‹ De la Pathogénie de l'Angine à MonocytesChapitre 2 sur 11 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Un jeune homme de 26 ans, graveur, entre à la Clinique Médicale (Service du Professeur Roch), le 29.11.1928, présentant le tableau classique d’une grippe avec température de 39, courbatures, maux de tête. Cet état a débuté le 21.11.28, brusquement, alors qu'il se sentait en bonne santé les jours précédents. Jusqu'au jour de son entrée à l’'H6pital il traîne dans cet état, sans se soigner autrement qu’en prenant un peu d’aspirine, ne s’alitant même pas.

L'interrogatoire nous apprend fort peu de choses quant à ses antécédents ; ses parents et ses sept frères et sœurs sont en bonne santé. Lui:même n’a aucune histoire de maladie, il a cependant été réformé du service militaire pour défaut. de thorax et faiblesse de cœur.

Le malade est en bon état de nutrition, ne présente pas de dyspnée, ne tousse pas. À la partie inférieure du sternum, on note une déformation rachitique.

Au point de vue pulmonaire: submatité des sommets.

Au cœur: choc appuyé de la pointe, qui bat dans le Sme espace; bruits nets à tous les foyers. Pression sanguine 12:6 Vaquez.

La langue est chargée ; l'abdomen est Suple et indolore; le foie et la rate sont dans leurs limites normales.

Les urines ne présentent rien de pathologique. Le B. W.. est négatif.

Le malade est ventousé; il reçoit de la quinine et de l’aspirine.

La température baisse lentement jusqu’au 7.III.28, jour pendant lequel le malade reste apyrétique. Cependant, mal: gré une température vespérale de 3705, le pouls bat à 103.

L'hémoculture, pratiquée en pleine période fébrile, est négative.

TO

Une scopie ne montre rien de particulier au poumon.

Le 8.II1.28, reprise de la fièvre. Le malade se plaint de dysphagie et de mal de gorge intense. Les amygdales sont grosses et rouges, les ganglions cervicaux des deux côtés, le ganglion rétro-auriculaire gauche sont palpables et douloureux. Les frottis amygdaliens montrent une flore variée dans laquelle domine le staphylocoque. Pas de bacille de Læffler.

Le lendemain, le malade est aphone; il ne peut plus avaler sa salive, tant la dysphagie est marquée. Il a des transpirations profuses intenses ; l’état général semble très altéré ; température 3809, le soir.

Les Jours suivants, l’angine s'aggrave, devient nécrotique, avec fœtor ex ore très marqué. Les transpirations restent profuses et le pouls s'accélère. Au cœur on ne note que la tachycardie.

Un examen du sang du 12.I11.28 montre :

Globules rouges. : . . . . 4.016.000

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(Nous appelons etes 7e cellules que nous eu rons plus loin, et que l’on trouve dans beaucoup d’obser: vations sous le nom de grands lymphocytes.)

Dès lors, chaque examen du sang nous montrera une forte participation à la formule leucocytaire de ces éléments mononucléés caractéristiques. L’oxydase-réaction recherchée sur ces cellules est négative; au triacide, on n’y constate pas de granulations.

L'état général reste inchangé; localement, les amygdales se nettoient peu à peu, les foyers de nécrose se cicatrisent.

Nous décidons de faire une biopsie de la moelle osseuse du sternum. Les frottis de cette moelle microscopiquement normale quant à sa couleur et à sa consistance, nous montrent au May-:Grunwald:Giemsa: moelle hématopoiétique

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