‹ De la Pathogénie de l'Angine à MonocytesChapitre 1 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Du groupe varié des angines banales ou spécifiques, quelques formes ont été isolées ces dernières années qui se distinguent par les répercussions qu’apporte la maladie au niveau du sang, de ses éléments formateurs ou circulants.

Ainsi en est-il de l’angine agranolucytaire, des angines du début des leucémies, de l’angine à monocytes.

Alors qu’une amygdalite scarlatineuse, diphtérique ou banale entraîne une polynucléose en général marquée, semblable en tous points à celle que produirait un foyer infectieux quelconque, l’angine agranulocytaire et les angines des leucémies se compliquent d’un syndrôme sanguin dont on retrouve l’origine dans les lésions histologiques des tissus hématopoïétiques.

En ce qui concerne l’angine à monocytes, les données histo-pathologiques n’ont pas paru jusqu’à maintenant pou: voir expliquer d’une façon satisfaisante la pathogénie de l'affection. Cliniquement, celle-ci se présente sous une forme telle, qu'avec vraisemblance on a pu la classer dans le groupe des pseudo-leucémies, des lymphadénites et des Iymphadénoses.

Nous voudrions montrer, en nous basant sur un cas personnel, dont nous avons pu faire l’histologie pathologique, que cette maladie paraît faire partie d’un chapitre nosologique nouveau, celui des affections du tissu réticulo-endo-

thélial.

SRE

L'angine à monocytes a suscité de nombreuses publications ces dernières années, la plupart se bornant à la relation de cas ayant rapidement évolué vers la guérison et à propos desquels seule la symptomatologie clinique et l’examen du sang ont pu apporter quelques documents quant à l’étiologie de cette affection.

En effet, la guérison étant de règle, les observations sont rares qui signalent une vérification anatomique, tant biopsique que nécropsique.

Longcope, le premier, en 1922, a publié le résultat d’une biopsie faite sur un ganglion hypertrophié, lequel présentait une anarchie structurale avec hyperplasie des centres germinatifs, prolifération des cellules réticulaires et quelques mononucléaires à allure de cellules géantes. En outre, quelques cellules éosinophiles, le tout simulant un peu un ganglion d’une maladie de Hodgkin.

Depuis, Haken publie trois cas suivis de mort et dont on a pratiqué l’autopsie. Celle-ci donne l’image d’une septicémie, avec diathèse hémorragique et hypertrophie de tout le système lymphocytaire. Au niveau de la rate, il signale la présence de monocytes dans la marge des sinus. Dans l’un des cas, la moelle osseuse ne put être examinée; dans les deux autres elle parut normale.

La symptomatologie, que Paul Chevallier a étudiée dans toutes ses modalités les plus minimes, est la suivante:

Angine,

Etat infectieux aigu,

Adénopathies,

Hépatomégalie et splénomégalie modérées,

Leucocytose et mononucléose sanguine.

Ces symptômes cardinaux eux-mêmes sont susceptibles de grandes variations. L’angine peut ne pas exister, les adénopathies sont ou généralisées, ou localisées. La tuméfaction du foie et de la rate peut être minime et même manquer; une chose est constante: la mononucléose sanguine.

Il est certaines formes (Baldridge, Rohner et Hausmann)

"RAtAER

dans lesquelles manque la leucocytose, mais où la mononucléose relative se retrouve très marquée (50 à 55 °/,,).

Cette mononucléose est due à l'apparition dans le sang de cellules de la série blanche, comptées en général comme grands lymphocytes, formes de transition, cellules de Türck ou de Rieder.

Parmi les auteurs qui se sont occupés de la pathogénie de l’angine à monocytes, la majorité ont pensé avoir à faire à un affection purement lymphatique, compliquée d’un syndrome sanguin secondaire. Les dénominations variées proposées jusqu'ici en sont la meilleure preuve: fièvre ganglion naire (Pfeiffer), réaction lymphatique (Naegeli), Ilymphadé: nose bénigne (Mac Kinley, Downey), adénolymphoïdite aiguë benigne avec hyperleucocytose modérée et forte mononucléose (Paul Chevallier).

Les mêmes auteurs expliquent la réaction mononucléaire sanguine par l’altération du tissu lymphatique et considèrent les cellules blanches anormales du sang comme des Jymphocytes plus ou moins atypiques, voire même plus ou moins vieux.

De nombreux travaux récents ont mis en évidence dans une série d’affections variées et sans parenté étiologique avec celle qui nous occupe, une mononucléose parfois très intense, et dont l'explication pathogénique découle de l'étude toute nouvelle des réticulo-endothéliites. Nous reparlerons plus loin de ces travaux, au moment où nous traiterons de l’origine réticulo-endothéliale des monocytes.

Page 1