‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 44 sur 122 · N° XX VIT. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ · texte numérisé non relu

N° XX VIT. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ

Affaiblissement de l'intelligence; commencement de paralysie de là langue et des jâämbes : plus tard, délire général poussé jûsqu’à la fureur; augmentation de la paralysie générale, au point que les jambes ne peuvent plus supporter le poids du corps, et que les bras agissent à peine; sensibilité obtuse; mort. 2 Sérosité entre Îcs

:… lames de l’arachnoïde; œdème de la méningine et de la méningette;

injection de leurs vaisseaux ; adhérence de la pie-mère:. coloration rose de la substance corticale ; AAA EES dans Jes ventricules (1).

| Un chef d’escadron , âgé de quarante-neuf an, … décoré de plusieuxs ordres, fut conduit dans l’étae blissement le 16 août 1823. Ses études avaient

h été soignées ; depuis vingt-huit ans il servait dans

a) Service de M. Royer-Collard.

1E artillerie. Il nous fut impossible de savoir s’il. avait eu des maladies vénériennes, et s'il avait pris du | mercure; ilavait commis des excès avec les femmes,

et avait quelquefois abusé des liqueurs alcooliques:

Sa constitution était détériorée, mais les traits

conservaient beaucoup d’expression,etles propor-

tions de la tête étaient on ne peut plus belles. La barbe et les cheveux avaient blanchi; cependant |

on jugeait que le tempérament bilieux avait prédominé. La manifestation des accidents cérébraux ne se rattachait à aucune cause connue; le début ne remontait qu'à quelques mois.

L'abord du malade fut facile; l’aliénation s’an-

noncçait avec l'aspect du calme et de la douceur :.

le vieil officier cherchait à satisfaire aux diverses questions qu ’on lui adressait, mais sa mémoire le

servait mal. {l avait oublié les champs de bataille |

où il s'était trouvé; il n’était plus au courant des te militaires de son temps; il ignorait jus=

qu'à son àpe; sa profession , et répondait au hagard à tout ce qu'on lui demandait; il se soignait encore, et n'était pas agité; il parlait seul , et s’imaginait procéder à la formation d’un camp d’ar-

tillerie : tous ces symptômes dénotaient un pre

mier pas vers la démence. La prononciation n était pas libre et dépourvue d'émharras ; la plupart des sons n étaient qu incomplètement articulés , et on avait de la peine à comprendre le jangage. Le

malade marchait, et se disait fort sur ses jambes ,

» mais on s'apercevait promptement du contraire; … ses genoux pliatent ; il chancelait à pige pas , et

- se hätait de gagner un banc pour s'asseoir. ( Des … bains.) On se propose d' observer, : avant d'appliquer

un traitement plus énergique.

Au bout d’un mois, ce militaire devint malpropre; il épiritle moment où les chambres des » voisins étaient ouvertes pour voler leurs aliments, * leur tabac , et jusqu’à leurs mouchoirs ; il se mettait en colère quand on lui résistait, prétendant

que jamais personne n'avait eu la hardiesse de À Pisopposer À ses volontés. Ce commencement de

désordre fut le signe précurseur d’un délire: des plus furieux , et quines éteignit qu'à la mort.

+ Pendant seize mois, le sommeil fut rare et

court : toute la nuit on n’entendait qu'impréca- Lions et jurements, comme si l’aliéné eût eu un accès de colère prolongé: A l’arrivée du jour, on … le maintenait à l’aide d’une forte camisole, et on

… le fixait sur un fauteuil; il n’y avait que ce moyen … pour contenir son emportement aveugle, et pour . prévenir le désordre d’action auquel: il se livrait

à lorsqu'on le laissait libre. Sa figure était animée, 4 sa voix haute, son délire à peu prés général. | Des applications répétées de sangsues, des bains tjournaliers , Un régime atténuant, parvinrent quel-

Lquefois à diminuer la violence des symptômes, ‘mais ils reparaissaient presque aussitôt avec toute | leur intensité première. La santé physique etait

Ra à 9

Page 1