‹ De la pathogénie des symptômes urémiquesChapitre 3 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude de la palhogénie est entrée, depuis quelques années, dans une voie qui ne peut manquer de la conduire à de rapides et d'importants progrès. C'est au développement qu'ont acquis les travaux poursuivis dans les sciences accessoires, qu'est due l'impulsion que l'on constate aujourd'hui dans les travaux de médecine proprement dite. L'anatomic pathologique a été la première à apporter à l'examen clinique un contingent de faits, recueillis en ayant recours à tous les moyens d'investigation dont dispose la science moderne.

Il n'est peut-être pas de branche de la médecine qui ait réalisé, dans ces derniers temps, d'aussi grands progrès que l'anatomie pathologique. Presque exclusivement limité à l'Allemagne au début, ce mouvement n'a pas tardé à se communiquer aux autres pays; et malgré l'abandon officiel, que dans quelques contrées on a réservé à l'enseignement de cette branche dans les programmes universitaires, il n'est guère possible aujourd'hui de suivre le mouvement médical, sans se tenir au courant de l'étude de l'anatomie pathologique. L'importance des travaux produits dans celte partie est si grande, qu'un courant irrésistible entraine aujourd'hui certains esprits à donner à l'étude des organes morts une importance prépondérante dans les considérations de pathologie générale.

Mais à côté de l'anatomie pathologique s'est développée dans ces dernières

années une nouvelle méthode d'investigation, qui est réservée à nous rendre

de plus grands services peut-être que la première; nous voulons parler de

l'expérimentation physiologique, entreprise d-uis le but d'arriver à déterminer

exactement les conditions qui président au développement de la maladie.

Claude Bernard a donné à cette branche un développement inconnu jusqu'à lui ;

ses magnifiques travaux sont venus nous révéler tous les avantages que la mé-

decine est appelée à recueillir de celte nouvelle méthode de recherches. Son union avec l'analomie pathologique constitue, par l'importance des résultais auxquels elle conduit, le caractère le plus saillant de la médecine contemporaine ; elle servira à la caractériser et à assigner a notre époque une place importante dans l'histoire de la médecine.

Si les doctrines médicales font généralement défaut aujourd'hui, c'est qu'elles se sont effondrées sous les efforts de ce triple levier, que manie la science moderne : la clinique, l'analomie pathologique et la physiologie pathologique. Ce n'est pas le scepticisme destructeur qui nous a menés où nous en sommes aujourd'hui; c'est l'impuissance des théories admises. A l'époque que nous traversons, les convictions doctrinales faisant défaut, on s'occupe à réunir des matériaux qui puissent en inspirer de nouvelles. Les faits s'accumulent chaque jour plus nombreux, plus importants, mieux observés. Isolés les uns des autres, parce qu'il manque un lien qui vienne les réunir, ils transforment la science moderne en un vaste compendium, qui constitue un véritable dédale. C'est de cette espèce de chaos scientifique que surgira plus tard la doctrine, qui sera la résultante finale des efforts que le monde médical tente aujourd'hui.

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