‹ De la pathogénie des symptômes urémiquesChapitre 10 sur 27 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Théorie de Bencc Joues.

Comme on l'a vu plus haut, la théorie de Frerichs repose tout entière sur la transformation de l'urée en carbonate d'ammoniaque au sein de l'économie vivante. Henry Bence Jones a proposé pour l'explication des troubles urémiques, une autre théorie exclusivement chimique, dans laquelle il attribue à un excès d'acide oxalique dans le sang la cause de tous les phénomènes observés. Le professeur de l'école de médecine de Saint-Georges ffospital admet que

(i) Vircliow's Ârch., 1801, t. I, p. 262.

l'urée, retenue dans l'économie animale par un obstacle quelconque apporté à la sécrétion urinaire, se transforme en acide oxalique, et que c'est cet acide qui agit alors comme cause palhogénique.

MM. Woehler et Frerichs, dans un travail publié en 1848, avaient déjà essayé de prouver que l'acide urique se décompose dans l'économie en urée, allanloïne et en acide oxalique, comme sous l'influence des corps oxydants. Des expériences nouvelles instituées sur l'homme dans le but de vérifier cette assertion, sont venues confirmer la partie essentielle du travail des physiologistes allemands : le dédoublement de l'acide urique dans l'économie en urée et en acide oxalique (I).

Mais la théorie du praticien anglais, basée comme celle de Frerichs sur la transformation de l'urée au sein du système circulatoire, ne repose pas sur des bases plus solides que celle du professeur de Berlin. Il ne suffit pas en effet de s'appuyer sur la possibilité d'une transformation chimique au sein de l'économie, pour partir ensuite de cette possibilité comme d'un point de départ certain. Celle possibilité në fùl-elle contestée par personne, — ce qui est loin d'être le cas ici, — il faudrait encore démontrer que la transformation dont il s'agit s'opère en réalité; et en tout cas, dût-elle même s'opérer constamment, comme le croit Bence Jones, on ne serait pas encore autorisé à attribuer à la présence de l'acide oxalique la cause des troubles urémiques, alors que l'on sait très-bien que l'oxalurie est une affection différente de l'urémie. A coup sûr, la présence d'acide oxalique dans le sang peut compliquer encore les troubles observés ; mais elle est loin de les avoir produits.

Nous avons entrepris dans le but d'élucider cette question une série de recherches que nous ferons connaître plus loin ; elles ne nous permettent pas de nous rallier à la théorie proposée par Bence Jones.

Nous croyons du reste que le professeur de Londres ne soutient plus aujourd'hui la théorie qu'il avait émise. Car dans un travail inséré dans le Médical Times and Gazette du 50 décembre 1865, il examine au point de vue de la palhogénie les différentes théories de l'urémie et il penche à admettre comme étant celle qui répond le mieux aux faits la théorie, qui attribue la cause de tous les troubles à la rétention des matières extractives (2).

(1) Recherches sur les substances album inoïdes cl sur l'urée, par Dusart, Arch. de med., 1857, t. IX, p. 728.

(2) On gênerai and local ehemical disorders, arising from peroxydalion and on Ihc mechanical dérangements they producc. Part III, Lcct. VIII. in Med. Times and Gaz., 18GÎ>, II, p. 701.

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