DANS LA RÉGION DU NORD ORIENTAL
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Je livré ces tableaux à l'attention des médecins, et ne ferai qu'uñe rediarque : lé département de l'Allier, dans lequel M. le docteur Brugière de la Mothe croit avoir obsèrvé ul cas dé péllagré en 1844, compte, où du: moins côptait en 1838, parmi les départements qui.ne cultivent pes le fiüis. Ori féniserd sañis doute que cette observation, pübliéé trop Succinctément et n’offrant pas de renseignenélits Suffisänts pouf étré incontestable, ne saurait, à elle seule, infiriñer tous les faits sur lesquels repose l’étiologie dé jà pelligre. L'arrondissemiènt de Montluçon n'est pas éloigné de divers lieux dans lesquels on cultive et on con: sétime du mais: il aurait doné fallu connaitre avant tout 186 particularités dé l'existence de cêtie prétendue pellaéréuse. On verra, du reste; si des exemples de pellagre se réprodiisent dans ce pays, et si cela à lieu; je crois qu'on ef trouvera l'explication daris le régime alimentaire; si, au éonträiré, de nouveaux cas dé pellagre ne sont pas reñéontrés par les médecins; l’on devra garder les plus grands doutes sur l'observation de M. Brugière de Baïtiothé:
Aù féSte, il ÿY à d’autres manières de se rendre compte d'un CAs de imaladié sporadique plus ou moins semblable à [4 péllägré; dans des pays où l’on ne Cultive pas de maïs: j'äi fait Voir que la pellagré n'était pas un fait isolé; sans précédénts, satis analogies éh pathologie ; j'ai dit que l’er= gotisne Convulsif; où plutôt là convuléion téréalé, que l'&-
crodymie appartenaient au même groupe nosologique! et offraient plusieurs des traits de la pellagre. Tout le monde comprend que ces traits, communs à plusieurs maladies encore mal connues, doivent nécessairement jeter de l’incertitude dans la pratique et causer des erreurs de diagnostic, qu'une étude plus exacte de la pellagre et de ses causes feront disparaître. Il faudra donc, pendant quelque temps au moins, n’accueillir qu'avec défiance les observations de pellagre venant de pays où cette maladie n'est pas endémique.
Les questions que j'ai essayé de soulever en traitant de la prophylactique de la pellagre exigent que j'entre dans quelques détails pratiques sur la culture du maïs en France, et sur son emploi comme substance alimentaire.
Le maïs est évidemment une plante qui se naturalise péniblement sur une grande partie de notre sol. Sa ma-— turité et surtout sa dessiccation est souvent compromise, même dans nos départements méridionaux, comme dans une partie de l'Espagne et de l'Italie ; il résiste assez bien aux pluies et à la sécheresse, mais il résiste peu au froid et surtout aux gelées, aux pluies froides, à la grêle et aux brouillards de nos printemps. Les contrées d'Europe dans lesquelles il prospère le mieux sont la Sicile, quelques provinces du royaume de Naples, telles que la terre de Labour où il trouve un sol formé de tuf et de terre volcaniques ; il en est de même de la Grèce et des provinces méridionales de l'Espagne. M. Bonafous avoue qu'à mesure que de ces pays on monte vers le nord, sa vie devient de plus en plus précaire. Toutefois, cet agronome pense qu'il peut mürir là où le raisin et les fruits du mûrier et du châtaignier mürissent; mais cette assertion ne paraît pas rigoureusement vraie, et il semble que la maturation parfaite du maïs n'est pas assurée dans beaucoup de
pays où le raisin et la mûre viennent constamment à parfaite maturité ; nous savons à n’en pas douter, grâce aux recherches de M. Fuster, que la vigne n’atteint pas aujourd'hui la limite de culture qu’elle atteignait autrefois; on sait que le Cavaldos avait d'assez bons vignobles, et que la vigne montait jusqu'aux Flandres. Or, le maïs ne pourra jamais mûrir aussi haut. Ces provinces ont renoncé à la vigne, parce qu’à mesure que l’agriculture s’est perfectionnée et que les développements du commerce ont multiplié et rendu plusfaciles les voies d'échange, chaque pays a compris l’avantage de remplacer une culture d’un produit irrégulier et de faible qualité, par des cultures mieux accommodées à la nature du sol et du climat. Des considérations de même nature tendent à réprimer l'élan du maïs vers le nord, et à restreindre son développement même dans des pays vignobles. Les résultats des récoltes du maïs dans les départements de la Seine et de Seine-et-Oise avaient déjà conduit Saint-Genis à reconnaître que le plus grand nombre des terres de ces contrées étaient peu convenables au maïs, et Parmentier lui-même, un peu revenu de son engouement, déclarait que ceux qui avaient avancé que la culture de cette céréale était praticable dans les départements où la vigne prospère, s'étaient trompés : «car, dit- «il!, le maïs ne mürit point dans les départements de « la Marne et de la Haute-Marne, où le raisin obtient ce- « pendant assez constamment une maturité complète.» On voit d’après cela que dans nos départements du Nord, de l'Ouest et du centre, le maïs devrait être surtout utilisé comme fourrage ?, et qu'il serait au moins nécessaire
‘ Ouvr. cité, p. 5 et 6.
2 On peut citer l’exemple de la Bretagne, où le maïs n’a pas encore mûri complétement, en sorte qu’au lieu d’une céréale, on n’a obtenu qu’une plante fourragère; mais aujourd’hui on ne l'y cultive plus que
d'appliquer les procédés usités en Bourgogne pour la dessiccation et la conservation de celui qu'on voudrait destiner à l’usage de l'homme,
J'ai dre parlé de RAR qui Y aurait à étudier de vue ede la. se eat du grain. IL est reconnu Pr effet que ces variétés ne diffèrent pas seulement entre elles par la couleur, la forme, le volume du grain, mais aussi par l’époque de la maturité, et c'est surtont à cause de cette dernière circonstance qu'il ne serait pas sans intérêt de favoriser la propagation de telle variété plutôt que de telle autre dans des pays où la maturation de ce grain est irès-souvent compromise.
Les Italiens cultivent beaucoup le maïs d'août ou maïs d'été à grains jaunes, qui mürit généralement en août ; en Piémont, où cette qualité porte le nom de melia ostenga ou agostana , on cultive aussi la variété qui, s'appelle melia invernengha, et qui ne se récolte que dans l’arrièresaison. On cultive également. des variétés précoces, le maïs quarantain et cinquantain, qui sont au maïs ce que le blé de mars est au blé d'hiver; le cinquantain est surtout commun en Lombardie ; l'on en trouve aussi dans le département du Rhône, et l’on a yu que c’est surtout à cette variété que Marzari parait attribuer la pellagre.
Le maïs nain où maïs à poulet (zea maïs minima) est, suivant M. Bonafous, plus précieux peut-être pour notre pays, parce qu'il est assez précoce pour mûrir sous une température moins chaude que celle qui est nécessaire
dans ce dernier but, On le sème en mai et en août ou en septembre ; il donne une forte coupe pour la nourriture des bestianx. N'est-ce pas là un exemple que les cultivateurs de quelques provinces pourraient suivre avec avantage? (Vay. Wém. de la Société royale d'agriculture, ann. 1832.:
( 367 ) aux autres variétés ; elle s'accommode en outre d'un terrain médiocre ; mais elle doit avoir les inconvénients de toutes les variétés précoces.
Quant an maïs des Landes, dont M, Bonafous sp? une variété secondaire, il a besoin de 4 mois au moins pour arriver à maturité. Enfin nous pouvons citer encore la variété connue sous le nom de maïs de Grèce, qui passe pour résister mieux que les autres à la sécheresse.
On ne saurait douter que les éloges prodigués au maïs pendant un demi-siècle, et surtout la perspective d’obtenir des récoltes d’une abondance incomparablement supérieure à celles que donnent les céréales indigènes, n'aient provoqué ces efforts des cultivateurs pour s'approprier une nouvelle source de richesse ; si nous voyons aujourd'hui le maïs implanté dans les montagnes de la Suisse, sur les terres graveleuses de l'Alsace , dans le Palatinat, sur le sol siliceux du pays de Bade, dans les plaines de l'Angieterre et de la Hollande, c'est que nulle part on n'a pu résister au désir d'obtenir annuellement une récolte représentant au moins 80 à 100 fois la semence, au lieu de recueillir des grains qui ne la représentent jamais que 5 à 6 foisau plus *. On sait que dans les contrées chaudes et humides de l'Amérique; en Égypte, où il donne 2 récoltes, suivant M. Delille; à Haïti et. dans quelques provinces américaines, où il en donne jusqu'à 3, suivant M. de Humboldt, on regarde comme médiocre la récolte qui ne rend que 130 à 450 fois la semence; d'après M: Aug. de
‘Il esi rare, même dans des pays très-favorisés, que les produits des céréales communes soient plus avantageux au point de vue (les bénétices nets. Nous savons par Columelle (Dé Re rustica, |. Ill), que dans l’ancienne Italie le rapport du blé était à peine de quatre fois la semence : aujourd’hui Ja production moyenne est à peu près de 6 pour un dans le même pays, suivant M. Bonafous (ouvr. cité, p, 51,
Saint-Hilaire, le taux le plus commun est de 200 pour 1, et dans les régions les plus stériles on obtient encore 60 à 80 grains pour 1 de semence. Or, quoique les produits soient beaucoup moins abondants en Europe, ils peuvent cependant s'élever à 180 pour 1, suivant M. Bonafous. Dans le bassin de la Garonne, que cet agronome regarde comme l'une des parties de la France les plus propres à cette culture à cause de la facilité des irrigations, le maïs ne donne en général que 40 à 85 pour 1. Les produits des autres céréales sont infiniment moindres.
Il faut donc se pénétrer de cette vérité, qu'à mesure que l’on avancera vers le Nord, non-seulement les produits du maïs seront moins assurés, plus inférieurs en qualité, mais qu’ils seront de moins en moins abondants; ainsi les avantages économiques de cette graminée, cultivée comme céréale, cessent à une certaine limite qu'il est sage de ne pas franchir. M. Bonafous lui-même , auquel on ne saurait reprocher une opinion défavorable à l’extension de la culture dont il s’agit, n’a pas pu nier qu'un grand nombre d'essais avaient été faits inconsidérément.
1 Voir la Statistique des départ., par Peuchet etChanlaire. Voici le tableau comparatif du rapport des diverses céréales dans la Haute- Garonne : |
5 112 Toulouse. EN 6 Villefranche.
BLÉ. 5 Muret.
3 Saint-Gaudens.
RAPPORT 6 112 Toulouse et Muret.
SEIGLE. 6 Villefranche.
ARR RENQLTE . 3 Saint-Gaudens.
à 6 Toulouse, Villefranche et Muret,
AVOINE. À 4 Saint-Gaudens.