ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE NORMALES
Nous ne voulons pas donner ici la description anatomique détaillée du radial, mais exposer seulement ses principales divisions et ses rapports importants.
Ce nerf tire son origine des trois branches postérieures du plexus brachial, réunies en un tronc volumineux qui fournit aussi le nerf axillaire ou circonflexe. Il affecte d'abord des rapports assez intimes avec la partie inférieure, interne et antérieure de l'articulation scapulohumérale. Il croise les tendons du grand dorsal et du grand rond qui se trouvent en arrière et un peu en dehors, tandis qu'il répond en dedans et en avant à l'artère humérale et aux nerfs médian, cubital et musculocutané. Arrivé dans la gouttière de torsion de l'humérus, il est situé au-dessous du triceps et décrit un trajet spiroïde, en bas, en arrière et en dehors. Placé jusqu'alors dans l'épaisseur des parties molles, il s'est trouvé protégé contre la plupart des violences extérieures, mais parvenu au bord externe de l'humérus, à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs, il descend dans un sillon entre le brachial antérieur en dedans et le long supinateur, puis le premier radial externe en dehors. « Depuis son point de réflexion jusqu'au pli du coude, dit M. Panas, le nerf mesure neuf à dix centimètres de long et est en partie contenu dans une gaîne fibreuse inextensible , formée par l'aponévrose intermusculaire externe, ce qui, joint à sa position superficielle, l'expose
à l'action des agents de compression , en ce point plus que partout ailleurs. Le filet brachial cutané externe ^^e trouve contenu dans la même gaine que le nerf et ne saurait, dés lors , échapper à la compression. » (1) Il fournit au bras, avant de pénétrer dans la gouttière, un rameau cutané interne; plus bas, trois rameaux pour les trois portions du triceps (celui du vaste externe se perd dans l'anconé); puis un rameau cutané externe qui, né très haut dans la gouttière, descend avec le radial, traverse le vaste externe, l'aponévrose et gagne en bas et en arrière la peau de la face postérieure de l' avant-bras ; enfin, deux rameaux souvent confondus à l'origine, nés au point où le radial longe le brachial antérieur et destinés au long supinateur et au premier radial externe.
Il nous suffît à présent de rappeler que le radial, parvenu au niveau de la tête du radius, se divise en deux branches : 1° l'une antérieure, cutanée, qui, externe à l'artère radiale, ira former les collatéraux dorsaux externe du pouce , — interne du pouce et externe de l'index, — interne de l'index et externe du médius. Le radial innerve quelquefois le quatrième doigt (Beaunis et Bouchard) ; — 2" l'autre , postérieure , perfore le court supinateur, l'innerve et se distribue par des ramaux antérieurs, postérieurs et supérieurs à tous les muscles de la région postérieure de l'avant-bras. Les filets nerveux, comme tous ceux des membres (Chassaignac), pénètrent les muscles par la face profonde. Ceux du triceps, ainsi que tous ceux du bras (Malgaigne), entrent dans cet organe au-dessous de son quart inférieur.
L'innervation dorsale de la main est complétée par le cubital pour le petit doigt, l'annulaire et la moitié du médius. Celle de la face palmaire est assurée par le médian, à partir du pouce jusqu'à la ligne médiane de
l'I) Panas, loc. cit. p. 657 et suiv.
l'annulaire, et, par le cubital depuis cette ligne jusqu'au bora interne de l'auriculaire De plus, tous les rameaux dorsaux ramifiés s'anastomosent entre eux et avec les collatéraux palmaires.
Le nerf radial donne la sensibilité à la peau des parties interne du bras, postérieure de l'avant-bras et de la main, et à celle de la face dorsale des trois premiers doigts, excepté à la portion interne du médius.
Il donne le mouvement à treize muscles : au triceps et à l'anconé, extenseurs de l'avant-bras, — au cubital postérieur, abducteur et extenseur de la main, — aux trois extenseurs -. commun, propre de l'index et propre du petit doigt qui étendent les premières phalanges sur le métacarpe, — au long abducteur, au long et au court extenseur du pouce, — au long supinateur (fléchisseur pronateur de M. Duchenne), — au court supinateur (seul supinateur indépendant), — enfin, aux deux radiaux externes (extenseurs de la main : le premier est un peu abducteur) ,
Quant aux fonctions de ces muscles, qu'il nous suffise de citer ces paroles de Winslow, que M. Duchenne (1) a eu le mérite de rappeler et que M. le professeur S.appey (2) voudrait voir « inscrites, en lettres d'or, au frontispice d'une Histoire générale des muscles » : — « Pour « mouvoir quelque partie ou pour la tenir dans une « situation déterminée, tous les muscles qui la peuvent « mouvoir y coopèrent. Quelques-uns conduisent docile- « ment ce mouvement à la situation ou attitude déter- « minée ; d'autres le modèrent en le contre-balançant à « l'opposite; et il y en a qui le dirigent latéralement. « J'appelle les premiers de ces muscles principaux mo- « teurs; les autres, modérateurs; et les derniers, direc- « teurs du mouvement déterminateur (3). »
(1) Physiologie des mouvements^ 1867, p. 764.
(2) Traité d'anatomie descriptive, 2° édit., 1869, t. II, p. 52-53.
(3) Winslow, Expos, anat. — Traite' des muscles, p. 166-43.
ETIOLOGIE
Persuadé que nous nous égarerions inévitablement si nous subordonnions dans cette étude la clinique à la physiologie, nous donnerons pour base à l'étiologie de la paralysie radiale des faits bien observés. Nous signalerons, en même temps que les causes, les désordres qu'elles produisent et qui peuvent expliquer leur mode d'action. Elles se divisent en deux grands groupes : 1° Causes prédisposantes; 2° Causes occasionnelles.