‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 55 sur 122 · N° XX XV. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ · texte numérisé non relu

N° XX XV. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ

Monomanie ; légère faiblesse de l’entendement ; paralysie incomplète de la langue : plus tard, progression mal assurée; plus tard encore, paralysie complète de la langue, des bras, des jambes; défaut de sensibilité ; mort, — Une once de sérosité dans la grande cavité de l’arachnoïde dont une fausse membrane recouvre le feuillet cérébral; œdème des méninges; adhérence de la pulpe superficielle ; arra-

chement de cette pulpe; CRU des capillaires de la substance blanche (1 )e

M. F**, limonadier, âgé de quarante-six ans, d’une constitution vigoureuse, ayant la barbe et les cheveux noirs, les membres velus, les pommettes colorées, devint aliéné en 1823, à la suite de quelques jours d’une chaleur intense. Depuis long-temps il manquait de solidité dans le jugement; sa femme était obligée de surveiller, et même de diriger ses affaires sans qu'il s’en aperçût. Il a probablement commis beaucoup d’excès pen-

… dant un espace de vingt ans qu'il a servi dans la P o q

. cavalerie ; il a recu un coup de feu à la tête, la

(1) Service de M, Royer-Collard.

dire sue

166 . DE LA PARALYSIE, guérison a été longue, mais on ignore jusqu'à quel point les accidents ont été portés; enfin deux cousins du côté paternel sont morts dans un état complet de démence.

Au moment où nous reçûmes le malade, il réu-

nissait à une extrême douceur un Certain degré

d’excitation. « Sa fortune ne laissait rien à désirer,

le maréchal B**, en récompense de ses vingt années de service, l’avait fait nommer grand’croix de lu Légion d'honneur, et le roi lavait choisi pour donner des leçons d’équitalion aux pages de son

palais. » Poussé par cette idée dominante, la xeille , il était allé au château des Tuileries et avait

cherché à voir plusieurs personnages importants,

bien convaincu que ce jour-là même il devait être

présenté au roi, et qu’un retard plus long-temps prolongé lui deviendrait nuisible. Sur tout autre

point, cet homme n'offrait pas de désordres sen-

sibles dans le jugement, mais il nous sembla que l'intelligence était peu étendue. Il se portait bien du reste : on se proposa de l'ORSRCYÉE pendant quélques semaines.

I n’y eut rien à ajouter aux symptômes que nous avons mentionnés, si ce n’est un commence-

. ment d'embarras dans la prononciation. Ce pre-

mier signe de paralysie générale n'était pas toujours également facile à saisir; mais il ressortait

avec évidence dans certains instants où le visage.

devenait rouge et tuméfié, comme si la circulation

TE ne

cérébrale eût été momentanément augmentée, (Sangsues au cou à des intervalles variables ; * bains, tisanes rafraîchissantes. ) Au bout d'un an, ce limonadier fut complètement plongé dans la démence : il a perdu de vue les idées qui l'ont préoccupé dans lé principe, mange beaucoup et reste assis, sans prendre part à ce qui se passe autour de lui; il répond par monosyllabes aux questions qu'on lui adresse, et rarement s'engage dans une conversation. Il n’attache plus d’importance à la propreté, urine dans son lit, dans ses habits, se salit la figure en mangeant, et pré- ‘sente à la vue un objet de dégoût. On n'observait rien de particulier du côté de la poitrine; les fonctions digestives n'avaient pas été troublées un seul instant ;l'embonpoint était le mêmequ'autrefois ; cependant les jambes et les cuisses perdaieut de leur force ; en montant un escalier ou en s’avangant sur un terrain raboteux, l'individu était obligé de rédoubler d'efforts musculaires, et quelquefois . il faisait des chutes. Le langage devenait chaque jour plus confus. (Tous les doutes sont levés relativement à la paralysie générale : l’état du cerveau

‘est jugé incurable. )

“ Jusqu'ici la progression s'était effectuée, le malade avait pu se dispenser de passer à l'in- … firmerie; il fallut l'y porter huit mois plus tard; … lcètte époque mérite d’être remarquée: à partir de Ja, ce malheureux fut dans l'impossibilité d'aban-

donner son fauteuil, et l’on vit commencer une agonie qui se prolongea pendant quatre mois, et eut quelque chose d'horrible.

: L'’aliéné voyait, et entendait , il sentait les A fortes; mais les organes de la vue, de louie, de l’odorat, semblaient difficiles à exciter; il fallait

pincer plusieurs fois la jambe, avant que la.

douleur ne fut transmise au centre des perceptions ; une espèce d’instinct engageait ençore cet infortuné à ouvrir la bouche pour recevoir les aliments qu’on y introduisait, mais il n'eXIStait aucun vestige de mémoire, de jugement, de passions affectives. Le DRE” avait de la tendance à se pencher en avant, à se courber sur lui- même ; les mouvements des bras étaient singulierement restreints : le paralytique ne pouvait les soulever.

La résolution des membres abdominaux était poussée plus loin encore : on eût appliqué le feu sur la peau, que la jambe n’eût pu se déplacer. Le sacrum , le coccyx et les dernières vertèbres lom-

baires étaient entièrement dénudés ; les os étaient :

ramollis, et le pus formait des clapiers dans leur épaisseur; enfin la mort arriva sans qu'on eût remarqué de signes de désordres importants Vers les cavités abdominale et thorachique.

Autopsie du corps.

Tête. Les os du crâne sont difficiles à briser. La

surface externe de la dure-mère ne présente au

GONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS. 169 k cune particularité. Il s’écoule à peine une once et demie de sérosité trouble de la grände cavité de

ni arachnoïde.

Je renverse en arrière la fie du cerveau, et sur les côtés les lambeaux de la dure-mère : je remarque aussitôt que le feuillet arachnoïdien qui revêl cette membrane est recouvert dans touté son étendue par une fausse membrane grisâtre qui n'a pas moins de trois lignes d'épaisseur, est simplement accolée, et non unie à la portion indiquée de la membrane séreuse, n’a contracté aucune adhérence avec la lame de l’arachnoïde cérébrale,

Net ya en s’amincissant à mesure qu'elle s’avance vers le trou occipital. Cette production est solide à l'intérieur, et n’a offert aucune trace apparente d'organisation.

Une quantité notable de sérosité sépare l’arachnoïde cérébrale de la pie-mère qui est infiltrée: - les deux membranes forment par leur réunion un plan d’une épaisseur qui n’est pas ordinaire ; dans l'intervalle des circonvolutions on aperçoit un li- quide ressemblant au premier abord à une gite

ou à de la gomme fondue.

On cherche à séparer la pie-mère de la superficie …. du cerveau ; d'abord la séparation se fait sans difhi- #. culté ; mais en arrivant à la partie antérieure de “ chaque hémisphère, on éprouve de la résistance, Ja pulpe cérébrale reste attachée à la membrane et s’enlève avec elle.

J'intéresse légèrement avec le bistouri la sub- M stancé grise sur une infinité de points pris au hasard :

à l'extérieur de l’encéphale : elle est à peine foncée en couleur, mais elle rougit promptement à l'air; phénomène que nous avons souvent observé, et contre lequel il faut être en garde.

La substance blanche n’est pas d’un blanc pur; à mesure qu'on la coupe par tranches avec le bis: touri, une rosée sanguinolente s'échappe des capillaires et vient la salir. L’injection n'est pas fondue avec le tissu; la consistance est telle qu’elle doit être. i

Rien de notable dans les ventricules latéraux , les corps striés, les couches optiques, la voûte à trois piliers , etc. | |

Le cervelet n’est pas malade. La protubérance annulaire et la moelle alongée sont à l’état normal.

La moelle épinière résiste à des pressions assez fortes : vis-à-vis des’ vertébres dorsales elle semble un peu plus consistante qu RUIENS / elle est jugée saine.

Poitrine. Les cavités des plèvres sont desséchées ; les poumons sont à peine reconnaissables , et sont dégénérés en deux masses grisâtres, opaques , tuberculeuses : le tranchant du bistouri ies

divise : on arrive à des foyers purulents, circon=

scrits par des portions tuberculeuses encore crues, LE comme une surface membrancuse. — Cœur

. Abdomen. La membrane muqueuse du tube di-

| gestif ne paraît pas malade : dans certains points

ilexisté quelques rougeurs arboristes, qui sem-

blent peu importantes. — Les villosités sont par- | tout noires. |

N° RAA — PARALYSIE GÉNÉRALE AU DERNIER DEGRÉe

DiMoroutihies au bout de quelques mois démence; prononciation difficile; démarche mal assurée : plus tard, paralysie complète des jambes et de la langue ; faible mobilité des bras ; sensibilité géné”

rale diminuée ; mort. — Dix onces de sérosité dans la grande cavité de l'arachnoïde; infiltration de la pie-mère et du feuillet |, cérébral de l’arachnoïdé; vaisseaux des membranes dilatés; ca-

pillaires de la substance grise et de la substance (blanche vides ,

d'un calibre remarquable (1}.

Des proportions analogues à celles qu'on rencontre dans les statues des athlètes les plus vigou- reux se trouvaient réunies chez un grenadier suisse qui entra à Charenton sur la fin d'avril 1825 : taille

. de près de six pieds, cavités larges en proportion, membres couverts d'énormes masses musculaires , tout semblait combiné pour résister aux Causes les

| plus puissantes de destruction. Le caractère était | doux, peu actif; le tempérament lymphatique pré-

} dominait. Il avait fait toutes les guerres de l’épo- N que, avait beaucoup souffert, €Ls était probablie- » ment livré à plus d'un genre d’ exces. On ignorait s'il y avait eu ües aliénés dans sa famille.

Nous cherchänes en vain au moment de son

(1) Service de M. Royer-Collard.

arrivée à nous éclairer sur lés causes probables.

de la maladie et à connaître l’époque précise du M

début : ce que nous apprimes se borna à dé-\ montrer que l'individu faisait encore exactement son service quelques mois auparavant, d'où l’on

pouvait conclure que l’aliénation était récente. Le w

délire était calme, limité à un certain nombre d'idées. L'intelligence paraissait peu étendue : le

malade prétendait qu'on cherchait à l’'empoisonner; s'maginait voir autour de lui des person-"

nages qui n’existaient pas, et se plaignait de l'o-

piniâtreté qu’on mettait à le tourmenter. Il dormait généralement peu, soignait sa personne, ne: se livrait à aucun désordre d'action. 5

Au bout de deux mois , le sujet parut marcher d’un pas rapide vers la démence ; il mangeait beaucoup ,; perdait de vue ses idées fixes et devenait d’une indifférence poussée jusqu’à l’apathie. ( Applications de sangsues au cou , bains.)

Au commencement de novembre , il néglige toute espèce de convenance et devient d'une mal= propreté sans égale ; il prend sa soupe à pleine main, se couche dans les ordures, se mouche dans ses habits, rend ses déjections alvines au. milieu de la chambre, etc. Il est maître de tous les empires et parle continuellement de sa puissance ; il articule mal les mots et bégaie ; sa démarche devient lente et mal assurée ; pour peu qu'on le pousse à dessein , il chancelle, et pour éviter une

KL k. 4

ConsIDÉRÉE GHEZ LES AMÉNÉS. 173 ‘chute it se hâte de prendre un point d'appui sur Ja personne qui l’a poussé. Îl existe un contraste “frappant entre la faiblesse des membres et le développement extraordinaire des masses musculaires et qui ne laisse aucun doute sur l'existence des

. premiers symptômes de la paralysie générale.

… La maladie augmenta d’une manière rapide “dans le cours de février 1824 , et nous crûmes . que la mort était peu éloignée. Les jambes étaient devenues œdémateuses , et avaient acquis un vo \lume énorme ; elles soutenaient encore le poids du | corps, m ais avec une peine extrême, et le sujet avait besoin d’un infirmier pour l'aider à traverser un espace de dix toises : leur sensibilité n'était cependant pas éteinte et elles conservaient de la chaleur. La prononciation ne s’exécutait plus que d’une manière imparfaite : le malade était obligé . derépéter plusieurs fois le même mot pour qu’on le comprit. Les bras continuaient de se mouvoir, mais leur force n’était pas en rapport avec leur vo- “ns Les fonctions Es et pars ti

a figure APR it les apparences db santé obuste : on ne DNA “HRpUES la Fables) des

chronique.

» Parun hasard dont on trouve l'explication dans es ressources d’une constitution vraiment colos-

17/4 DE LA PARALYSIE;, entières: Au moment de la mort, il ne marchait « plus depuis six mois; le matin ; on le portait sur son fauteuil: le soir, on le eouchait comme nn!w

enfant: on n’entendait plus rien à sa prononcia- 1

tions il sentait un peu lorsqu'on le pinçait, mais » ne pouvait soulever la jambe pour la soustraire à la douleur; les bras jouissaient d’une certaine mobilité ; l'intelligence était à peu prés effacée ; tous | les téguments du dos étaient infiltrés ; plusieurs parties commençaient à s’excorier ; il mangeait | avec avidité les aliments légers qu'on lui accor+ duit, mais de temps à autre il fallait modifier le. régime, A que le dévoiement survenait et ; épuisait les forces ; la peau conservait sa chaleur naturelle , le pouls n’était pas sensiblement: aug-} menté de fréquence , il n'existait pas de symp=. tômes aigus. |

Autopsie du corps.

Tête. Rien de particulier dans la conformation du crâne ; os d’une consistance moyenne; dure mère facile à séparer de leur table interne. . = Grande cavité de: l’arachnoïde contenant prés s de dix onces de sérosité limpide. 11

Les hémisphéres cérébraux, recouverts de uns] membranes, paraissent comme enveloppes d'une couche gélatineuse qui tremble au plus légerm contact; l'accumulation consiäérable de séroi sité qui s’est faite entre la pie-mère et le feuillet.

cérébral de l’arachnoïde leur donne cet aspect, comme on peut s’en convaincre en déchirant les membranes, et en donnant issue au liquide qui s'écoule en abondance. L'infiltration va si loin, que le plan membraneux qui résulte de la superposition de l'arachnoïde et de la pie-mère offre plus de trois lignes d'épaisseur, et présente une | opacité comparable à celle d'une lame de corne; les méninges s'enlèvent par plaques larges comme. la main; les vaisseaux qui les parcourent sont comme variqueux, et se rompent difficilement; en soumettant à une forte pression des portions de ‘membrane, on exprime la sérosité qui les infiltre ; et leur épaisseur diffère peu de l'épaisseur naturelle; en examinant alors leur tissu par transparence, on s'aperçoit qu'il réfléchit uné couleur

rouge.

La pie-mère n’est point adhérente aux circonvolutions cérébrales ; je la suis avec soin dans toute l'étendue du pourtour du cerveau, partout elle se détache avec facilité.

d Les circonvolutions paraissent consistantes. Au DAchors leur tissu et parfaitement poli, et tout-àfait décoloré, On porte le scalpel dans leur épaisseur : : la substance grise est ferme et sa couleur te: son tissu est criblé d’une foule de petits trous, qui lui donnent un aspect spongieux; ces petits trous ue sont autre chose que des vaisseaux . capillaires vides , qu'on à Coupés transversale

176 M MDena LpaRAr yet ON A

ment: On ne rencontre aucune autre particularité. à

La substance blanche est parfaitement polie ei

d’une blancheur plus qu ‘ordinaire; elle est: cri- | blée, comme la précédente , d'une grande re 1

* de petits pores. : : Les ventricules latéraux contiennent près : de. quatre onces de sérosité; on n'aperçoit pas 14

() villosités saillantes sur leur membrane. 4 A Rien de particulier dans le troisième et dans le 4 AAA quatrième ventricule ; dans le corps calleux, leu

septum médian, la voûte à trois piliers, la pro | tubérance annulaire, le cervelet , la moelle alon-

gée, les corps siriés , les cornes d'ammon, les” commissures ; etc. 4

Le rachis est ouvert avec précaution ; Île canal! ‘] ‘arachnoïdien contient de la sérosité; la membrane À propre de la moelle est séparée de l'arachnoïde , : 4

par une légère couche de sérosité mêlée de bulles gazeuses ; la surface de la moelle n’a pas contrac tés

d'union avec la membrane qui la recouvre immédiitement. © 5%

On ne trouve aucune altérafio Fe le pro-.

longement rachidien’, dont les faisceaux antérieur si

et postérieurs sont examinés avec le plus gra

A7 Mein | 1 Poitrine. Poumons a une vaste étendue, par.

faitement crépitants. — - Cœur sain. He ‘11 | Abdomen. Estomac très large: contenant ‘i

| CONSIDÉRÉE CHEZ LES ALIÉNÉS. . 177 muqueuse comme ratatinée , très inégale , hérissée de monticules blanchâtres qui ne ressemblent pas à des végétations , mais qui semblent résulter d’un froncement ; entre les éminences on aperçoit des enfoncements: sur ces enfoncements. , la membrane est comme tannée.

Quelques villosités noires dans Je duodénum ; dans toute l’étendue de l'intestin grêle , rougeur assez intense, et occupant le tissu même de la membrane. À des distances variables , On apercoit des ampoules larges comme le bout du petit doigt, ne résultant point du gonflement des cryptes,

mais d’une infiltration circonscrite de sérosité sanguinolente , qui disparaît lorsqu'on déchire le tissu muqueux.

Les cryptes isolées, les cryptes agglomérées sont -saines , et d’un si petit volume qu'on les trouve difflcilement.

Le cæcum contient des matières fécales liquides au milieu desquelles surnage une quantité prodi-

. gieuse de trichurides : on le soumet à des lavages

va LE

répétés , sa membrane interne reste rouge; la co-

Joration est uniforme, très intense.

Quelques traces de rougeur dans le reste du

“ canal alimentaire.

Foie volumineux ; rate d’une couleur très HUE

à cée; reins à l’état normal; vessie décolorée.

à ; 198 DE LA PARALYSIE, Si N° XXXVIL — PARALYSIE GÉNÉRALE AU TROISIÈME DEGRÉ. | 4

Affaiblissement graduel de l'intelligence ; plus tard, agitation, idées | .de grandeur, commencement de paralysie de la langue coïncidant

avec une légère faiblesse des jambes; plus tard encore , démence, ‘paralysie presque complète des membres abdominaux { imobilité

des bras restreinte; sens faisant mal leurs fonctions; mort: —) ‘M

Usure du crâne ; fongus de la pie-mère; à peineçune once de séro- *sité dans la cavité de l’arachnoïde; près de cinq onces de liquide,

1 dans les ventricules latéraux; œdème de la pie-mère et de l’arach- 4

-noïde cérébrale réunies ; le cerveau paraît sain (1),

M. L**, commissaire de marine, âgé de quarante-

cinq ans, d'une constitution athlétique , avec préduminance du tempérament sanguin ; n'ay ant jamais commis d'excès, et paraissant avoir des passions modérées, remplissait les devoirs de sa charge, ets ’enfermait volontiers le reste du temps.

la 'éxistait point d’aliénés dans sa famille; iln'a- « vait jamais, dans le cours de sa vie, donné de Si= gnes d’aliénation mentale, et n était point sujet aux

apopleies ; il avait éprouvé des revers de fortune , et y avait été très sensible; plus tard, des chagrins domestiques avaient imprimé à son capactére uné

teinte de morostlé et l'avaient fait renoncer à toute espèce de communication sociale. Il se montrait indifférent aux plaisirs, aux prévenances de ses.

amis, on commença à SOUPÇORNEr UN dérange ment moral.

RE nt à

\#à \ / 1 Au commencement de 1823, les doutes furent .

(1) Service de M, Royer-Collard.

levés; le sujet se conduisait encore de manière à Li ne pas éveiller l'attention du public, et ne négligeait

point ses travaux, mais dans la conversation on Mile voyait soutenir des choses absurdes , et émettre

les propositions les plus bizarres. Aussitôt qu’il se trouvait seul, il parlait tout haut, et passait

des heures entières à converser ayec lui-même.

I dormait encore passablement ; la santé physique était bonne, on ne fit aucun traitement:, estimant que ces légers symptômes se dissiperaient sans les secours de la médecine!

Péndant une année l’aliénation mentale fit peu de progrès sensibles, muis elle en fit; on ne pou vait plus compter sur l'exactitude des travaux du

malade, chaque jour il fallait lès revoir et les reçe

tifier. La mémioire était faible, M, L** ne gars dait, plus de mesures , et disait tout ce qui se présentait à son imagination ; on n'avait remarqué encore aucun signe de paralysie générale,

Dans les premiers jours du printemps de 1824, le délire éclata avec une nouvelle forcé ; le malade S ‘échappa dans la ville, et y causa le plus grand : scandale. Dès lors on aperçut deux symptômes du … plus mauvais augure, l'embarras dans la pronon- … ciation, et un commencement de faiblesse dans les jambes ! À partir de là, cet homme avait prétendu être ministre de la marine, et s'était cru prodi- … gieusement riche. L'isolement fut provoqué vers le milieu de l'été. j

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