‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 16 sur 122 · Y,\DE LA PARALYSIE · texte numérisé non relu

Y,\DE LA PARALYSIE

“bonppinte contrastait avec le désordre des fonctions cérébrales. taie Depuis huit mois, les. symptômes sont RU reusement les mêmes, et la paralysie générale n’a pas augmenté: | +

Ne X. — PARALYSIE GÉNÉRALE SIMPLE AU PREMIER DEGRÉ.

Bégaiement accidentel; progression mal assurée ; tremblement dans les bras; délire redoutable ; inanition spontanée ; mort. Injection des substances blanche et grise ; altération, d’une autre nature , dans chacune de ces substances (1). sn15

B**, âgé de soixante-deux ans, ancien militaire , natif de Paris, fut atteint, il y à quinze ans, d’une manie poussée jusqu'à la fureur. Il n'avait point d’aliénés dans sa famille ; jusque là il n'avait

jamais déraisonné , mais sa conduite n’avait pas. été régulière. Long-temps il avait abusé du vin,

des liqueurs fortes, et s'était préparé lui-même une multitude de chagrins. Sa taille n’ayait pas moins de cinq pieds onze pouces ; sa constitution, dégradée par l’âge et par la maladie, avait été des plus fortes ; malgré la couleur blanche des nee

veux, dela barbe et des sourcils, on distinguait

encore les attributs propres au tempérament san-

guin. L’individu avait tour à tour été enfermé chez

lui, et dans différentes maisons de santé. Là, plus

d'une fois, on avait essayé de ie rendre à la rai-

son, en lui donnant des bains , en pratiquant des

(3 Ve Service de M. Royer-Collard. PUY. À

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saignées; en appliquant des sangsues, etc. On ‘n'avait obtenu aucun résultat satisfaisant. Le dé

… lire s’étendait à tous les sujets ; l'individu, quoi-

que atteint d’un tremblement de tout le système musculaire , développait beaucoup de force; il poussait des cris, attaquait les domestiques , et semblait insensible à toute espèce de répression. Les camisoles les mieux appliquées résistaient rarement à ses emportements et à sa fureur. Il fallait l’enfermer dans sa loge. Par intervalle, les symptômes perdaient de leur intensité: le maniaque délirait toujours , mais ne se livrait à au-

cun désordre d’action, et se contentait de se plain-

dre de la perte de sa liberté. On profitait de ces périodes de rémittence pour lui accorder la jouissance de la promenade et lui rendre l'isolement moins dur ; on n’attachait pas d'importance à Ja menace qu'il faisait souvent de se venger sur le premiér qu'il BORIS atteindre. Un accident funeste ft voir jusqu’à quel point la police des établissements doit être sévère en pareil cas ; un jour l’a-

liéné trompe la surveillance, s'empare d’un cou-

teau de cuisine, se ISre sur une jeune fille et lui

porte un coup mortel. C’est à cette époque qu'il

entra à Charenton, et que nous pûmes l’observer.

Il nous fut impossible de savoir depuis quel temps existait la paralysie générale qui nous frappa d'abord ; les parents traitaient la faiblesse museu-

|. laire de tremblements, attendu que le malade trem-

DE LA PARALYSIE ; blait en effet, et ils assuraient qu’il ny avait pas moins de quinze ans (époque de la perte de la raison) que les mouvements avaient paru lésés pour la première fois. Le début des deux maladies, prétendaient-ils, datait du même jour, ou à peu prés. Voici maintenant jusqu'où allait la paralysie générale. B**, dont la loquacité ne tarissait pas, se faisait difficilement comprendre; comme si la langue eût ressenti les engourdissements qui.accompagnent l'ivresse , elle articulait mul presque tous les mots. Les bras, quoique fixés jusqu’à un certain point par une camisole, étaient continuellement en mou. vement; les mouvements étaient tumultueux , mal assurés. La progression n'était pas impossible ; mais, en s’avançant, le sujet tremblotait, le poids du corps était alternativement renvoyé à droite et à gauche. Cependant, à peine assis, ce maniaque furieux atteignait du pied quiconque se trouvait à sa portée et cherchait à frapper. La sensibilité ne paraissait pas diminuée dans les organes des sens ; l'œil était plein de feu, la face colorée , la langue sèche; les-lèvres étaient fuligineuses dans leurs angles. Le délire n’avait de relâche en aucun moment ; l’insomnie persistait avec opiniätreté; il était à craindre que , réunie à l'emporte ment et à la loquacité, elle n’entrainât une mort rapide ? (Pédiluves , application de sangsues derrière les apophyses mastoïdes , répression à l’aide

de la camisole, régime peu nourrissant. ) ;

+ Au bout de dix jours, B‘** ne veut plus avaler: : il ferme la bouche, repousse les aliments, et dé- … clare-que rien ne pourra vaincre son obstination. On passe deux clefs entre les dents molaires, et on introduit forcément quelques cuillerées de potage ; l’aliéné contracte l’arrière-bouche , fait des eflorts de vomissement, et rejette tout. On espère que la faim l’obligera à changer de résolution , on reste deux jours sans chercher à le faire manger. Le troisième jour nous réitérons les tentatives, que nous accompagnons de menaces ; on emploie tout ce qui a coutume de réussir en pareille circonstance, sans obtenir aucun résultat. La bouche était fuligineuse , la salive rare et écumeuse ; le ventre se rapprochait de la colonne vertébrale. Nous injectons une pinte de bouillon par le rectum ; le lavement est aussitôt rejeté. Nous passons dans les narines une sonde œsophagienne, nous injectons dans l'estomac une demi-pinte de bouillon et un verre de vin coupé. L’aliéné fait de vains eflorts pour vomir; il rugit.en voyant échouer son projet de suicide. Pendant douze jours on se sert de la sonde; en répétant les injections trois fois dans vingt-quatre heures. Le treizième jour , le maniaque déclare qu’il est las de nous être à charge,

. et consent à prendre des potages. Il prend trois

soupes légères dans le cours de la journée; mais . la voix ne résonnait plus, la faiblesse se dessinait

. “dans chaque mouvement ; le pouls, très fréquent,

soulevait à peine le doigt qui le pressait; le malade

expira dans une syncope, ayant déliré jusqu'à la fin. . Autopsie du cadavre.

Crâne. Les os se brisent sans difficulté ; la dure-

mère n’adhère pas à la voüte osseuse qu’elle tapisse.

L’arachnoïde n’adhère avec elle-même sur aUu-

cun point ; sa grande cavité est distendue par une quantité considérable de sérosité limpide, qui s'écoule au moment où l’on incise la dure-mère, et où l’on renverse ses lambeaux pour extraire Île cer-

veau. Il serait difficile d'indiquer au juste le poids

du liquide , mais de la sérosité en tout semblable était renfermée dans les ventricules moyens, et avait augmenté sensiblement l'étendue de leurs parois. Les vaisseaux de l’arachnoïde sont pleins de sang, ce qui leur donne une teinte rouge. Il y à une infiltration manifeste de la pie-mére; cette mémbrane est séparée par une couche de liquide du feuillet arachnoïdien qui la tapisse. En se donnant de la peine , on parvient à la détacher du cerveau. On ne voit pas d'union certaine entre les circonvolutions et sa face interne ; cependant

elle semble n’abandonner la substance grise que

difficilement.

En appuyant avec le doigt sur les circonvolutions du cerveau , on juge que la consistance de la

« CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS. 37 … substance corticale est un peu diminuée : cela est 1 général pour toute la périphérie. En incisant avec le bistouri , la substance grise se trouve très in- » jectée, mais indépendamment d'une couleur rouge

N à ne

qui paraît venir d’une rosée de sang, également distribuée , on aperçoit çà et là des plaques larges comme le bout du doigt, imitant des ecchymoses. Dans ces endroits, le tissu de l'organe n’est pas comme ailleurs, il a subi une mbdification dont la nature nous est inconnue : il n’est pas sensiblement plus mou que le reste , mais il n'offre pas les mêmes conditions.

! La substance blanche présente une forte injection: dans ses petits vaisseaux ; de plus, elle laisse voir des plaques qui ne sont pas sans analogie avec celles que nous avons mentionnées plus haut. … La couleur de ces plaques est d’un rouge sale; il . existe un changement dans l’organisation du tissu : la consistance est la même que dans le voisinage. Le septum lucidum, le mésolobe , le trigone céré- bral , les couches optiques, les corps striés, la protubérance annulaire, ont paru sains.

. Le cervelet était généralement rouge, soit qu’on ” examinät la substance blanche, soit qu’on exami- | nât la substance grise.

On cherche en vain la cavité du péricarde ; cette poche membraneuse adhére au cœur dans toute son étendue , mais nulle part aussi étroitement qu'en arrière et sur les côtés. Là on voit une fausse

FE DE LA PARALYSIE, membrane organisée, paraissant faire partie du tissu même du cœur, ayant l'aspect fibreux , et s'étendant en brides rayonnées; une des extrémités de ces brides allait s'implanter surun cerceau osseux , large de plus de deux travers de doigt, qui circonscrivait tout Je cœur, précisément à la réunion de chaque oreillette avec le ventricule correspondant. La production osseuse accidentelle que nous décrivons était unie au tissu du cœur d’une manière si intime , qu’on aurait pu croire qu'elle s’était développée dans ses fibres musculaires mêmes : le développement s'était opéré dans la fausse membrane.

Les cavités intérieures de l'organe n'étaient ni rétrécies ni augmentées.

Poumon droit crépitant, un peu gorgé de sang en arrière ; poumon gauche entièrement crépitant. !

Membrane muqueuse de l'estomac légèrement" injectée dans ses capillaires. | “14

. L’injection des petits vaisseaux se reproduit des 14 différentes portions des intestins grêles et des gros à intestins ; elle n’est pas limitée à l'épaisseur de la tunique interne, on la retrouve dans les autres membranes qui entrent dans la composition du canal alimentaire.

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