, dans l'état normal, est si grande, que je n'ai pu en tenir compte qu'en partie. » Du reste, ce n'est pas tant la papille normale qu'il a voulu dessiner, c'est surtout les affections du fond de l'œil car ses papilles n'ont des papilles normales que la forme : trois sont circulaires, deux sont ovalaires verticalement. Nous nous permettons de regretter que dans ce bel atlas, qui, à plus d'un titre, mérite d'être étudié, l'auteur n'ait pas noté l'âge des sujets qui lui ont servi d'expérience.

Nous ne ferons pas le même reproche à M. Maurice Perrin, Cependant l'aateur laisse des desiderata : c'est ainsi, que nous aurions voulu qu'il comparât les deux papilles sur le même individu, comparaison, du reste, que Liebreich a omis de faire. L'atlas du savant professeur du Va} de Grâce ne donne que deux formes de papille : la forme circulaire

et la forme ovalaire. L'auteur a seuti le besoin de faire un parallèle entre le fond de l'œil de l'adulte et du vieillard : mais il ne donne pa^ de papille d'enfant. Dans ce modeste travail, que nous soumettons à la bienveillance de nos juges, nous nous sommes efforcé de compléter certaines lacunes de l'examen ophthalmoscopique : heureux, si nos efforts atteignent la hauteur de la tâche.

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