‹ De la peine de mortChapitre 19 sur 163 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

commission chargée de dresser le projet d'un nouveau code de lois ) .

NOTE II

Quelques criminalistes anglais ne se sont pas cependant i-endus à Tévidence de ces principes. Résolus de tout confondre , d'envelopper toutes les offenses un peu graves dans une même proscription, il n'est pas de sophismes qu'ils n'aient accumulés pour essayer d'établir la justice et la nécessité de l'emploi illimité du supplice capital. On pourra juger de leurs efforts par le passage suivant , extrait de la philosophie morale ( mora/ philosophy) du docteur Paley, l'un des plus fcélèbres apologistes du système pénal actuel de l'Angleterre : » Les plus nuisibles des fautes et des injures commises sans l'aide de la violence, sont les différentes espèces de faux, la contrefaçon , l'altération de la monnaie et le vol des lettres ^ crimes d'autant plus pernicieux qu'ils tendent à priver le public de certaines nécessités qui , non-seulement perfectionnent les aisances de la vie sociale , mais sont encore essentielles à la prospérité et même à l'existence du commerce. On peut dire de ces crimes que, bien qu'ils semblent ne porter atteinte qu'à la propriété , leur opération funeste ne se borne cependant pas là. En effet, supposons que le relâchement ou la douceur des lois encourage,. dans certains états , la multipUcité de ces sortes d'offenses , jusqu'à priver de toute espèce de sécmîté l'usage du numéraire , la circulation des billets ou le transport public des lettres ; que résulterait-il de cette absence de garanties? Accablés sous le poids de ces maux, le commerce et findustrie ne devraient-ils pas nécessaii^ement décliner ? les [ sources de la'> subsistance des habitans ne devraient-elles pas se larir ? le pays lui-même , où les relations de la vie civile seraient devenues si dangereuses et si défectives , ne serait-il pas

bientôt déserté? Enfan, sans compter la détresse et la pauvreté que le manque d'ouvrage entraînerait chez la partie la plus industrieuse et la plus estimable de la communauté existante, ne verrait-on pas s'étendre partout une rapide dépopulation? La solitude et la stérilité ne s'appesantiraient- elles pas sur tout le sol? Une désolation semblable à celle qui règne dans plusieurs de ces contrées de l'Asie , qui furent jadis les lieux, les plus civilisés et les plus peuplés de la terre, ne pren» drait-elle pas la place des cités populeuses , des champs cultivés , ancien séjour d'une nation nombreuse et prospère? C'est pourquoi,lorsque nous envisageons les conséquences plus éloignées , mais non moins certaines de ces délits , nous nous apercevons que , bien qu'ils ne détruisent immédiatement aucune créature vivante , ils tendent cependant à diminuer la vie humaine; que Toffense, dont la conséquence immédiate n'est que de priver un individu d'une faible portion de sa pros- périté , et qui , même dans sa tendance générale , semble ne porter atteinte qu'à la jouissance de ceilaines conunodités publiques, peut néanmoins pas ses effets alternatifs, finir par occasionner la destruction complète du genre humain. Cette obsei*vation mettra à même ceux qui regardent la règle divine de vie pour vie et de sang pour sang ^ comme la seule mesure juste et autorisée du supplice capital , d'apercevoir , eu ^aid à la qualité et aux effets des actions, une plus grande ressemblance qu'ils ne le supposaient d'abord, entre certains crimey atroces et ces délits destructifs de la propriété. «

De tels argumens n'ont besoin ni de commentaire ni de ré* futation.

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