N° VII. — PARALYSIE GÉNÉRALE SIMPLE AU PREMIER DECRÉ
Embarras dans la prononciation; marche mal assurée; guérison | . apparente ; rechute (1).
G** (Louis-Joseph), âgé de irente-sept ans , marié, habitant à la campagne et dans les environs de Paris, à fait la guérre pendant plusieurs ‘années, et n’a pas été blessé à la tête; tous 565 parents ont eu l'intelligence saine, lui-même n'a-
vait jamais donné de signes d’aliénation mentale
avant 1824; son éducation n’a pas été cultivée,
- cépendant il a fait quelques études premières; son
caractère est habituellement doux, cependant il s’éemporte facilement. 11 est d’une taille moyenne; la peau est brune, les cheveux et les sourcils sont
noirs; la constitution bilieuse prédomine.
24 Y\NUDE LA PARALYSIE, >: Dans Je mois d'octobre 1824, sortant .de table et ayant bu plus que de coutume, il a un acces de colère , ét presque immédiatement après, se met à écrire, la tête penchée sur un bureau peu £levé. Au bout d’une heure on le dérange pour parler à un voisin : la prononciation est difficile, et la langue est très génée dans ses mouvements. Le médecin appelé applique des révulsifs aux pieds et pratique des émissions sanguines; les accidents paraissent diminuer, mais au bout de deux jours les jambes perdent de leur force. On s’imagine que la faiblesse a pour cause /a perte du sang , on conseille le repos et l'usage des bouillons restaurants. Le délire éclate, et le malade est reçu à l’'Hôtel- Dieu de Paris. (Application de glace sur la tête, saignées répétées , dicte sévère. ) Tout est inutile; on reconnaît les symptômes de l’aliénation mentale ; le sujet est renvoyé et conduit à Charenton. Le début n'avait que cinq semaines de daie, cependant le pronostic n'était pas plus rassurant. La langue était presque complètement paralysée ; l'individu se tenait sur ses jambes, mais il sy tenait mal et chancelait dès qu’on l’abandonnait à lui-même. La faiblesse musculaire semblait se propager au reste du corps; les épaules s’affaissaient; la tête, la partie dorsale du tronc, vacillaient au moindre mouvement , lors même que le sujet était assis ; il entendait, il voyait , il percevait les sons ; il était sensible aux impressions doulou-
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Lréuses; il laissait aller ses déjections sous lui; il
prétendait être un grand personnage et ne savoir
que faire de ses richesses. Du reste, il parlait beaucoup, mais avait peu d'idées suivies. La mémoire . et le jugement paraissaient abolis, etc. Le malade, sans être violent, n’était pas maître de ses déter-
minations , et se livrait à une foule d’actes extravagants; il traînait partout le désordre à sa suite. On ne remarquait aucun dérangement du côté des
cavités abdominale et thorachique; l'appétit était
bon ; la peau conservait le degré de chaleur qui lui est propre; le pouls battait avec régularité. ( Sai-
gnées locales répétées, régime peu nourrissant,
tisane délayante, pédiluves. } : OM. G** passe trois mois à l’infirmerie, plongé en
apparence dans la démence, et condamné, suivant
toute probabilité, à finir promptement sa triste
existence sous l'influence de la paralysie générale,
qui, chaque jour, semblait avancer davantage vers
son dernier terme; mais, par un changement aussi
rare qu'inattendu , le délire se calme, le malade
comprend nos questions, associe des idées , porte des jugements, cesse de faire des extrayagances et distingue ce qui est raisonnable de ce qui ne l’est
pas: il s’informe de sa femme, de ses enfants; il demande à écrire, à reprendre ses occupations, ete. Sa parole n’est pas aussi embarrassée qu’autrefois ; le tronc est en équilibre sur le bassin ; les jambes elles-mêmes se prétent à des courses assez longues
26 1HAÏIDE LA RARALTSIE) 11210) à sans donner le moindre signe de faiblesse; le corps a de l'embonpoint; toutes les fonctions s'exécu- | tent avec tant de régularité qu’on pourrait croire à ane guérison complète: cependant il est àremar: quer qu'il reste des vestiges de paralysie du côté de. la langue; que les idées, quoique suivies, roulent dans un cercle de peu d’étendue; il est à craindre que tôt où tard les accidents ne reparaissent avec toute leur intensité première (1).