‹ De la pathogénie des symptômes urémiquesChapitre 2 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'étude de la pathogénie de l'urémie nous occupe depuis longtemps déjà; la multiplicité des théories que l'on a proposées pour résoudre ce problème nous embarrassait beaucoup et nous avons tiré parti de toutes les occasions qui s'offraient à nous, pour tacher d'arriver à nous faire une idée exacte des causes qui président au développement de ce groupe de symptômes, connu sous le nom d'urémie.

Pendant le séjour que nous avons fait à Berlin, nous avons eu l'occasion de voir dans le service de M. Frerichs, à Yhôpital de la Charité, un cas de maladie de Bright, qui se termina par la mort, après que le patient eut offert l'ensemble des symptômes, vulgairement connus sous le nom de symptômes urêmiques. L'examen du S3ng fait par M. Schultze permit de constater la présence d'ammoniaque dans le sang de ce sujet. Nous avons eu l'occasion de voir faire à l'Institut de M. Virchow l'autopsie de sujets qui avaient succombé aux troubles urêmiques, sans que l'examen anatomique le plus minutieux permît de retrouver de lésions caractéristiques, que l'on fût en droit de considérer comme causes des désordres observés pendant la vie.

Nous avions déjà eu l'occasion de constater des résultats analogues dans quelques hôpitaux de Londres, notamment dans les salles de MM. Jenner et Burrows. Le riche service clinique de M. Oppolzer, à Vienne, nous a permis d'observer quelques cas d'urémie bien caractérisée ; mais ici encore, les autopsies, faites avec le plus grand soin, n'ont pas donné de résultats constants.

C'est dans cette dernière ville que nous avons commencé à rechercher parla physiologie expérimentale la cause des désordres dits urêmiques, et l'idée première de ces recherches nous fut donnée dans un cours privé de physiologie expérimentale que nous suivîmes en 1803 au laboratoire de physiologie de M. Ludwig, à celte époque professeur à l'Kcole de médecine

militaire, au Josefs Akadcmie, à Vienne. Nous avons pu continuer cette étude à Bruxelles, grâce à l'appui bienveillant que nous avons rencontré à l'Université libre et à l'École de médecine vétérinaire de L'État.

Le travail que nous publions aujourd'hui ne constitue que la première partie des recherches que nous avons entreprises pour l'élucidation de la pathogénie de l'urémie. Indépendamment des questions que nous y traitons, il en est encore beaucoup d'autres qui concernent le même sujet, et que le manque de temps ne nous a pas encore permis d'étudier suffisamment. Nous en ferons l'objet d'un second travail, dont nous demanderons surtout les éléments à l'étude clinique du sujet humain.

Le résultat auquel nous sommes arrivé jusqu'ici est un résultat négatif, en ce sens que nous n'avons pu que montrer l'insuffisance des théories proposées jusqu'à ce jour, sans pouvoir en substituer une autre à la place de celles que nous ne pouvions pas admettre. Mais tout négatif qu'il soit, il a peut-être une certaine importance en écartant, de nos recherches ultérieures des éléments qui auraient pu nous embarrasser dans nos appréciations.

Nous avons été puissamment secondé dans les recherches qui nous ont permis de rédiger ce travail par quelques personnes auxquelles nous sommes heureux de pouvoir témoigner ici notre reconnaissance. M. Thiernesse, professeur à l'Ecole de médecine vétérinaire de l'État, à Cureghem, a non-seulement daigné mettre à notre disposition les ressources de son laboratoire; il a poussé l'obligeance jusqu'à nous prêter dans la partie opératoire de notre travail un appui aussi bienveillant et aussi empressé qu'il nous a été utile.

Nous remercions d'autre part M. le professeur Francqui de l'empressement et du dévouement qu'il a mis à nous faciliter la poursuite du but que nous avions en vue; les renseignements qu'il a bien voulu nous fournir sur les procédés les plus convenables pour l'analyse du sang, nous ont permis de rédiger cette partie exclusivement chimique de notre travail, et en mettant son laboratoire de chimie à notre disposition, il nous a permis de mener à bonne fin les recherches analytiques spéciales, que comportait l'étude de notre sujet.

Nous remercions aussi M. le docteur Crocq d'avoir bien voulu nous autoriser à faire usage des éléments que fournit à l'étude de la pathogénie de l'urémie l'important service clinique qu'il dirige à l'hôpital Saint-Pierre.

Page 1