FAUX
Letpère de cet homme était aliéné, et l’aliénation était héréditaire dans la famiile. Depuis un certain
nombre d’années G*** faisait de mauvaises affaires
et n’attachait plus.de prix à l'argent ; ses enfants: ses amis, le jugeaient à moitié fou:.ce qui leur causait le plus d’inquiétudes, c'était la coincidence de cette légèreté, qui était poussée jusqu’à l’étourderie; avec un tremblement bien marqué des mains , de la tête, et des deux jambes; enfin , au moment: où
le sujet fut envoyé dans, l'établissement, l'aliénu-
tion et la paralysie générale radios existaient depuis deux ans. “
À la première vue du malade: nous.estimämes
. quilne vivrait pas long-temps; ofle couvrit d'une
blouse , on le plaça dans une ihfirmerie, el il ne
4 | ARS" DE LA PARALYSIE ; {Le
quitta plus son fauteuil que pendant Ja nuit. On ;
jugea toute espèce de médication inutile, et on se contenta de veiller à ce que le sujet fût toujours
propre , et à ce qu'il ne s’écorchât pas au dos, aux cuisses et aux fesses; il buvaït en général beau. Coup, se nourrissait de potages, et semblait réduit -
à une existence purement végétative.
Dès le dixième jour, à partir de l’arrivée de
M. G** à Charenton , la paralysie générale fut pous-
sée au plus haut degré. Il n'articulait plus aucun
son, il imprimait encore quelques mouvéments à ses jambes mais seulement lorsqu'elles reposaient sur un plan horizontal, ces mouvements étaient infiniment restreints; les bras, quoique très faibles , agissaient avec plus de facilité. Il serrait avec les mains les objets qu'on lui présentait, mais elles se ressentaient de la paralysie. Il dépérissait de plusen plus, cependantil n existait aucun symptôme aigu.
Six jours plus tard , il survint des accidents convulsifs qui persistèrent pendant vingt-quatre heures et qui se terminèrent par la mort; le malade criait continuellement ; les muscles des bras, des mains, des jambes, des cuisses, se contractaient d’une ma
niere brusque, Les mouvements convulsifs , loin
d'être vastes et étendus, comme ceux des hysté-
riques ; étaient tumultueux, et presque sans dé- |
placement. L'œil était animé, la figure rouge,
la langue sèche , la soif vive; le pouls battait près