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L'avénement du christianisme a transformé bien des institutions romaines, mais parmi les matières où son influence devait se faire et se fit effectivement le plus sentir, il faut assurément compter celle des enfants naturels nés du concubinat.
Dans la préface de la Novelle 89, Justinien a pu dire que jusqu'à Constantin : « Naturalium nomen « romanæ legislationi dudum non erat in studium, «nec quælibet circa hoc fuit humanitas, sed tan- « quam alieni genum aliquid et omnino alienum « a republica putabatur. » Ce qui avait paru bon et possible dans l’ancien état de choses ne le parut plus alors que l'esprit de la nouvelle religion pénétra dans la société romaine. La vieille famille agnatique , fondée sur la communauté des dieux domestiques avait peu à peu disparu : il n’y a plus de dieux particuliers à chaque maison, mais un dieu unique, le même pour tous. Le paterfami-
lias n’exerce plus un sacerdoce, il perd du même {
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Coup sa juridiction omnipotente. Désormais la base de la famille ne sera plus artificielle, elle sera la conséquence des liens du sang, des liens de la nature.
C'est la procréation qui donne des droits à l’enfant contre son père, dès Lors l'enfant naturel a des droits que le législateur doit consacrer.
Mais au point de vue des mœurs, la nouvelle doclrine est moins indulgente que la société payenne. L'enfant naturel doit le jour à une faute contre la morale et le respect dû au mariage. Il faut punir cette faute et pour que la punition soit plus efficace on frappera les parents coupables dans ce qu’ils ont de plus cher, c’est-à-dire dans la personne de leurs enfants. C’est du reste le système suivi dans la législation moderne ; les incapacités sont compensées par des privilèges.
Il est done nécessaire d'étudier successivement les deux phases de la loi romaine.
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