IV AVANT-PROPOS
Enfin les abcès enkystés.
Nul doute que les tubercules, les acéphalccystes, et toutes les affections cérébrales dont j'ai parlé plus haut, ne puissent se rencontrer chez les alienés comme chez les sujets qui ne le sont pas, mais ces maladies sont en général assez rares, et font peu de victimes. |
On imaginera peut-être que j'ai été trop loin, en disant que les paralysies sont trés fréquentes chez les aliénés. Ce que j'’avance doit s'entendre des aliénés pris en masses; on jugerait mal si l’on voulait calculer par ce qui se passe dans un seul établissement. Ainsi, la paralysie générale incomplète (1) étant assez rare chez les femmes, à nombre égal il doit y avoir moins de sujets paralytiques
dans les dortoirs de la .Salpètrière, peuplés de
femmes exclusivement, que dans ceux de Charenton, consacrés au traitement de l’un et de
l’autre sexe. Au contraire, à Bicêtre, où l’on ne
trouve que des hommes, la paralysie générale doit se rencontrer très souvent, et la somme totale des
paralytiques doit s'élever plus haut que dans les
deux autres établissements.
Ces réflexions sont applicables aux rapports te fréquence des espèces de paralysies entre elles. Il est certain que dans les relevés faits dans des lieux différents on n'obtiendra pas les mêmes résul-
(x) Voyez plus loin , page 7.
AVANT-PROPOS. y
tats; ici, le mot hémorrhagie cérébrale se répètera . le plus souvent; ailleurs le mot paralysie généqi rale, etc. ; mais on s’entendra toujours si On à | soin d'indiquer le sexe des individus qui prédominent dans les hôpitaux où l’on est placé.
Indépendamment des troubles de la locomotion que je viens de passer en revue, il existe chez les aliénés une foule de maladies d’un ordre peu éloigné, tout aussi curieuses et beaucoup moins connues encore. Dans le delirium tremens V'aliénation s'accompagne d’un tremblement général plus ou moins étendu; plusieurs vieillards, frappés de démence sénile, ne peuvent tenir un instant leurs bras et leurs jambes en repos. Nous avons vu des aliénés qui ont vécu plusieurs années avec des mouvements presque convulsifs, qui ne les empêéchaient pas de marcher, mais qui donnaient à toute leur personne l’aspect le plus bizarre et le plus extraordinaire. Les altérations de tissu qui existent dans tous ces cas ont-elles quelque rapport avec celles qui déterminent la maladie que j'ai décrite sous le titre de paralysie générale? Il serait difficile de répondre à une semblable question dans l’état actuel de la science ; mais en ter-
minant cet ouvrage j'eXxposerai ma manière de voir
à cet égard.
J'arrive à ce qui concerne l’ordre adopté pour la distribution de mes matériaux. Cet ordre est tnple: il consiste à traiter de chaque espèce de
Des DE
DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE DES ALIÉNÉS , OU LÉSION L'GÉNÉRALE DES MOUVEMENTS , PARAISSANT DÉ-