LA SEMENCE
75 Toulouse.
85 Villefranche.
60 Muret.
40 Saint-Gauders.
{ MaAÏs. |
« Si, dit-il, ces tentatives ont prouvé qu'il est souvent possible à l’homme de vaincre les obstacles que lui oppose la nature, elles prouvent qu'il est rarement avantageux de le tenter. » | 44
Je dirai peu de choses des maladies du maïs. Cest un sujet à reprendre tout entier. Au commencement de ce siècle on ne connaissait encore d'autre maladie que le charbon, dont Tillet avait donné une description dans les Mémoires de l’Académie royale des ‘sciences, en 1760. Imhoff soutint plus tard, à Strasbourg, sur ce sujet, une thèse dans laquelle il chercha à démontrer que la poussière renfermée dans les espèces de tumeurs qui constituent le charbon du maïs, est sans effet sur l’économie animale: Il avala de cette poussière le matin à jeun, il en prit par le nez en guise de tabac, sans éprouver aucun effet. Il conelut qu'il en était de cette poussière comme de celle de la carie du blé, qui n’est-pas nuisible aux animaux.
Depuis cette époque on a étudié le charbon au point de vue de l'histoire naturelle , et De Candolle en a fait un champignon qu'il à nommé wredo maïdis. Les Italiens connaissent bien cette affection , qu'ils désignent sous le nom de goître du maïs (gozz0 del formentone).
Dans le Roussillon on connaît depuis longtemps: deux maladies du maïs, qui sont l'éfiolement et le rachitisme. La tige du maïs étiolé est mince , eflilée, ne fructifie point, ou produit des épis chétifs. Celle du maïs rachitique se noue, se courbe, et ne fournit point de grains.
Parmentier, qui ne connaissait pas d’autres maladies que les précédentes, prétendait néanmoins que le maïs pouvait éprouver d’autres accidents donnant lieu à des états particuliers du grain. « J'ai rencontré, disait-il, des tiges qui avaient une apparence saine, et les grains gâtés dans l'épi. J'ai vu des pieds très-vigoureux, ayant des points de
moisissure sur toute la surface et leurs épis corrompus. Souvent il y a des tiges très-belles auxquelles if ne pa+ raît pas qu'il soit arrivé d'accidents, et qui sont cependant infécondes : on les nomme à cause de cela chapons. »
J'ai parlé dans la troisième partie dé eet ouvrage de lergot du maïs (selerotium zeinum), décrit par M. Roulin, et désigné par les Colombiens sous le nom de pelladero. Ce produit morbide n’a pas encore été signalé en Europe. On à cependant reconnu dans nos provinces un sclerotium maïdis observé par M. Guépin, mais qui est différent de celui de la Colombie. On remarque sur les tiges, dans les années pluvieuses surtout, des expansions jaunâtres qui seraient, d’ de un M. Bonafous , le Fes aurantiacum.
On sent combien il serait intéressant pour l'étiologie de la pellagre, que cette pathologie végétale, dont on voit l'état peu avancé, füt convenablement éclairée.
La culture du maïs m'offrirait encore plusieurs considérations qui pourraient n’être pas sans utilité , mais qui m'écarteraient un peu de l’objet que je me suis proposé; aussi me bornerai-je, pour terminer celte notice, à faire connaître les procédés usités en Bourgogne pour la préparation du maïs et son usage alimentaire,
Voici, d’après Parmentier, le pracédé suivi pour sécher le maïs au four, On distribue les épis destinés à la fournée dans des corbeilles, puis on chauffe le four jusqu’au blanc parfait, c'est-à-dire un peu plus que pour la cuisson du gros pain. Le four une fois chauffé, on le nettoie, on y jette les épis, que l’on étend avee un fourgon de fer recourhé ; on ferme le four aussitôt. Une heure après on le débouche , et au moyen de la pelle de fer, on a soin de remuer le fond du four, de soulever les épis, de renverser ceux qui posent sur l'âtre.