CHAPITRE IV
eor moralité , j'avoue qu'il n'est pas moins vrai que tous eurs membres n'ont pas également participe à Inaction )ien{aisante de ces causes de prospérité , que la plupart l'entre eux restent encore doués d'un degré différent de lensibilité morale et physique , résultat de la différence les tempéramens , des passions , de l'éducation el^^s cir- :onstances dans lesquelles ils se trouvent placés.
Tant que ces élémens de divergence subsisteront , il sera impossible d'établir pour tout un peuple, une mesure égale et fixe de doucetur et de sévérité dans les peines ; et, bien qu'on puisse les modifier , les réduire , les diriger même sous quelques rapports , on est encore loin de pouvoir espérer de les maîtriser jusqu'au point de leur impri* mer à tous une même et constante dii^ection* Aussi est-ce ici que les législateurs ont rencontré Técueil contre lequel ont échoué tous leurs efforts : mais s'ils devaient reculer devant l'impossibilité d'étudier laborieusement le tempérament , les passions , le caractère de chaque individu , ' d'examiner ce même individu sous tous les rapports , dans toutes les situations, dans toutes les circonstances possibles, d'établir en quelque sorte un tarif de chaque sensibilité, <!tde former d'après cette masse d'observations, un codfi pénal pour chaque particulier, devaient-ils dès-lors, par contre, se livrer aveuglement à l'impulsion de l'habitude et des préjugés ?
En effet , lorsque l'on compare la marche des siècles )vec l'emploi de certains modes de répression , on est étonné de voir presque toujours les mêmes peines sanc- Uonnées dans tous les degrés de civilisation et de liberté ; on est étonné de voir de nos jours prôner comme indis-
pensables les ressources, même les abus du i6"^® siècle. Que reprochent- on , surtout au système pénal actuel de l'Angleterre? N'est-ce pas d'être resté stationnaire au milieu du perfectionnement général des autres institutions , de conserver des cbâtimens devenus non-seulement inutiles , mais encore absurdes ou impraticables ?
Un moyen facile , auquel l'état actuel des lumières et des mœurs offre encore une nouvelle garantie de succès , se présente cependant bien naturellement à l'esprit da législateur : qu'il laisse là Fextréme de la perfection à laquelle il ne sera peut-être jamais accordé à l'homme de par* venir , qu'il oublie surtout et les anciens usages et les anciens préjugés : s'il ne peut étudier chaque individu en particulier , qu'il s'attache à l'étude des masses , des passions principales qui les agitent, des biens qu'elles recher» chent , des maux qu'elles repoussent ; qu'il réduise enfin autant que possible , chaque sentiment individuel i une même mesure : l'égalité de l'estime et des garanties ac* cordées aux différentes classes de la société , la juste répar* tition des richesses et des honneurs , l'uniformité de l'édacation , la propagation des connaissances utiles , raction presqu'universelle d'une morale bienfaisante, la prépondérance de certains sentimens nobles et généreux , l'opinion surtout si puissante , si souveraine de nos jours , sont désormais autant de fondemens certains sur lesquels il peut appuyer ses observations. Ainsi , dans l'amour de la pa* trie , il découvre la peine de l'exil ; dans le besoin de ÏBt liberté, il puise l'efficacité de l'emprisonnement , au milieu des progrès du luxe et des richesses , il aperçoit I» ressource des châtimens pécuniaires (4); Thonneur cC