LE
Ù Agricoltura gr general da Fan Valencia; 1768- 1786.
2 Lettere sull agricoltura, arti e commercio. LelL. XY, vol, XIV (éd. de Venise).
5 S'ulle malattie del dipartamento del Serio. ss gamo, 1804. # Ibid.
5 Voici un passage du Mémoire du docteur Sette, qui nous a déjà
des États de Venise, prouvent que ce n’est que vers 1700 que le maïs commence à figurer parmi les produits agricoles et à donner un revenu. Mais à dater de cette époque, on voit la culture du maïs prendre un rapide essor’; elle fut encouragée par les gouvernements et surtout par celui de Venise; ce qui à favorisé le plus ses progrès, tant dans l'Italie que dans d’autres pays moins propres peut-être à sa culture, c’est l’appât du gain, la perspective de récoltes mcomparablement plus abondantes que celles des céréales précédemment cultivées. C'est ainsi que dans la première moitié du dix-huitième siècle on vit la plaine lombarde et le territoire de la Vénétie se couvrir de champs de maïs. Dès 1710, le grain d'Amérique figure * déjà en quantité notable parmi les denrées qui se vendaient au marché de Broletto à Milan, d'après les registres où sont contenus les prix des grains. Le même fait se produisit successivement dans les autres villes; ce n’est toutefois qu'en 1774 qu'on voit la vente du maïs notée pour la première fois dans les registres publics de’ la ville de Brescia. Enfin j'ajouterai que l'opinion des historiens
fourni de si précieux renseignements : « Dans les archives d’un ancien monastère des provinces vénitiennes, premier foyer où Ja maladie ait été découverte, j'ai pu m’assurer que le blé de Turquie ou grand froment (formentone) ne commence à figurer parmi les revenus annuels que vers le commencement du dix-septième siècle; mais en si petite quantité, qu’en 1688 le monastère de Correzzola, province de Padoue, avait récolté seize cent quatre-vingt-deux muids de froment, deux cent dix-sept de millet, deux cent cinq de sarrasin, deux cent douze d'orge et sept cent quatre-vingt-huit de blé de Turquie; tandis qu'à la fin du dix-huitième siècle on avait abandonné l'orge, le sarrasin, le millet, réduit la quantité de froment, et celle du blé ture était arrivée à plus de quatre mille muids. La prédominance de ce grain sur tous les autres doit être fixée vers le milieu du siècle passé, époque à laquelle la pellagre à commencé précisément à être observée. » (Mém. cité).
1 Zannon, 1. cit.
2 Balardini (Mém, cit., d’après Nardi.
(355 ) et du grave Muratori en particulier, est conforme aux faits que j'expose, et les médecins mêmes qui n'ont pas cru à l'influence du maïs sur la pellagre n’ont pas osé contester l'exactitude de ces faits.
« C'est en vain, dit J. Frank', que l’on objecterait que l'usage du maïs fut introduit dans l'Italie septentrionale longtemps avant l'apparition de la maladie, ear il est bien démontré que l'usage de cette céréale n’est devenu général dans ce pays que depuis un temps peu considérable. »
Si l'on rapproche maintenant chacun de ces faits des faits qui révèlent l’origine et les progrès de là pellagre dans Pltalie septentrionale, on s’assurera qu'il est impossible de trouver entré deux séries de faits étroitement connexes un parallélisme plus parfait.
En France, le maïs était connu des agronomes français dès le règne de Henri IT, ainsi qu'on en a la preuve dans la Maison rustique de Charles Étienne et de Jean Liébault. On le trouve également mentionné par Olivier de Serres, comme cultivé dans quelques cantons de PEst, + à la fin du seizième siècle; mais il est certain qu'à cette époque, et même dans le cours du siècle suivant, la culture du maïs prit peu de développement, et voici les raisons qu’en donné Parmentier : «Il ne faut pas se le dissimuler, dit-il, la culture du maïs avait pour ennemis, dans le siècle précédent, les seigneurs décimateurs, ainsi que leurs fermiers, parce que ce grain était exempt de la dîime; d’un autre côté, sa vigoureuse végétation fit croire à ceux qui n’en savaient pas davantage qu'elle nuisait sensiblement à la récolte qui lui succédait ; on accusa même Îa poussière ducharbon de maïs se répandant dans le champ sur
1 Path. méd., t. IT.
lequel on semait du froment d’occasionner du blé noir.» Parmentier s’attribue même le mérite d'avoir détruit ces assertions par les expériences, et d’avoir achevé de dissiper les nuages qui existaient encore par rapport au maïs.
Le même auteur parle encore de la surprise extrême des Parisiens, lorsqu'ils virent la plante américaine en plein champ sur le sol de la plaine de Grenelle et au Gros- Caillou, et qu'ils acquirent la preuve que ce grain pouvait, dans leurs environs, arriver à maturité,
Ce n'est que dans le cours du dix-huitième siècle que le mais a pris de l'importance parmi les cultures du Midi de la France. Le Béarn seul paraît faire exception; c’est du moins ce que l'on a voulu conclure de la phrase suivante du rapport fait en 1698, par Guyet, intendant de la généralité de Pau, et d’après les ordres de M. le duc de Bourgogne : « On n'y sème, dit Guyet, que peu de seigle et encore moins de froment ; mais on y recueille quantité de millet, qui est une sorte de blé venu des Indes, dont le peuple se nourrit. Lés Mémoires des mtendants pour les autres généralités ne font aucune mention du maïs. Il n’en est pas question dans le célèbre poëme de Vanière sur l'économie rurale, le Prædium rusticum, ni dans le poëme des Mois, de Boucher; or, le jésuite de Béziers, comme le poëte de Montpellier, n'auraient pas ianqué, s'ils l'avaient connue, de parler d'une plante qui pouvait leur fournir de si brillantes images.
Ce fut seulement pendant la seconde moitié du siècle dernier que les habitants de la plaine du Lauraguais, que Picot de la Peyrouse appelle ie véritable pays du maïs, remplacèrent définitivement par cette graminée la culture du pastel, et que le maïs devint imsensiblement l'aliment
‘ Le maïs apprécié sous tous ses rapports, in-8o, Paris, 1812, p. 21. |
principal du peuple. Dans le département de l'Aude on ne connaissait encore que le mais roux, en 1760, suivant le baron Trouvé, et la culture de cette céréale n’était pas très-répandue ; elle se substitua peu à peu à celle du millet dans tous les départements pyrénéens, et son importance s'accrut d'année en année, à mesure qu'on aperçut les immenses avantages économiques qu'elle pouvait offrir. il faut même reconnaître que l'on exagéra d'autant plus ces avantages que l'on connaissait moins les conditions nécessaires à la prospérité de cette céréale. Les questions mises au concours par plusieurs académies proyinciales, les Mémoires adressés à ces concours, et les écrits de la plupart des agronomes témoignent de cet enthousiasme, qui à fini par se renfermer dans de plus justes limites, et tous ces documents témoignent aussi combien les Français étaient encore novices dans cette partie de l'art agronomique.
On ne saurait nier, au reste, que l'introduction du maïs n'ait exercé une salutaire, influence sur l’agriculture de plusieurs provinces. On en trouve la preuve dans le célèbre oyage® d'Arthur Young, pendant les années, 1787, 88, 89 et 90 : « Depuis Calais jusqu'à Cressensac dans le Querey, dit-il, on ne quitte jamais les jachères ; mais on n'est pas plutôt dans le climat du maïs, qu’elles disparaissent, excepté dans les plus pauvres terrains. Cela est très-curieux. La ligne de démarcation du maïs peut être regardée comme la division entre la bonne agriculture du Midi et la mauvaise agriculture du Nord du royaume... Peut-être est-ce la plante la plus avantageuse que l'on
1 Voy. Mém. de la Société royale et centrale d'agriculture, 1814, p. 85.
9 T. IL, p. 383 et sui.
puisse introduire dans un pays, quand le climat y est propre, etc. »
La culture du maïs s’étendit aussi rapidement dans l’est de la France : on la vit prospérer bientôt dans les Vosges, le Jura, et dans toute la Bourgogne; elle progressa plus lentement dans le centre, où il paraît cependant qu’elle avait déjà rendu quelques services pour la confection des soupes économiques après la disette de 1709. Elle était encore à peu près inconnue, en 1712, dans l’Orléanais et les provinces voisines, ainsi que nous en avons la preuve dans les Observations d'Angran de Rueneuve : GI y a, dit-il, une espèce de grain fort utile, qu’on appelle maïs, ou blé d'Inde, ou blé de Turquie. Je suis surpris de ce qu'on cultive si peu de maïs en ce pays, étant d’un si grand profit qu'il est, et n’exigeant pas plus de travaux que les autres grains. »
Mais vers la fin du siècle dernier l'essor du maïs vers le Nord a été considérable : en 1790, Arthur Young traça? sur la carte de France une ligne oblique à l'équateur, inclinée au méridien de 60 degrés environ, au nord de laquelle cet illustre savant croyait que le maïs ne pouvait pas müûrir. Cette ligne, partant de l'embouchure de la Garonne, traverse les plaines du Berry, du Nivernais, de la Champagne, de la Lorraine, et se termine au Rhin près de Landau. Ainsi à l’ouest cette céréale ne dépasserait pas le 45° degré de latitude nord , tandis que dans nos provinces de l’est elle se rapprocherait du 49° degré. Mais ces limites ont été dépassées. Le maïs à franchi la Garonne et la Loire. On à vu les agriculteurs des rives de la Dordogne et de la Charente , ceux de l'Indre et de la
1 Observ. sur l'agriculture et le jardinage, 2 v., Paris, 1712. 2? J'oyage en France, etc. Paris, 1794.
( 597 ) Sarthe, ceux du Maine et de la Haute-Vienne, s'attacher à en faire un produit régulier de leur sol.
L'émulation gagna les habitants de nos provinces septentrionales, et l’on vit le maïs monter jusqu'à Bruxelles, où François de Neufchâteau assurait que les variétés précoces réussissaient très-bien. Déjà avant cette époque des expériences nombreuses de culture avaient été faites aux environs de Paris. Outre la plaine de Grenelle, où Parmentier avait fait des essais, les coteaux de Montreuil, de Charonne, de Champigny, les environs de Pantin, etc., eurent des champs de maïs; Saint-Genis étudia pendant cinq années consécutives les résultats de cette culture, et remarqua que toutes les expositions des environs de Paris ne lui étaient pas également propres, et que s’il mürissait sur beaucoup de points, il n’acquérait pas la dessiccation nécessaire , en sorte que souvent il était surpris par les gelées prématurées de l'automne et pourrissait sur pied. Depuis cette époque le maïs n’a jamais disparu des environs de Paris. Le département de Seine-et-Oise en cultivait plus de 102 hectares en 1838, et en consommait 1,795 hectolitres ‘. Le département de la Seine lui-même en possédait 15 hectares.
On se souvient qu’en 1829, la Société d’Horticulture de France chercha de nouveau à favoriser le développement de la culture du maïs dans le centre du royaume , et les instructions qu'elle répandit eurent pour résultat de faire couvrir de cette graminée plus de 20 hectares de terre: aux environs de Paris en 1829. Louis-Philippe lui-même, alors duc d'Orléans, fut un des premiers à donner l’exemple dans sa terre de Neuilly, et c'est à lui que la Société donna la médaille d’or pour ce progrès.
1 Statistique agricole de la France, publiée par M. Gouin, ministre du commerce et de l’agriculture.
fl &st impürtänt de Conétater ces faits, Parcé qu'ils 8X= pliquent la possibilité dé quelques cas dé pellagré parmi k population rurale des environs de Paris. Il faut remarquer que les deux pellagreux observés à à l'hôpital Saint— Louis; dans le Service de M. Gibert, avaient vécu depuis plusieurs années dafis les villiges dé la banlieue; il est vraisemblablé qu'üne consommation annuelle de 4,793 héctolitres de maïs, récolté dans dés conditions favorables à l’altération de ce grain, n’a pas eu lieu pendant un certäin nômbfé d'äñnées $äns donner lieu à qüélqués accidents; mdis le chiffré de cétte con$ümmation prouve äussi qué l’on ñe doit pas $’atténdre à trouver la pellaëre endémique dans lés environs de Paris : à Supposér que les conditiofis restent ce qu'elles 6nt étè, peut-être rencontréra-t-oh par intervalle quélque pellagreux, mais où peut prédire que ces faits seront trés-rdres, et l'expérience de ces derfièrés Années en fournit la preuve. Depuis 1848, malgré l'éveil donné par Moi l'Année précédente, aucun exemple de péllagre n'ä été rencontré.
En anälÿSant cé coùrt historique de là culture du mais én Fränce, et lé coinparänt à ce qué nous savons dé l'histoire de la pellagre dans le royauine, lé frouvé-t-08 päs là mére corfélation éXacté, je dirai 1 ihéthe infaillible, nonseulement entre les épüques où là ééréale américaine ést dévéiiue l'alithént Hopüulaire et céllés où là pellagre S ’est développée, filais aussi entre lä dudntité de maïs qui se éorisomme dans un pays et le degré de développement dé là inaladie et le nümbre de sés victimes? |
Mais le büt principal de ces recherches n’est pas séulemént de trouver l explication des faits connus : je voudrais aussi les faire servit à diriger l'attention dés Médecins ét à les aider à rechercher la maladie dans les départements où il est probable qu’elle-est en voié de dévéloppement .
( 559 ) et où elle n’a pas encore été signalée. Pour atteindré ce but, je dois donner ici une statistique exacte de la culture et de la consommation du maïs en France.
Dans la Statistique générale et élémentaire de la France, publiée en 1803 et 1805, on voit le maïs placé après le sarrasin parmi les productions végétales de notré 6ol ; et les seuls départements pour lesquels la culture du Maïs soit indiquée comme importante, Sont ceux :
De Lot-et-Garonne (Agen).
De la Haute-Garonne (Toulouse).
De l'Isère (Grenoble).
De la Dordogne (Périgueux).
De la Charente (Angoulême).
Mais cette statistique est très-mcomplète , ainsi que François de Neufchâteau l’a démontré. Ainsi, à cette époque., on ensemençait annuellement près de 20,000 hectares de maïs dans le département de l'Ain (Bourg).
On cultivait en outre cette céréale dans les départements :
De l'Ariège (Foix).
Du Gard (Nimes).
De l'Aude (Carcassonne).
De l'Hérault (Montpellier).
De la Corrèze (Tulle).
De la Côrsé (Ajaccio).
Du Gers (Auch).
De Tarn-êt-Garonne (Montauban).
De là Gironde (Bordeaux).
Des Landes {Mont-de-Marsan ).
Dés Hautes-Pyrénées (Pau).
Des Basses-Pyrénées (Tarbes).
Dés Pyrérées-Orientales (Perpignan).
Du Tarn (AbY).
( 360 ) Du Jura (Lons-le-Saulnier).
Du Bas-Rhin (Strasbourg).
Du Haut-Rhin (Colmar).
De la Haute-Saône (Vesoul).
De la Côte-D'Or (Dijon).
Du Doubs (Besançon).
De la Drôme (Valence).
De l'Indre (Châteauroux).
D'Indre-et-Loire (Tours).
De la Moselle (Metz).
Du Rhône (Lyon).
De la Sarthe (Le Mans).
De la Haute-Vienne (Limoges).
li est vrai que dans plusieurs de ces départements la culturé du maïs était très-peu importante , mais depuis quarante ans elle a fait des progrès, et les tableaux suivants, que j'emprunte à la Statistique agricole de la France dressée par ordre du ministre du commerce et de l’agriculture, fera connaître avec exactitude, pour l'année 1838, le nombre d'hectares ensemencés de maïs et le nombre d’hectolitres de ce grain consommés dans chaque département.
Dans le groupe de départements quiforment la région du midi occidental de la France, on trouveles chiffres suivants:
ÉTENDUE DES CULTURES. CONSOMMATION. Hectares. Hectolitres.
Département de la Vendée... ... 3,916,75| 41,440 La Charente-Inférieure. .... es. 21,654,00 |. 74,306 La Gironde. ...... ECM NV EU IT 17,948,83 | 137,207 Létdiandés.s Re MR 72,082,87!| 724,766 Les Basses-Pyrénées........... 71,2358,00 | 1410,166 Les'Deux-Sèvres.........:... 1,8923,46! 19,191 LR ONE PER GOURE MS 942,00 5,224 L'ÉnRR ue muil e MORNM " 3,00! 38 La Charente.....tuumw#tl.4t 24,892,41 | 196,986
La Haute-Vienne... .. PE ce 1,302,00 8,899
Ét'ORRM AT S e -a E DUR LADA TURN RE LÉO OT SURF APRES EE
Le Tarn-et-Garonne.......... LE Léug i4180 PERS AMENER Les Hautes-Pyrénées. ......,..
La Haute-Garonne............ “ Driboe, LORS. nn. n