AVANT-PROPOS
PU Pat Les grands établissements consacrés au traite- | ment des maladies mentales offrent en foule des à individus privés, plus ou moins, du libre usage des mouvements volontaires. Les uns parlent diffipi cilement , les autres chancellent en marchant, ou même ne se soutiennent qu'autant qu'ils prennent un point d'appui: ceux-ci sont ou hémiplégiques À ou paraplégiques ; ceux-là sont perclus des quatre membres; chez un certain nombre, enfin, on observe des rétractions, tantôt dans un bras, tan- * tôt dans une jambe. Tous ces désordres de la loco- | motion se trouvent désignés collectivement sous le nom de paralysie, par les auteurs qui ont écrit sur l’aliénation mentale; mais on ne doit plus ; contitiuer à confondre sous un même titre des 14 objets entièrement différents ; les travaux impor- . tants qui, depuis quelques années principalement, . ont paru sur les maladies de l'encéphale, ayant . appris que les altérations les plus graves et les plus. ” fréquentes. des mouvements volontaires peuvent | presque;toujours se rapporter à l’une des lésions. | vue | ‘ |
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suivantes du système cérébro-spinal: l’hémorrhasie,.les ramollissements, les abcès, les congestions sanguines, les congestions séreuses, les plaies, les cancers, les acéphalocystes, les tuber- : cules, les tumeurs osseuses du crâne ou des vertebres, les végétations de la dure-mère, etc. ; il est question de déterminer quelles sont celles de ces affections qui existent le plus fréquemment chez les aliénés , ou, en d’autrés termes, d'établir un diagnostic différentiel et de confirmer sa jusesse par une série de résultats cadavériques.
- On ne peut se dissimuler les difficultés de l’entreprises c'est avec beaucoup de peine qu'on parvient à explorer convenablement des individus que leur situation morale rend incapables d'entrét dans les vues du médecin et de lui fournir un seul trait de lumière propre à l’éclairer; ici, plus que jamais, le témoignage des parents et des personnes qui soignent le malade devient d'une grande valeur ; il peut se faire même qu'on n'ait pas d’autres données pour asseoir son jugement, ce qui redouble l’embarras, car l'exactitude du diagnostic est nécessairement subordonnée à l’exactitude des renseignements qu’on obtient. D'après cela, il faut une grande circonspection; il faut peser à plüsieurs reprises la valeur des faits qu’on nous présente comme vrais; il faut les comparer avec ce que l’on observe soi-même, et se demander si toutes les vraisemblances sont réunies en leur
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faveur. Pour peu qu'il réste de doute, on doit sus-
“ . pendre son jugement et attendre. Si on n'adopte
pas cette marche sévère, il est à craindre qu’on ne
-se fasse une idée inexacte des choses ; on trouvera,
par exemple, un double épanchement ancien dans +
le crâne d’un individu qu'on croyait atteint d’encé-
phalite chronique (1); chez un autre que l’on présumait avoir éprouvé des hémorrhagies cérébrales, on rencontrera une altération superficielle
de la substance grise, etc. : toujours trompé, on
finira par se persuader que toute distinction est impossible; ce qui est faux, généralement.
Voici maintenant ce qu’on peut inférer des observations multipliées que j'ai été à même de
faire.
1° Les paralysies sont très fréquentes chez lés aliénés ; 2° l’altération de tissu qui les occasione réside presque toujours dans le cerveau lui-même: 5° les désordres qui se trouvent le plus souvent sont : ;
Les phlegmasies chroniques du cerveau avec prédominance de l’inflammation au pourtour de
l'organe et dans ses enveloppes;
Les hémorrhagics cérébrales ou méningées ;
Les congestions sanguines ;
Les ramollissements, y compris ceux de la moelle ‘épinière ;
(1) Voyez plus loin, page 7.
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