lDE LA PARALYSIE
jusqu’à ce.qu'on l'oblige à se lever; il mange beaucoup, etn’attache plus d'importance à Ja propreté. Déjà la Jangue s’embarrasse en parlant; certains jours, la prononciation s'accompagne de bégaie-
courir un éspace d'une grande étendue ; mais iln y
culaires, qui sont énormes . et la solidité des mem- “ bres pelviens; par instants, les jambes s’affaissent sous le poids du corps, et le malade chancelle en marchant, On n’aperçoit pas d’affaiblissement y, marqué dans les extrémités thorachiques : le éronc «| est droit, et la tête ne penche d'aucun côté. La à sensibilité de la peau, de l'œil , de l’ouie, de la | pituitaire, est conservée. La circulation cérébrale paraissant fort active, on revient à plusieurs reprises"aux applications de sangsues , et l’on insiste 3 sur l'usage des bains, des pédiluves, des lave- : ments laxatifs. Souvent lès symptômes de paralysie 4 générale redoublent presque instantanément, | quels que soiént les soins qu’on accorde au ma- | lade ; l’on est forcé d'ouvrir largement les. veines ; et on,obtient un changement avantageux, qui,
pour l'ordinaire , ne se soutient pas long-temps. 0
Six mois s’écoulèrent et la maladie ne fit point M de progrès notables; danslecours du seplième mois, la parole devint plus gênée’, la paralysie incomplète |
homme pritencore moins d'exercice qu'auparavant: "
CONSIDÉREE CHEZ LES ss | 197
“a prétendait être tout à la fois empereur de France
et de Russie: il parlait continuellement, seut , et
n'était pas aussi calme qu’au moment deson entrée. -
Il lui arrivait de rendre ses déjections alvines dans ses habits ; sa figure s’altérait : il n’existait cepen-
- dant aucun symptôme aigu ; point de fièvre ,
point de chaleur à la peau, point de rougeur au LPo ere Es de la langue , etc. |
Un soir la scène change : ‘tout-à-coup le regard
. prend un aspect imposant, l’aliéné affecte un air dé grandeur et de représentation , parle beaucoup,
exige qu'on le respecte ; sa douceur habituelle a
| disparu; et a été remplacée par la violence; il refuse
de rester en place , et se montre difficile à contenir. « Je suis fort comme un taureau, disait-il; je porte » douze millions de livres pesant; comme maître » de l'univers , j'ai le droit de punir les mutins qui: » me déplaisent , et je veux lés réduire en poudre.» Alors, brandissant les poings , il menaçait du geste
. ses compagnons d’infortune. La figure étaît colo- . rée, la peau chaude, la soif vive : la fièvre était
survenue ; tout annonçait un moment critique
… (Saignée; limonade, deux pots ; application d'une
camisole de force.) | d.
L’agitation et les emportements duraient depuis
Ws 0 e ! U L4 L4 # | treize Jours; seulement on avait remarqué de courtes
. intermittences pendant lesquelles le malade s'était
livré à la tristesse, et avait versé des lirmes abondatés. L'embarras de la langue'et la faiblesse des
jambes n'avaient pas augmenté; la maigreur avait 4 fait des progrès ; et l’ensemble de la physionomie 4 pose niait urie altération profonde. On vint nous dite quele malade avait une syncope, et qu'on avait! | * été-obligé de le porter sur son lit. La pâleur est: 4 extrême ;M.L**ne por pas aux questions qu’ on 4 Jui adresse ; lé pouls est à peine sensible; les ex= trémités sont froides. (Je frictionne les membres ; ï avec an morceau de drap imbibé de vinaigre. ) Le “A malade retrouvé sà connaissance et se met à pleu:. rer. La vraisemblance d’une syncope, cétte consi= dération que les forces avaient beaucoup diminué depuis que le délire était si intense, éloignentl'idée d'une congestion cérébrale, et font rejeter les émissions sanguines. Je fais envelopper les mollets de cataplasmes sinapisés, et je prescris un lavement, M purgatif. Uue attaque semblable à la premiére em . porte ce malheureux à l’instant même,
. Autopste:du corps.
Tête. Le crâne présente de superbes dimensions; ses os sont exempts d’altérations. LES J'incise la dure-mère, et je renverse ses lambeaux; il s'écoule de la grande cavité de l’arachnoïde une certaine quantité de sérosité sanguinolente. K. : L’arachnoïde cérébrale est très injeclée ; réunie à la pie-mère , elle forme un plan dont l'épaisseur : n'est pas tout-à-fait naturelle, mais l'épaissisement | est à peine sensible. | 5e ;
AT ra
La pie-mère adhére aux circonvolutions céré-
‘ brales. Il n'existe dans le cerveau aucune lésion
locale, mais la substance grise est imprégnée de sang; des gouttelettes rouges suintent en nappe à la surface de chaque tranche que l’on coupe; le mêmé phénomène s’observe lorsqu'on entame la substance blanche qui est toute sagnante; on essuie la couche de Hard qui couvre la,surface qu’on vient de mettre à découvert, cette couche se
renouvelle aussitôt.
Le cervelet, la protubéranee annulaire et la moelle alongée participent à cet état Winiscion.
Poitrine. Les poumons et le cœur sont à l'état normal.
: Abdomen. La membrane muqueuse de l'estomac ne présente rien de notable; la membrane villeuse des intestins grêles est généralement rouge.
N° XL. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU DEUXIÈME DEGRÉ - AVEC CONGESTIONS SANGUINES.
À trente-neuf ans, congestion cérébrale ; à cinquante-un ans moins
trois mois, autre congestion qui porte principalement sur le côté * gauche. Bientôt ; désordre dans les idées ; embarras dans la langue ; | faiblesse des jambes; plusieurs nouvelles congestions sanguines, qui compriment alternativement les hémisphères cérébraux ; progression impossible, quoique les membres soient mobiles (1). L N
D** articule difficilement les mots; il marche avec assez de vitesse, et il est douteux qu’un côté
soit moins fort que l’autre; cependant ses jambes
{r) Service de M. Esquirol,
sont faibles , etil ne faudrait pas de LB efforts pour le renverser. Il est doux et tranquille; n'est dominé par aucune idée fixe , et soutient assez bien une conversation ; mais ses discours ont peu M de fonds, et indiquent un commencement de dé: mence. 1e
Un jour on s'aperçoit que la moitié gauche ad corps est trés faible, et que le malade traîne la jambe 4 en marchant; au bout de vingt-quatre heures les 1 symptômes disparaissent, et le sujet rentre dans" les conditions où il était la veille. Bientôt la fais 14 blesse se manifeste encore de ce côté, et s’éclipse avec la même promptitude; mais la paralysie semble transportée sur la moitié du Corps opposée , et D‘* est fortement penché à droite. L'équilibre se rétablit très Aucune et alors le poids du « corps se trouve à peu près également réparti des W deux côtés. L’embarras de la langue n’a pas aug- w menté ; la prononciation est embarrassée, mais M facile à comprendre ; le malade commence à être w malpropre, urine dans ses draps, dans ses habits et n’est plus aussi tranquille qu'autrefois. Il parle seul, s’occupe de choses insignifiantes ; a l'œil : inquiet, la physionomie hébétée, et, en vingt 20 jours de temps, il a fait un pas énorme vers la M démence. Pendant toute cette succession d’acti- | dents, on n’observe pas de symptômes aigus, le pouls n’est pas fébrile, la peau n’est pas chaude. le sujet n’est pas obligé de s’aliter. (On le baigne;
on tire du sang à plusieurs reprises , on surveille Je régime. )
La faiblesse musculaireaugmente graduellement, et avec une promptitude telle, qu'au bout de trente-cinq jours cet aliéné ne peut plus marcher seul: on peut, en le soulevant de son fauteuil, et en l’aidant, lui faire parcourir un espace de quelques toises; mais les jambes plient à chaque pas , et la poitrine se courbe en avant. Les bras
sont mobiles, mais très faibles; la sensibilité n’est pas lésée ; les organes des sens ne paraissent pas intéressés ; la prononciation est très gênée; le
l | sujet est excité et parle continuellement. Ses idées manquent de suite; il dit au hasard tout ce qui se
EX
présente à l'imagination, et offre les conditions les plus fâcheuses. | | En consultant les commémoratifs, on voit que le malade à cinquante et un ans ; qu’il a éprouvé, à trente-neuf ans , une espèce d'attaque apoplectique, qui probablement mérite le nom de conges- {ion sanguine, Car l'intelligence conserva toute sa vigueur, et les mouvements ne perdirent pas de leur étendue; qu'il y a trois mois, ayant déjà un commencement de désordre dans les idées, et la manie de la dépense, il sentit une grande faiblesse dans tout le côté gauche, eut la vessie et le rectum paralysés , mais seulement pendant quelque temps:
car il put presque aussitôt entreprendre une lon-
gue route et marcher à pied;.enfin en voit qu'à
LS
202 | JDE LA PARALYSIEs
partir de cette dernière époque la folie n’a laissé aucun doute. La taille est élevée, la constitution très grêle ; le tempérament sanguin prédomine. Le ma.
lade a fait de longs voyages, de grandes entre ; prises de commerce, et a beaucoup abusé des.
\ ali
: En réfléchissant bien à la manière dont les symptômes se comportent, il est impossiblé de méconnaître les caractères de la paralysie générale |
des aliénés. Les bras et les jambes sont mobiles ; seulement ils manquent de force; d’abord la fais:
blesse ne fait que gêner la progression; plus tard,
elle la rend impossible : telle est là marche de É
la, paralysie générale. À dire vrai, à plusieurs reprises , ét même avant le début de l’aliénation, on a observé des espèces d’attaques d’apoplexie , mais
leur durée a, pour ainsi dire, été momentanée ; elles
ne se sontaccompagnées d'aucun des accidents graves qui sont propres aux ruptures vasculaires; bien
mieux, on à vu la compression prédominer d'un jour à l’autre, tantôt à droite, tantôt à gauche: .
ces accidents ont dû avoir pour cause des congestions sanguines ; cependant, après que ces congestions ont été dissipées, la lésion générale des
mouvements a persisté. Îl faut donc admettre dans
le cérveau l’existence d’un désordre spécial , et qui provoque la paralysie générale.
LE TR" ee de TEEN
N° XLI. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU PREMIER DEGRÉ AVEC CONGESTIONS SANGUINES.
Par alysie affectant la langue et les membres pelviens ; congestions sanguines vers l’encéphale (1).
- Ê Q** (Victor), négociant de première classe à la Rochelle, est aliéné depuis cinq années; il a eu des maladies vénériennes, a pris beaucoup de
mercure, a bu quelquefois avec excès,. mais ne
s’enivrait pas habituellement: nous ignorons sil à des parents aliénés, et quelle est la teinte de son
. caractère. En 1818 , il commença à commettre des
extrayagances ; et fut condamné à deux ans de
prison. On s’aperçut plus tard que sa raison était
réellement dér angée; On ne jugea pas à propos de le
rendre à la liberté, et on le retint encore vingt-six
mois ; en 1822 seulement , il fut transféré à Cha-
renton. On juge à sa figure qu'il à quarante- -deux
ans, à peu près; sa constitution paraît forte et sa
taille est au-dessus de la moyenne; cheveux et
… sourcils noirs, barbe brune, pommettes colorées, . tempérament bilieux , avec prédominance du sys-
tème circulatoire. Le malade réclame sa sortie
avec instance ; il conserve une certaine aptitude
… à écrire, il règne un certain enchainement dans ses idées ; mais l'étendue du jugement est res- … treinte; cet homme ne s'occupe que de choses in-
(1) Service de M. Royer-Gollard.
20/4 AIDE LA PARALYSIE, la signifiantes. Il prétend avoir été recherché en mariagé par plusieurs demoiselles des meilleures fa-
milles .de la Rochelle: « c’est par esprit de ven
geance qu'on l'a fait enfermer ; il serait libret
encore s’il n’eût porté ses hommages d'un autre côté, etc.» Il n’était point violent, mais souvent e
ses actes étaient insignifiants.
En 1825, l’aliénation mentale se compliqua de |
paralysie générale, et le sujet commença à bé- 1 gayers il articulait mal les finales des mots; il pré. "1
tendait être solide sur ses jambes ; mais, lorsqu? FU s’'avançait au-devant de nous, il CLAIRE et le poids du corps était renvoyé tantôt à droite tantôt à gauche; il se servait des mains sans aucune peine ; toutes les régions conservaient leur sensibilité ; les organes des sens ne participaient pas à
là paralysie; les organes thorachiques et abdomi- ;
naux n’éprouvaient aucun dérangement; la santé physique, en un mot, présentait des apparences satisfaisantes. L'état moral s’aggravait chaque jour.
davantage : le malade se levait la nuit sans savoir ce .
qu'il faisait; le jour, il errait d’un lieu dans un
autre sans aucun but; sa conversation, en général manquait de suite, annonçait-une grande disette
d'idées ; toutes les opérations de l’entendement
semblaient entravées : difficulté à comprendre,
peu d'aptitude à comparer les impressions, absence de mémoire, etc. (Usage des bains, applications de sangsues, usage prolongé des exutoires ,
PSE ee À CE a
régime peu nourrissant, boissons délayantes, qui ne modifient aucunement l'état du sujet. )
À plusieurs reprises différentes , il survint des symptômes qu'en doit rattacher à la formation
. d’un désordre d’un autre genre et qui se renouve-
lérent deux fois de suite dans un délai très court: figure étonnée, regard hébété , impossibilité de
prononcer une seule parole, progression impossible pendant plusieurs heures, pesanteur et engour-
dissement dans les membres thorachiques, sensis bilité générale obtuse, pouls vaste, battant avec
… force ; opérations intellectuelles entièrement sus-
pendues. (On pratiquait de larges saignées; on
. appliquait des révulsifs aux pieds; on conseillait les lavéments purgatifs.) Tous les accidents. dispa-
raissaient aussitôt : il est croyablé que ces accidents
étaient dus à à l’accumulation momentanée du sang vers le- cerveau {congestion cérébrale. ) Au commencement de 1825, nous crûmes que
D ta paralysie générale allait atteindre son plus haut
terme, et que le sujet succomberait; l'intestin grêle était enflammé; fièvre, chaleur à la peau , dévoie-
ment qui n'offre aucun instant de relâche: le ma- ‘lade abandonna sa chambre, et passa à l'infirmerie
des. paralytiques. Cependant sa santé physique
est rétablie, et la gêne des mouvements est restée
- au même degré. M, Q** se promène encore dans
le dortoir, mais il marche lentement et vacille à chaque pas ; il est gai, officieux, a l'esprit borné;
à pk ES \