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ANATOMIE DE LA PAPILLE NORMALE

Bien que, dans notre thèse, ce ne soit pas le lieu de décrire Tanatomie do la papille, il est indispensable d^en donner un aperçu qui nous servira à prouver qu'à Fétat normal, la papille* vue à Toplithalmoscope, doit présenter une image uniforme dans son aspect général et parfaitement définie.

La partie du nerf optique, que les auteurs nomment papille n'est pas au centre de l'œil, elle se trouve en dedans d'un plan passant par le diamètre vertical et au-dessous d'un plan passant par le diamètre horizontal : un millimètre audessous, trois millimètres en dedans. La papille a 0"° 0015 de diamètre. Le nerf optique est environné d'une double enveloppe névrilématique, dont l'une, l'interne est formée par la pie-mère, l'autre, l'externe, qui n'existe qu'au moment où le nerf passe par le trou optique, est formée par la dure-mère : quelquefois la première se continue avec la choroïde et la deuxième, avec la sclérotique. A son émergence au fond de l'œil l'enveloppe externe, le tissu connectif interstitiel du nerf forme un réseau assez distinct, qui est rattaché quelquefois à la sclérotique, et donne à cette ouverture postérieure l'aspect d'une membrane criblée.

 ce niveau les fibres du nerf optique s'amincissent.

deviennent transparentes, perdent toute leur moelle et sont réduites à Tétat de cylindres axes, mais elles restent toujours disposées en faisceaux.

De ce point, comme centre, les fibres nerveuses, sans membrane de Schwann, s'irradient dans tous les sens, en passant à travers la lamina cribrosa et forment par cela môme une capsule, que l'on nomme excavation physiologique, par opposition avec l'excavation pathologique que

Ton rencontre dans certains cas de glaucome. Toutefois ces [

fibres n'ont pas une disposition régulière; le plus grand nombre se porterait en haut, en dedans et en bas, la mi« neure partie gagnerait la partie externe de la rétine. On trouve l'explication de ce fait dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales : t Ceci provient de ce que, en vue de la macula lutea, une grande partie ne gagne le ^

segment externe qu*après une marche détournée. En effet, . pour qu'une marche aussi régulière que possible soit ménagée aux rayons lumineux dans la tache jaune, il est désirable qu'ils n'aient à traverser que le nwins de fibres pos« sible, c'est-à-dire celles qui viennent s'y terminer. Les fibres qui vont se terminer au-delà de la macula se dirigent d'abord en haut et en bas et n'arrivent à leur terminaison qu'après avoir décrit de longues courbes autour de la macula. >

La papille n'est pas exclusivement composée de substance nerveuse, on y trouve des artères, des veines, des capillaires et même on y a découvert des vaisseaux lymphatiques. Les vaisseaux sont en premier lieu l'artère centrale, branche de l'ophthalmique, qui vient elle-même de la carotide interne. Elle pénètre dans le nerf optique à un cen-

timètre en arrière du globe, chemine d'abord entre les deux membranes névrilJ^matiqacs et arrive enfin dans la partie médullaire pour venir émerger sur la papille à Iravers la lamina cribosa « Le nerf optique semble donc creusé dans une portion de son étendue par un canal. Cette particularité en a imposé à certains anatomistes anciens, tels que Galien, Eustachi, Orantius, Riolan qui ont admis l'existence d'un véritable canal au centre du nerf optique. Galien a même prétendu que le canal aboutit dans la partie postérieure du ventricule antérieur et qu'il sert au transport jusqu^aux yeux du spiritus visorius. De là, à une étiologie de l'aroaurose il n'y avait qu'un pas. Qu'un fluide anormal, plus épais, plus visqueux que dans l'état normal s'échappe du ventricule antérieur et arrive à ce prétendu canal, la vision ne s''exerce plus, il y a goutte sereine y parce qu'une goutte de fluide mal élaboré vient troubler la sérénité de la vue. Fano, Traité pratique des maladies des yeux, t. II, p. 395 (Fano).

En sortant de la lamina cribosa, l'artère centrale de la rétine se divise en deux gros troncs l'un supérieur, l'autre inférieur, qui se divisent eux-mêmes dicholomiquement en ramifications de second ordre, qui se divisent encore dicholomiquement en rameaux de troisième ordre, ainsi de suite jusqu'aux vaisseaux du plus petit calibre, qui sont terminaux.

La veine centrale, formée par les ramifications ultimes de la rétine se réunissant dichotomiquement en un tronc plus gros, qui s'anastomose à son tour à un tronc de même calibre, pour former encore un tronc toujours soumis aux lois de la dichotomicité, s'engage dans la lamina cribosa

par le même trou que l'artère centrale de la rétine. Comme on le voit, de cette suite de ramifications résultent deux troncs terminaux, l'un supérieur, l'autre inférieur, qui sont plus volumineux que les artères correspondantes. Après un trajet plus ou moins long dans Taxe même du nerf optique, la veine centrale dé la rétine se jette dans la veine ophthalmique ou directement dans le sinus caverneux.

Outre l'artère et la veine centrale de la rétine, apparentes à l'ophthalmoscope, la papille possède encore une circulation capillaire très-riche. Celle circulation qu'on ne peut constater à Toplithalmoscope, est cependant d'une importance capitale. De là, en effet, dépendent les variations de couleur de l'image ophthalmoscopique, variations de couleur qui sont la base du diagnostic de la plupart des amauroses.

Enfin, on a découvert des lymphatiques dans la papille ; cette partie de Tanatomie hislologique de la région a été mise au jour par un travail de Wolfring. Cette question a trop peu d'importance au point de vue de notre thèse, pour que nous devions la traiter.

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