‹ De la paralysie considérée chez les aliénés. Recherches faites dans le service de feu M. Royer-Collard et de M. EsquirolChapitre 56 sur 122 · DIAVDE LA PARALYSIE · texte numérisé non relu

DIAVDE LA PARALYSIE

En. amivant à Charenton : affuiblissement sensible de l'intellect, incohérence dans les idées , retour plus fréquent des idées de luxe et de gran .: deur ; extrème difficulté à parler; PrOBTÉS SION MESEA { mais quelquefois vacillante et mal assurée ; à bras jouissant de toute leur mobilité ; embonpoint remarquable ; nuls symptômes généraux ; tels que la fréquence du pouls, la chaleur à la peau, etc. : Du 15 juillet au 15 septembre, le malade ne cessa d’être gai et se promena du matin au $oirÿ À il mangeait avec appétit, et conservait EU à d’embonpoint; chaque fois qu on l’abordait,ils'étendait avec complaisance sur son heureuse fortune, sur les honneurs attachés à sa dignité de 1 ministre ; sur les récompenses qu'il pourrait accor- à der à ceux qui lui seraient utiles, ete. La paralysie 4 de la langue prenait de l'accroissement , la pluart des mots devenaient inintelligibles , cependant il fallait y regarder de près pour apercevoir 4 la faiblesse des membres abdominaux; qui né tait même pas toujours appréciable; la maladie 4 semblait promettre de parcourir lentement ses périodes, et la force de la constitution faisait espérer que le sujet résisteraitlong-temps. 0 | Dans les derniers jours de septembre, tout-à- ‘coup, et sans cause appréciable, ce commissaire se refusa à toute espèce d'exercice , s’opiniâtra à rester sur un banc, et: garda un silénee absolu; | soit qu il éprouvât une tristésse profonde, soit, ce. u

facile ,

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js qui est plus probable, que l'intelligence fût anéan-

signes attestant la formation d’un désordre, soit:

tie, il semblait réduit à une existence automatique. Il n’avalait qu autant qu’on le faisait manger ;

il rendait ses excréments sans avoir l'air de s’en apercevoir; et il eût toujours resté à la place qu'il occupait, si on n’eût pris soin de le coucher et de le faire agir. La figure etait hate: la physionomie avait l'expression propre à la démence, le pouls avait cessé d’être naturel ; cependant il eût été difficile de rassembler un certain nombre de

du côté de la poitrine, soit du côté du ventre. (On

! juge que la maladie cérébrale fait des progrès ; on

applique des sangsues derrière les oreilles; on accorde des potages pour toute nourriture.) Dans le cours du mois d’octobre , les extrémités

inférieures ne soutenaient plus le US du corps;

lorsque le malade était couché , et qu'on pinçait les cuisses, la douleur faisait exécuter un mouvement assez étendu ; mais dès qu'il était assis sur son fauteuil, on avait beau le soutenir par les bras et essayer de le faire marcher, les jambes se refu-

encore en tous Sens ; cependant leur force. était restreinte, et n était plus en rapport avec le volume des muscles. La paralysie touchait à son plus haut degré. Bientôt Ja langue devint-rouge et sèche;

” aliéné cherchait à éloigner la main lorsqu'on lui kr D. le ventre ; les selles étaient liquides, etau

saient au plus léger exercice. Les bras se portaient

à 18a Dr LA PARALYSIE,

noinbré de huit à dix eñ fingtiquatre heuress il existait une phlegmasie du côté du canal alimen+ täire. (Dibte, sangsues au siège, tisanes sueréés, | tit sur le ventre, laverment émollient.) ‘4

‘La pllegmasié continue malgré l'emploi des Masuns qui pafaissent propres à l'arrêter , etle sûjet succombe, dans un état complet de démence,

! Temuant légèrement les extrémités supérieures , et | fémuant beaucoup moins encore lès membres abdoiinaux. Les organes des sens ont paru épargnés jusqu’à la fin; quelquefois ee les Ne jé # tons paraissaient imparfaites.

M And, 7 dt; Pod AS OS te 4

Autopsie du cadavre.

Crâne. La voûte du crâne, examinée à sa sure … face interne, présente, tout-à-fait à sa partie moyenve, de chaque côté du sillon qui sert d’attache à la faux du cerveau, dés enfoncements qui sont creusés dans la table osseuse, et qui sont dus

| dla présence de végétations que nous apercevons sur les hémisphéres. En y regardant de près, on constate que les bourgeons fongueux ne s'élévent pas de la dure-mèrè, et qu'ils naissentsouslefeuillet cérébral de l’arachnoïde; ils onLécarté les mailles de Ja dure-mère, ont traversé ses lames, et sont parvenus jusqu'à l'os >" is n'ont point dirigé leur. etion du côté du cerveau, et n'ont pu le comprimer. | I] existe À peine une once de sérosité dans Te

grande cavité de l’arachnoïdes; mais la pie-mére

- et l’arachnoïde cérébrale sont fortement épaissies;

°7 ". ! } 0 e y il s'est épanché beaucoup de diquide dans leur

intervalle et dans les mailles de la pie-mère; il résulte de là que le cerveau ; recouvert de ses enveloppes, à l'aspect £ rélatineux, Lo Mo + taie au foud des circonvolutions.

Je pénètre dans les ventricules latéraux, en

‘disséquant l’arachnoïde qui recouvre la base du

cerveau; leur cavité est singulièrement élargie, et la sérosité qu’ils contiennent ne s'élève pas à moins de cinq onces; les villosités ne font pas saillie.

Je renverse la masse encéphalique , et cherche à emporter les membranes qui enveloppent les hémisphères : la pie-mère se détache sans difficulté et n’adhère pas à la substance corticale.

Le pourtour du cerveau n’est pas coloré; rien ne fait présumer .que la substance grise sera altérée; on l’entame soigneusement et successivement avec le bistouri, ‘elle a conservé sa coloration et sa consistance naturelles #et RHIN parfaitement saine.

La substance blanche.est jugée saine.

Le cervelet, le pont de Varole, la moelle alongée, la moelle vertébrale , ne présentent aucune trace de désordres.

Poitrine. Le cœur et les HOT ne sont pas

malades.

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Abdomen. On ouvre l'estomac; à travers sa

18/4 | IDE LA PARALYSIE;, Ke:

membrane interne, on aperçoit, par transpa-

rence, de gros troncs vasculaires, gorgés d’un sang

noir ; on lave, on ne rencontre pas d’ulcérations,

mais presque partout la membrane muqueuse est ‘comme usée , ses villosités sont presque saignantes;

il a existé probablement un travail inflammatoire «

dece côté. L Les villosités du duodénum présentent une couleur noire (1).

Les intestins grêles sont gorgés de matières fé- C

cales et sont rouges par places.

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Le cæcum s’est moulé sur les matières qui ont …

séjourné dans sa cavité; sa rougeur est vive; au”

commencement du colon, on trouve une plaque de la largeur de la main et de couleur rouge cra

moisi ; les cryptes n’ont rien offert d'extraordinaire. Les Capillaires se dessinent légèrement dans l’in-

térieur du colon et du rectum.

Sur le péritoine de l'S iliaque du colon s’im-.

plante un petit kyste de la grosseur du pouce, età peu près de lañmême longueur; en le fendant en

travers on donne issue à une substance cérébri- .

forme, jaunâtre , infecte.

Les autres organes abdominaux paraissent sains.

(1) M. Leuret, Description d'un mode Laltérätion propre aux villosités, etc. (Nouvelle Bibliothèque médicale , août 1825. )

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