PES
’, £. 3 LP ET pee APTE CEE RES RPC ET ERERETEE #3 APRES ; fa td. eu (ha
; LATILIN L'aE
VARIE TS 22, | : M L (NPA 3 SUR | EE AL UN Er: AA ! | de à S 9 4 J re et Lt :
mais Cohstituait l'aliment principal des pellagreux; ét en Second lieu, parce qu'iltrouvait une conformité frappante entre l’époque où la culture de cette céréale s'était étendue dans l'Italie sépténtrionale et celle où la pellagre avait comencé à s'y présenter. | |
Cés deux faits bien frappants en effet n’ont pas cessé de revenir depuis àla pensée des médétins qui, au lieu de faire de la pellagre une étude spéculative, l’observaient dans les villages, sur les lieux mémés où elle naît et se produit. Titius, l’un des premiers, insista de nouveau sur lé blé de Turquié, sans lui donner toutefois une action prépondérante; mais bientôt des praticiens l’accusèrent de toute part, ét Fanzago luimême finit par attacher une grande importance à cette opinion; il pensait que si le maïs produisait seul la pellagré, on trouverait sans doute partout des pellagreux, même dans les villés où le bas peuple mangé souvent de la polenta; toutefois, il reconnaissait que dans les villes on l’associe toujours à d’autres aliments noürrissants, ce qui n’a pas lieu à la campagne; que les viscères digestifs doivent être d'autant plus facilement altérés chez lés campagnards qui se nourrissent exclusivement de polenta, qu’ils ne joignent à cette nourriture qu’un peu de mauvais vin et des eaux mauvaises; qu’il arrive très-souvent que le maïs ne parvient pas à maturité parfaite dans l'Italie septentrionale, et qu’alors il donne une nourriture tout à fait malfaisante. En
résumé, Fanzago regardait le maïs comme étant en général plutôt insuffisant qu'insalubre, mais comme jouant cependant un grand rôle dans la production de la maladie.
Bientôt aprés d’autres médecins soutinrent d’une manière plus décidée une accusation formelle contre le blé turcs et Guerreschi' donna à la pellagre le nomide raphania maiztica. Le docteur Sette produisit à l'appui de cette opinion des observations médicales et des documents ? historiques d’une remarquable précision.
Mais l’auteur qui donna le plus d'importance à l'opinion dont je m'occupe, par la persistance intrépide avec laquelle il la soutint pendant toute sa vie, est le docteur Marzari, qui observa assidüment les pellagreux pendant plus de vingt ans dans les villages du territoire de Trévise.. Je vais emprunter à son Essai médico-politique, publié en 1810, la triste peinture du genre de vie, et en particulier du régime alimentaire de la classe dans laquelle seulement il rencontrait les pellagreux.
« L'apparition de la maladie, d'éait Hntens, est précédée de Fusage continuel, ininterrompu de la nourriture végétale pendant la longue saison d'hiver. Cette nourriture se compose de blé de Turquie presque tout entière, cinquantain (ein-
* Guerresthi, Osservazioni sulla pellagra fatte in Colorno, etc. (Inserite nel Giorn. di Parma.)
2 Vorr entre autres un document cité par le docteur Sette.
( 165 ) quantino) ‘, presque jamais mür, quelquefois moisi, transformé chez nous * en polenta, et dans d’autres départements, en pain toujours mal cuit, et presque sans sel pour l’assaisonner. À cet aliment toujours le même, qui forme au moins les dix-neuf vingtièmes de la nourriture totale des paysans pendant tout l'hiver et une partie du printemps lui-même, on ajoute à peine des légumes cuits à l’eau, des choux, quelquefois du petit-lait, des recuites, du fromage frais, presque jamais des œufs, parce qu’ils coûtent trop cher; mais à la place, des laitues et de la chicorée, qui croissent spontanément. Durant les longs hivers des contrées subalpines, le cultivateur qui s’occupe à sa maison, qui ne va pas au marché ni à l'auberge pour ses affaires ou pour sa débauche, comme cela arrive à quelques-uns, ne connait pas d’aliment de nature animale, ni de pain de froment; ou s’il en use, c'est eh quantité tellement petite, que l’on peut absolument la négliger. Il réserve son peu de salaison pour l'été, saison des grands travaux de la campagne; il en mange tout au plus aux jours de fête; s’il mange du poisson salé (et il n’en mange que pendant le carême, dont il est observateur scrupuleux), il en prend une quantité si minime, que sa ration est tout au plus d’une once par jour. Le citadin et le carmélite qui mangent, l’un quel-
1 Variété précoce qui se sème tard et mürit difficilement, % Dans les environs de Trévise.
quefois, l’autre constamment du poisson et des aliments maigres, et qui n’ont jamais la pellagre comme le cultivateur, en prennent des rations vingt fois plus considérables que ce. dernier, quelquefois plus considérables encore, ettoujours sans accidents. |
«A cette nourriture qui est commune à tout le peuple pellagreux du royaume, et qui est bien plus maigre que celle que conseillait Pythagore à d’autres peuples et dans d’autres climats, il joint pour sa boisson, en hiver très-souvent l’eau seule, parce qu'il n’a pas de vin; mais comme cette boisson est désagréable, il n’en prend qu'en petite quantité et lorsqu'il y est contraint par la soif; quelques-uns peuvent substituer à l’eau pendant quelques mois une teinture yineuse tres-légère, souvent acide où moisie, et connue ici sous le nom d’aquariola; d’autres, n’ayant point de ce mélange, préfèrent quelquefois à l’eau un vin aigre et fortement travaillé... Il faut observer. en outre que, durant cette longue et froide saison pendant Jaquelle les cultivateurs usent d’un régime si exclusivement végétal'et si débilitant, ils mènent une vie désœuyrée et généralement pleine de tristesse, couchés pendant plusieurs heures du jour et pendant les longues nuits dans les étables des animaux qui ne leur ‘apr partiennent. point, pensant à leurs dettes et à.ce que deviennent les produits de leur industrie, gémissant par conséquent et sur les nécessités de chaque jour et sur l'impossibilité où ils sont d’y
faire face, et particulièrement sur les dé et sur les maux de tous genres qui les inquiètent, les menacent, les oppriment. J'ai plusieurs fois observé que si un'yillageois passait rapidement d'un état aisé à un état misérable, comme cela arrive si souvent par suite d’une tempête, d’une sécheresse ou de tout autre malheur, la pellagre ne manquait pas de porter le comble à ses maux et de mettre un terme à ses tristes jours. On voit donc que deux choses précèdent constamment l'apparition de la pellagre : la première est l’usage continuel.du blé ture (maïs) ou du, régime uniquement végétal; la deuxième est l’oisivelé de l'haver que j'ai décrite, et qui appartient seulement à ce temps pendant lequel se forme ou se fortifie ce germe de la maladie quela lumière ou la chaleur, du PANIERS suivant vient régulièrement développer :.
Après & avoir examiné les aliments et les boissons; Marzari conclut que c'est la nourriture exclusivement végétale, prise pendant tout l'hiver et le printemps, qui engendre la pellagre; que l'insolation en provoque le développement, et que la misère, qui condamne les malheureux paysansà C ce régime funeste, est la cause première de tous ces maux.
Il prouve que ce régime, exclusivement végétal, est fourni presque tout entier par le maïs, tantôt sous forme de polenta, comme dans les
ed f Ÿ
SM ER 20 à 23.
provinces vénitiennes, tantôt sous forme de pain, comme en Lombardie.
Malgré la force des arguments de Marzari, ses idées trouverent des contradicteurs, et furent vivement combattues, particulièrement par les docteurs Ruggieri, Aglietti et Bellotti. On objecta que la pellagre avait été observée par Strambio lui-même chez quelques individus vivant bien, et chez des ivrognes qui ne faisaient pas du maïs leur aliment principal; que la pellagre ne se trouvait pas parmi des populations qui faisaient un grandusage de cette céréale. On citait l’exemple de la Grèce, où Holland avait cherché inutilement la pellagre, celui de plusieurs autres contrées méridionales, et l'exemple même de la France. | Il était difficile, pour ne pas dire impossible, même aux plus convaincus, de répondre à ces objections. Néanmoins, tandis que la plupart des opinions que j'ai précédemment énumérées ne trouvaient que de faibles défenseurs, 'on a toujours rencontré depuis Marzari un grand nombre de médecins fermement persuadés que la cause du mal résidait dans le maïs. Cette opinion s’est produiteencoreaudernier congrésscientifique de Milan, soutenue par le docteur Balardini', auquel,
t Les premières feuilles de.ce livre étaient déjà sous presse, lorsque j’ai eu communication de la première partie du Mémoire de M. Balardini, publié dans lene d'avril 1845 des Annaliuniversali de Milan , le dernier qui soit encore arrivé à Paris au moment où J'écris (3 Juin 1845). Je suis heureux de pouvoir
du reste, des objections semblables à celles qu’on avait faites à Marzari ont encore été opposées. Les Italiens ont paru ainsi condamnés à tourner perpétuellement dans le même cercle de controverse, sans pouvoir donner une seule démonstration rigoureuse d’un fait en faveur duquel se réunissait pourtant un nombre vraiment imposant d’observations et d'arguments sérieux. C’est qu’en effet ce qui leur a manqué toujours, c'est la connaissance exacte du domaine de Îa pellagre. Ce qui a frappé pour ainsi dire d’incapacité les meilleurs esprits, c’est la persuasion que la pellagre était une maladie exclusivement italienne; et je crois ne pas m'abuser en affirmant que ce travail est le premier qui embrasse le sujet, sinon dans tout son ensemble, au moins dans un assez grand nombre de ses parties, pour qu’il soit possible de répondre à ces objections.
Lorsque j'ai quitté l'Italie, je partageais l’incer- titude qui dominait la plupart des esprits au delà des Alpes; et j'étais encore sous ces influences en 1842, lorsque je rencontrai une pellagreuse dans une salle de l'hôpital Saint-Louis : l’observation que je recueillis en porte la preuve. Je notai que la malade appartenait à une famille
rendre justice à ce travail et de pouvoir y puiser plusieurs argumenis nouveaux qui viennent confirmer encore les idées que je défends. Les journaux n’ont rendu qu’un compte très-incomplet du travail de M. Balardini ; je m’efforcerai de le présenter sous son véritable jour et de montrer qu’il répond victorieuse ment aux objections spécieuses qui lui ont été adressées au con-
grès de Milan,
pauyre, qu'elle avait passé la plus grande par: tie de sa vie dans le département de Seine-et- Marne, qu'elle se nourrissait mal; mais observant sans idée capable de me diriger, je ne recueillis pas de renseignements plus précis sur son mode d'alimentation. L'année suivante, lorsque j'eus connaissance des observations faites dans les Landes, l'importance du blé de Turquie grandit tout à coup à mes yeux; mes soupçons augmentérent lorsque j’appris dans le livre de Casal que les pellagreux asturiens ne se nourrissaient presque que de maïs; mais insensiblement les études auxquelles je me suis livré pendant trois ans ont transformé mes soupçons en certitude, et enfin celte certitude est devenue inébranlable lorsque j'ai vu tous les faits nouveaux, toutes les obser-
vations faites par les médecins du midi de la
Sn crie .