‹ De la paralysie diphthériqueChapitre 2 sur 24 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L'étude des phénomènes morbides qui surviennent à la suite des maladies est un sujet plein d'intérêt. On aurait lieu de s'étonner qu'elle eût été négligée , si on ne savait que la plupart des mémoires originaux sont le résultat de l'observation dans les hôpitaux, et que les malades y achèvent rarement leur convalescence. 11 est cependant de la plus haute importance de connaître exactement les suites propres à certaines affections, pour diriger sûrement la thérapeutique. C'est ainsi qu'il n'est nullement indifférent de savoir que la manie aiguë peut être la conséqpience de l'état puerpéral, de la fièvre typhoïde; que l'anasarque survient souvent après la scarlatine, etc.; car, dans ces cas, il est évident que le traitement est essentiellement subordonné à la nature de la maladie primitive.

Ces remarques s'appliquent de tous points aux paralysies diphthériques , qui font le sujet de ce travail. On est disposé h considérer toute paralysie comme le résultat d'une affection matérielle des centres nerveux, et à diriger le traitement contre les altérations supposées ; cependant lorsqti'on sait que certaines paralysies, consécutives à la diphthérie, sont indépendantes de toute lésion appréciable de l'axe cérébro-spinal, qu'elles sont la conséquence d'un trouble général de l'économie , il est évident que le traitement doit être institué sur des principes tout autres. Les mêmes raisons font comprendre combien le pronostic doit varier, lorsque des accidents, en apparence semblables , se développent dans des conditions de causalité bien différentes.

Il n'est pas jusqu'à la nature de la maladie qui ne puisse être, au point de vue nosologique, légitimement déduite du gem-e même des accidents consécutifs. Ainsi ces paralysies à longue portée que nous allons décrire, nous paraissent démontrer, d'une manière évidente, que la diphthérie est une affection essentiellement générale.

Depuis quelques années, les épidémies de diphthérie se sont succédé d'une manière continue, et des accidents consécutifs presque inconnus ju.squ'ici, ont pu être observés par un certain nombre demédecins : telle.«

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sont les paral.ysies diplilliériques, sif^naléesct décrites par MM. Bretonueaii, Trousseau et Lasèguc.

Nous-mônie, et depuis assez longtemps déjà, nous nous souiiues occupé de ces ti'oubles si imprévus et parfois si graves qu'entraînent après elles les affections pseudo-membraneuses. En 18o4, nous prîmes pouisujet de thèse inaugurale la paralysie du \oile du palais, dont nous a\ions vu quelques exemples pendant notre internat. C'était une esquisse bien incomplète; mais encouragé et soutenu par notre savant et excellent maître , M. Blaclic , nous continuâmes nos études.

Il y a quelques mois , nous avons lu à la Société médicale des hôpitaux un mémoire sur la paralysie diphthcrique généralisée; l'accueil favorable qu'il reçut, l'intérêt qui s'attacha depuis à une question neuve sinon nouvelle, nous engagèrent à compléter notre travail.

Nous avons recherché avec soin ce qui avait été publié tant en France qu'à l'étranger sur ce sujet ; nous avons analysé un nombre considérable d'observations, dont les unes appartiennent à MM. Bretonneau et Trousseau , dont les autres ont été recueillies par nous , ou nous ont été communiquées par M. Blache et par MM. Arnal, E. Barthez, Bergeron, Caillault, Duchenne (de Boulogne,) Gaide, Gosselin, Gubler, Jadelot, Labbé, Marotte, Mauriac, Millard, Moynier, G. Sée, Sellerier de Bourth, Surbled (De Corbeil), etc., etc.

Si nous avons réussi à présenter une histoire aussi exacte que possible de la paralysie diphthérique , nous le devons à l'appui bienveillant de nos maîtres et de nos confrères, et nous les en remercions bien vivement.

Que M. le professeur Trousseau , dont les leçons , les écrits et les conseils, nous ont été d'un si précieux secours, nous permette de lui exprimer toute notre reconnaissance.

22 décembre i8b9.

IV V.-P.-A. Maingault.

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