CAUSES DE LA PELLAGRE
Toutes les fois qu’il s’agit de remonter à la cause d’une endémie, il faut étudier scrupuleusement la part d'action que peut exercer chacun de ces vrands modificateurs extérieurs dont linflüence sur l’état physiologique et pathologique de lhomme est si incontestable. Tels sont l’arr, le sol et tous les éléments qui constituent le chmat (cireumfusa) ; le régime alimentaire et le genre de vie tout entier (ingesta, applicata, gesta); enfin , les conditions morales elles-mêmes qui pèsent sur les masses et sur les individus (animi pathemata). Ce sont là, comme on le voit, les principaux agents dont se compose la matière de l'hygiène et dont l’ensemble forme, pour me servir d’une juste métaphore, le vaste réservoir des causes morbides. Telle était en effet la pensée de Boerhaave, lorsqu’à l'exemple des grands médecins de l'antiquité, il signalait les six choses non naturelles, comme les grandes sources de l’étiologie. C’est dans ces éléments que nous trouverons à la fois les causes prédisposantes les plus efficaces, les causes déterminantes et la cause efficiente de la pellagre.
Je terminerai ces recherches étiologiques en
( 1449) faisant connaître l'influence qu'exercent sur les ‘ . 0 e Q \ bar pellagreux les modifications intrinsèques de l’économie, qui constituent les différences individuelles principales, à savoir : 1° les âges, 2° les sexes, 3° les tempéraments, 4° l’hérédité. On prévoit d'avance que nous ne trouverons ici que
des causes prédisposantes ou adjuvantes d’un ordre secondaire.
$. 1. — Influence des Modificateurs atmosphériques. — Influence du sol, du climat. — Topographie comparée des pays où règne la pellagre.
L'air, ce grand véhicule des épidémies, devait être et a été accusé le premier de produire la pellagre. L’une des théories les plus étranges dans lesquelles ’atmosphère ait joué un rôle capital est celle que Thouvenel a développée dans son Traité du climat d'Italie. Cet auteur supposait que,
par suite de la multiplication prodigieuse des canaux d'irrigation dans la plaine lombarde, la surface des eaux fluviales s'était trouvée considérablement augmentée en même temps que leur écoulement était devenu de plus en plus lent et difficile : de là une masse de vapeurs couvrant la plaine. Il remarquait en même temps que l'air des régions alpines voisines de celle-ci était au contraire très-vif el très-cru ; et comme il croyait que la pellagre ne régnait que sur les confins des deux régions, il cherchait dans le mélange des deux atmosphères si différentes la cause première de la maladie ; il la trouvait dans la déphlo-
gislication de l'air de cetté région intermédiaire : cette cause, combinée avéc l'alimentation À peu près exclusive avec le maïs , lui paraissait être la cause prédisposante qui devait, suivant lui, agir souverainement pour produire la maladié ; oùtre les objections péremptoirés que l’on peut faire à toutes les théories qui font dériver directement la pellagre des agents atmosphériques, il suffit de remarquer combien Thouvenel se tfompait sur les limites géographiques de la pel- | lagre, pour montrer sur quelles bases débiles reposait sa théorie.
En général ; de tous les éléments à l’aide desquels l'air peut agir comme cause morbifique, on à accusé de préférence la chaleur ou la lunière solaire, et l’état hygrométrique.
Casal, préoccupé des phénomènes météorologiques tranchés qu’il observait dans les Asturies , inclinait à donuer un rôle important à l'humidité excessive, et M. Léon Marchand; décidé par des conditions entièréient opposées, qu'il observait dans les Landes, a trouvé dés ärguiments $pécieux en faveur de l’inflüénce de l'extrême séchéresse. 11 suffit de mettre en regard ces opinions pour faire pressentir leur peu dé fondement,
Les auteurs qui ont attribué tous les accidents pellagreux à la lumière solaire agissant avec intensité apres les froids de l'hiver ont pris pour point dé départ ce fait incontestable, que le retour du printemps provoque l'apparition de l’érythème péllägreux, que l'insolation laggrave, ét provo-
que où exaspère plusieurs phénotiiènes nerveux. Ils ont pris ainsi un fait äccessoire pour le fait capital, uné cause déterminante où adjuvante pour là cause efficiente. Jé me bornérai à rappéeler quelques-uns des ärguments fort simples quüe Ghérardini, Strambio et Facheris opposèrent à cetté manière de voir dont Albera fut le défenseur le plus exagéré : Si l’insolation était la cause dé la pellagre, toutes les popülations livrées aux travaux de la campagne y seraient également sujettes; plus l’action solaire serait intense} plus l'influence morbide $erait marquée. « Si’, renmiarquait Strambio, un pellagreux évite le soleil ; il échappe à la desquammation, mais non aux progres du mal. » Facheris disait : « Si la maladie dépendait seulement du soleil , éllé se montreräit plus fâcilenient et avec plus d'intensité lotsqué le soleil à lé plus de force; or, elle suit uñe règle contraire, puisqu'elle paraît Sürtoüt au prihtemps ét diminue l'été. Personne n’a jérhais pu répondre à ces objections.
& Outré le 6oleil, äjoutait Straiibio, il faüi qu'il y äit uh foyer morbide interne qui reñdé là peau süscéptiblé de s’altérer Sous l’influénce de linsolation. Autrement elle serait communé à tous les agriculteurs qui s’exposétit égaléteht au sôléil, et né Sérait pas particülièré à quelques päys ét à quelques individus. »
: # «Si quis pellagra morbo laborans; a sole omnino abstiñet, Gpsquepmaton m quidem eyitat, nou morbi progressum. Ergo
: KA Le 1 » 4,4 À Se | * ‘+ insolatio non est causa morbi. »
Il est certain, ainsi que l’observateur éminent qui, vient d'être nommé l'avait remarqué sur les pellagreux enfermés, à l'hôpital, que c’est plutôt le retour du printemps que les rayons du soleil qui détermine une exacerbation de la maladie.
Ilne faudrait pas nier cependant l'influence de la lumière solaire sur les éruptions cutanées des pellagreux; le siége seul de ces éruptions indique cette influence, et les expériences de Gherardini, répétées par d’autres médecins, en fournissent la preuve; ces expériences apprennent que l’on peut faire varier pour ainsi dire à volonté le siége de l’érythème, en exposant à linsolation telle ou telle partie du corps. Gherardini détermina un certain nombre de malades à exposer chacun une partie différente du tégument à l’action du soleil pendant plusieurs heures par jour, et il vit l’érythème se développer précisément sur .ces points. C'est qu’en effet dans la pellagre, qui est une maladie générale, le tégument tout entier est susceptible de s’affecter, et l'affection cutanée se développe indistinctement partout où l’insolation, simple cause déterminante, met en action cette disposition morbide. |
La lumière solaire peut encore produire d’autres effets chez les pellagreux. Strambio lui attribuait les vertiges et les pesanteurs de tête; et Gherardini affirmait lavoir vue produire la mort subite. Aussi le premier de ces auteurs déclarait-il « que le soleil, bien qu'il ne produisit pas la
« pellagre, était essentiellement ennemi des pel- « lagreux. » |
Je n’insisterai pas davantage sur l'influence des modificateurs atmosphériques, parce qu'il ne saurait convenir ni aux lecteurs, ni à l’auteur d’un ouvrage sérieux, de discuter pas à pas des théories dont la réfutation est devenue banale, de combattre des arguments universellement abandonnés par ceux qui ont étudié de prés la question qui nous occupe. Personne, que je sache, ne soutient aujourd’hui, en Italie, que la pellagre ait sa cause soit dans l’atmosphèere, soit dans la nature des eaux et des lieux ; tous les esprits sérieux la cherchent dans l'alimentation. Toutefois, comme en France, les études sur la ‘pellagre ont été faites jusqu'ici sur un champ assez restreint, et comme plusieurs médecins du Midi ont cru trouver la cause de la maladie dans les modificateurs que je viens de nommer, Je vais donner de leurs opinions la réfutation qui me paraît à la fois la plus directe et la meilleure; je vais opposer les tableaux de topographie médicale qu’ils ont tracés et qui ont servi de base à leurs conclusions, aux tableaux tracés par les observateurs des autres contrées où règne la pellagre. Les différences extrêmes, le désaccord souvent complet que présentent ces tableaux, prouyeront le peu de valeur de ces conclusions.
C’est en procédant ainsi, en comparant entre eux les divers districts où la maladie était constatée, que les médecins italiens arriverent d’as-
sez bonne heure à reconnaitre que si l'&r, les eaux, les lieux, peuvent, ainsi que je le pense, influencer la marche et les manifestations dé la pellagre, ils ne peuvent pas faire näître directemént la maladie. |
Déjà avant la fin du siècle dernier, les Îtaliens avaient reconnu que la pellagre s’observe indifféremment sur les terrains les plus différents par la composition géologique, par la nature des eaux, par l'exposition, par la configuration extérieure; Boerio et Moris avaient remarqué qu’en Piémont la maladie exerçait dés râvages également cruels, dans dés districts où la terre est aride et sablonneuse, où les sourcés et même les puits sont rares, et dans les contrées basses et arrosées !. |
Strambio avait fait les mêmes remarques pour la Lombardie : « Nous voyons, disait-il, la pellagre sévir avéc autant d'intensité dans Îles lieux élevés et dans lés régions basses ; au milieu des pays märécageux, comme dans les plus $ecs. Lés collines de la Briänza, où Pair est pur et rénouvélé par les vents, où là terre ést couverte dé vignes, où les eaux sont limpidés; les pentes du Seprid, également rémarquables par la salubrité de l'air, la fertilité du sol, l’excellénce des eaux, né sont pas moins infestées que la pléine nue ét presque sans arbres, où l’eau manqué, et qué la
* Ces faits, dit Moris, portent à penser.avec la plupart des auteurs que la nature du sol et de l'air, est de peu, ou même de
point d'influence sur la production de là pellagre. 76., p. 130.
( 155 ) plaine humide qu'arrose l'Ollonä, où l’on voit les arbres entassés et l'air chargé de vapeurs. »
Les mêmes observations ont été faites dans les États vénitiens, et je Citerai seulement quelques fragments d’une lettre écrite à Fanzago', én 1815, par le docteur Vincenzo Setté, médécin à Ehs: téllo di Piove; on y trouvéra du reste quelques détails d’une fabte valeur : | «J'ai parcouru, dit le dücteur Sette, dés ré- « gions maritimes, dés pays inarécagéux et des « pays élevés et sans eau , des landes sablontieuses « et des terrains argileux, des contrées pauvres et « dés contrées riches... Dans lés régions sablon- « heuses, la pellagré est très-fréquente ét plus « grave; il en est de même dans les pays élevés « ét sans eau, quoiqué non sablonneux. La pa- « roissé de Sat ABeéd? qui compte mille sept « cents habitants, offre plus de douze pellagreux: « presque tous ses habitants sont misérables ; ne « se nourrissent que de mauvaise polenta (brouet « avec du mäis), 4vec dés poiredüx, des oignons « et des salades. Le sol ést Sablonneux, lés eaux & sont rares. »
« Savonärä présente les méinés dispositions « topographiques ét économiqués, et cepéndant « li pellâgre, qui y était très-fréquente autrefois, « Y est räre aujourd’hui. » J'insiste Sur la remarque du docteur Sette, que cette difiinutiona coïncidé ävec l'introduction des pommes déterre, dont le
s V. Me. Sopra la Pell. Méni. 11; p. 92.
bienfait était dû au chevalier Vigo-d'Arzere, et avec les immenses travaux d'exploitation que ce noble Italien avait fait exécuter dans cette localité etqui avaient amélioré la condition des habitants. La pellagre, ajoute le docteur Sette, est plus « rare dans les pays argileux; elle y est aussi plus bénigne et ne passe guère au troisième période. » Ces localités, outre leur fertilité et la richesse plus grande de leurs habitants, avaient l'avantage d’être coupées par un grand nombre de canaux abondants en poissons et en grenouilles. C’est à ces derniers avantages et surtout à l’abondance du poisson que le docteur Sette attribue la rareté de la pellagre dans les contrées maritimes.
« Arzere, Vallonga, Codevigo, Corte, comp- « tu dit-il, un grand nombre d’indigents; le « scorbut y est endémique, et cependant on n'y « trouve que très-peu de pellagreux, et en ad- « mettant comme bien établi ce principe, que « la continuation, pendant un certain temps, « d’une alimentation privée de gluten animal « prépare l'explosion de Ja ballast; on voit fa- «cilement pourquoi Saint-Angelo possède beau- « coup de pellagreux, Savonara très-peu; pour- « quoi ils sont rares à Arzère, Codevigo, Vallonga, « bien que les habitants vivent dans les étables « et la malpropreté! »
Les chapitres suivants feront sentir l'importance de ces remarques.
Aujourd’hui que la pellagre est reconnue dans
(157) di l'Italie centrale, il serait facile de multiplier les citations pour montrer à travers quelle diversité de milieux et de circonstances extérieures cette maladie peut se développer. Mais nous trouverons des preuves encore plus décisives en cherchant hors de l'Italie. I] suffira d’opposer la description topographique des Asturies, que Casal nous à laissée, à la description du bassin d’Arcachore et des Landes de la Gironde, tracée par M. Hameau et par M. Léon Marchand. Là, nous trouverons des régions montueuses soumises aux vicissitudes atmosphériques les plus tranchées, et surtout subjuguées par une humidité excessive, dissolvante, qui pénètre tous les êtres orgauisés, et leur imprime des caractères particuliers que Casal a dessinés à la manière hippocratique ; ici, au contraire, nous trouvons des plaines seches et nues, du sable et du soleil; presque point d’eau, une nature desséchée, une végétation rabougrie. | Si maintenant à côté de ces deux tableaux, qui offrent un contraste parfait, l’on place la description de cette partie des départements dela Haute-Garonne et de l'Aude où la pellagre paraît à peu près aussi fréquente que dans les Landes, nous apercevrons des nuances nouvelles et non moins remarquables , des régions salubres et bien ventilées , la plaine la plus fertile du Midi.
Cette triple étude topographique offre trop d'importance pour que je puisse me borner à ces quelques traits : non-seulement elle vient contfir-
mer. ies observations des Italiens, mais encore elle dispense d'entreprendre la réfutation des opinions de M. Léon Marchand et de quelques médecins qui ont cru trouver l'explication des phénomènes pellagreux dans les conditions topogr aphiques des lieux où chacun d’eux a observé. Toutefois, en raison même de V étendue que j'ai donnée à ces tableaux instructifs, j jen'ai point cru devoir les placer dans ce chapitre.
On les trouvera à la fin de cet ouvi age, comme autant de pièces justificatives ts RE toute l'attention du lecteur. |
$ 11. Influence de l'habitation, du génreé de vie, ête. Influences moralés.
Les faits rapportés dans le paragraphe ie précède et dans les pièces justificatives qui s’y rattachent prouvent avec évidence que le climat et chacun des éléments dont il se compose ne peuvent jouer qu'un rôle secondaire et indirect dans la production de la pellagre. Mais il suffit également de jeter un coup d'œil sur les tableaux dont je parle, pour être convaincu du peu d'importance de plusieurs autres catégories d’influences qui. ont été considérées, soit isolément, soit simultanément, comme produisant la pellagre; je parle, 1° de l’habitation et de la malpropreté ; 2° de l'excès des fatiques pendant la belle saïson alternant avec l'oisiveté de l'hiver ; 3° des passions
tristes, des chagrins ME de la misère et de l’ asservissement des cullivateurs.
k° On a prétendu que la malpropreté excessive des paysans italiens de la dernière classe et l’habitation dans les étables, surtout pendant les longs hivers des régions subalpines, suffisaient pour expliquer la production de la pellagre. Ces conditions sont en effet de nature à altérer la santé ; mais la preuve qu’elles ne produisent pas la sr lagre, c'est que dans tout le nord de l’Europe, en Pologne, et même dans quelques contrées de la France, telles que la haute Auvergne, les montaones du Velay, du Gévaudan et du Rouergue, où je puis affirmer que la pellagre n'existait pas, ces conditions existent pour les pauvres cultivateurs qui vivent côte à côle avec leur bétail, dans des maisons où ils n'ont souvent que la terre humide pour plancher, qui l'hiver sont ensevelies dans la neige, et entourées l'été d'énormes monceaux de fumier et de mares d'eaux fétides qui coulent des .étables et des maisons. Il y a donc quelque chose de plus en Lombardie et dans les pays sujets à la pellagre pour produire cette maladie.
2° Les auteurs qui s'obstinent à ne voir dans la pellagre qu’un mal de misère accusent avec la malpropreté la vie tour à tour fatigante et oisive, le passage brusque de l'atmosphère malsaine des fermes à l'air vif des champs. À ces vicissitudes de la vie physique, ils ajoutent les tourments moraux, dont l’existence des paysans est semée, lourments qui ont leur source dans l’organisation de la pro-
( 460 ) priété en Lombardie, dans le système de fermage et la cruauté des propriétaires du sol. Mais ces raisons soutiennent-elles le plus léger examen? Estce que la pellagre n’est pas reconnue dans les pays où la propriété est différemment organisée, où ni le joug de l'étranger ni le joug du maitre ne pèsent d’un poids aussi lourd sur le pauvre cultivateur? Et d’un autre côté, est-ce que le teuancier d'Irlande et le serf russe, qui n’ont probablement pas la pellagre, sont mieux traités par les lois sociales que le paysan du Milanais? La misère el son triste cortége de peines physiques et morales n’épargne le cultivateur pauvre d’aucun pays, pas même des pays constitutionnels ; il est incontestable cependant que la pellagre se montre dans certaines provinces et ne se montre point dans d’autres; il faut donc admettre que la misère intervient dans la production de la pellagre comme elle intervient dans la plupart des maladies populaires : elle favorise son développement, elle lui prépare le terrain, mais il faut qu'une cause qui n’accompagne la misère que dans certains pays en fournisse le germe. Il me reste à chercher cette cause dans lPalimentation.
$ IL. Influence du régime alimentaire.
C’est dans le régime alimentaire que presque tous les auteurs ont été inévitablement conduits à chercher la cause de la pellagre. Ils ont successivément examiné tout ce qui composait ce
régime, et successivement ils ont, accusé chaque aliment et chaque boisson; ainsi Jacopo Penada, après avoir reconnu que les qualités de l'air sont à peu près saus influence, accusait le manque de vin et l'usage des viandes salées. Mais les descriptions déjà citées, et quelques passages que je citerai plus loin, prouvent que les malheureux que la pellagre affecte n’usent que très-rarement de viande salée; l’on sait aussi que les paysans lombards en usent, d’une manière générale, beaucoup moins que plusieurs populations montagnardes de la France, parmi lesquelles j’ai moimême inutilement cherché des pellagreux.
Storni croyait avoir remarqué qu’il n’y avait pas de pellagreux là où l’on buvait de gros vin, et il accusait les petits vins frelatés. Mais la pellagre a été observée chez un très-grand nombre d'individus qui ne buvaient pas de vin; et c'est même là une des conditions les plus communes parmi les pellagreux de France et d’Espagne. |
Scudelanzoni attribuait surtout la maladie à l'eau insalubre et souvent infecte employée en boisson et dans la préparation des aliments; mais la pellagre existe dans beaucoup de lieux où les eaux sont salubres et limpides, et il est certain qu’elle n'existe pas dans une infinité de lieux où les eaux sont détestables.
D’autres ont accusé l’abus du sel marin, V'abus du laitage, l'abus des crudités, la pâte du pain de seigle devenue aigre, la farine de mullet
ai
( 162) et dé blé sarrazin, le riz; éte., té, chaculi préñant dans quelques obseïvations particulières lé poitit dé départ d’une conclusion générale que l’autorité des faits CHR PAIFES venait aussitôt faire oübliér. | Aitisi, depuis plus d’un demi-siècle, les méz decins italiens, confirmés dé plus en plus dans l'idée que la pélla re avait Sa source dans l’aliientation, l’ont tour à tôur attribuée à chaque aliment, à chaque bôisson, jé dirai presque à chaque condiment, et successivement ils ont vu chacuné dé leurs théories disparaitre toujours devant ce fait, qué la pellagre sé montrait souvent là où manquait la cause indiquée par la théorie, et que souvéiit là où la Cause existait, la *. pellagre ne se ontrait pas:
‘Au milieu de ces opinions chängeatites, il en est urié qui, par l’opiniätreté Hériée avec laquélle elle s’est produite depuis lé terips des premiers übservateurs, semblerait déja avoir plus de racine dans la réalité; je parle de celle qui consiste à attribuer la pellagre au maïs: Nous l’avons vue apparaître en 1708 dans le Tracté du élimat d’Itané où l’on reconnait aisément var) Thouvenél n'en était pas le premier auteur , Mais qu'il l’acceptait pour deux motifs : d’ äbofd: parce que le
1 Déjà Zanetti avait dit qu ft allait chercher la cause de la ellagre dans les aliments des paysans lombards, à à savoir, dans le grand usage des. shens ou antrés mets préparés avec le seigle, le melga où melgone (blé turc), le millet, ou assaisonnés avec Phuile de noix. (ibid)