N° VI. — PARALYSIE GÉNÉRALE SIMPLE AU PREMIER DEGRÉ
7 Embarras dans les mouvements de la langue’; faiblesse des membres pelviens; monomanie primitive, dégénérée en démence; idées de ” richesses , etc. (1).
B**, négociant, âgé de quarante-sept ans, avait
. l'habitude de boire, sans modération, du vin, du
café et des liqueurs fortes ; son caractère était iras-
cible et même violent; il jouissait d’une certaine
fortune, et n'était pas dans une situation à s’inquié-
ter pour l'avenir: sa taille était moyenne, sa con-
… stitution bilieuse ct. fortement prononcée ; il se
» portait habituellement bien.et n’appartenait pas à
une famille dans laquelle l’aliénation mentale fût
héréditaire; en 1821, sans causes connues, il devint monomaniaque.
Il ne rêve plus que meurtres, conspirations et empoisonnements ; il interprète mal tout ce qu'il voit et tout ce qu’il entend, implore chaque jour la protection des juges, écrit à la police et la fatigue par ses avertissements. Une telle maladie
Nr. est qualifiée de bizarreries, d'imaginations; on
néglige d’âppliquer un traitement méthodique, . elle passe à l’état chronique.
En 1825, l’aliénation commençait à perdre le
… caractère qu'elle avait eu d’abord, et l'individu
prétendait posséder des richesses immenses. Il
offrait à tout le monde de l'or et des perles ; il se
Ü) (1) Service de M. Esquirol.
aa L'AIDE) LA PARALYSIE; croyait dou d’ un génie extraordinaire ; à lui était xÉSErVÉ l'honneur d'achever toutes les entreprises contre lesquelles avaient échoué les efforts des hommes ; : il devait commencer par la tour de Babel, etc. L'intelligence s’affaiblissait manifestelent; l'aliéné devenait chaque jour moins facile | à À diriger, il troublait le repos de la société on | provoqua l'isolement. | En arrivant à Charenton, le malade parut tranquille; ; il s’étendit avec complaisance sur Îa profondeur de son prétendu génie; il crayonna plu. ‘sieurs plans de la tour de Babel, ét laissa voir, de la ‘maniere la plus évidente , laffaiblissement de ses - facultés intellectuelles. En même temps, on pouvait observer un certain nombre de SYMpIOMES qu'on ne pouvait rattacher qu’à la paralysie générale. En effet, d’après le rapport des parents, cèt ‘aliéné n’avait éprouvé rien de semblable à ce qu on nomme dansle monde apoplexie, coup de sang, eic. 3 ; cependant il parlait avec une difficulté extrême ; ; Ja langue, embarrassée dans ses mouvements, roulait. Jong-temps dans la bouche avant d’articuler quelques mots : d’un autre côté les membres abdominaux avaient perdu la plus grande partie de leur force ; ; is ne pouvaient Rp DAS le poids du tronc ; le malade ne marchait qu’à l’aide d’un bâton ou en Ê *appuyant sur les tables, sur les chaises , le long des murs. Il était sensible à la douleur; l’ouie , l'odorat, etc. , conservaient leur liberté d'action ; du
à CR ‘ , ë
CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS, "Ts:
reste, la respiration et les fonctions digestives
À s'exécutaient librement: point de fièvre, point de chaleur à la peau, rien qui pût faire soupçon
ner un élat aigu. |
Depuis un an que cet homme est sous nos yeux, il n’est survenu aucun changement ; il écrit beau coup, cause volontiers ; mais on n'entend qu'à mois tié les mots qu'il prononce; il sort encore dans
- és jardins, mais il marche péniblement, chancelle,
et se soutient sur un bâton; la santé générale con:
tinue à être bonne.
La
1 (1) Service de M, RoyerGollard.