‹ De la pellagre, de son origine, de ses progrès, de son existence en France, de ses causes et de son traitement curatif et préservatifChapitre 7 sur 44 · CAR D · texte numérisé non relu

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pa Après Allioni, zuniva, sur “rt intel De Rolandis et plusieurs autres la signalèrent dans presque toutes les parties du Piémont; Guerreschi, Bellotti et Tommasini ? la découvrirent dans le duché de Parme; Tozzini, Targetti et bientôt après Chiarugi * la virent envahir la Toscane, et particulièrement les environs de Pistoja et le Mugello; on la trouva dans le Bolonais, où banni la décrivit un des premiers. Enfin, comme je le dirai plus loin, plusieurs cas de pellagre ont été signalés dans le royaume de Naples, au delà de PAdriatique et jusque dans la Grèce, où Holland ne l'avait pas trouvée pendant son voyage.

Mais je ne suivrai pas dayantage l’histoire de la pellagre au delà des Alpes. A dater du moment où je viens de m'arrêter, tout le monde reconnut Ja maladie et presque tous les auteurs s’'accordèrent sur ses caractères, sa gravité, sa marche envahissante : les débats ne se partérent plus que sur sa hatur eelson étiologie; C ‘est pourquoi les travaux des médecins contemporains

: Sulla De del Trentino (Giornale per servire alla storia ragionata della medicina. 'F. X, 1795, p. 131).

2 Dissertatio de Pellagra. Sindébentel 1822.

# Relazione sulla Pellagra (Gazz. di Parma, 1814). 3 Saggio di ricerche sulla Pellagra. Firenze, 1814.

ÿ Memorie della Societa medico-chir urgica di Bologna (vol. IT, fascicolo X.).

seront plus utilement mentionnés dans la suite de cet ouvrage. ie

Tandis que le nord de l'Espagne et l'Italie presque entière devenaient la proie d’un fléau d’une nouvelle espèce, rien ne troublait la parfaite sécurité dont jouissait la France. Personne n’y songeait au zxal de la rosa, et bien peu de médecins s’arrêtaient à parcourir le petit nombre

‘ Les détails qui suivent feront juger de l’état de notre littérature médicale relativement à la grave question dont je m'’occnpe en ce moment : |

Depuis Thiéry et Sauvages, personne en France ne s’était occupé de la pellagre espagnole ; toutefois un médecin francas, retiré en Italie, Thouvenel, dans un hvre publié au delà des Alpes en 1798, avait le premier signalé la ris analogie du mal de la rosa et de la pellagre italienne, et donné à cet égard l'éveil aux médecins italiens, qui ne tardèrent point en effet à reconnaître l’exactitude du rapprochement. Gerri traduisit la notice entière de Tluéry dans le premier volume de son Traité de la Pellagre, et depuis lors on a souvent nommé le mal de Ia rosa à côté de la pellagre, sans que personne ait fait jaillie une véritable lumière de ce rapprochement,

Thouvencel, dont le nom est plus connu parmi les Italiens que dans son propre pays, est le premier Français qui ait parlé de la pellagre italienne d’après des observations personnelles. Dans le troisième volume de son Traitédu Climat d'Italie, on tronve un article sur la pellagre que Fhouvenel considère comme une maladie dont l’origine ne remonte pas au delà du dix-huitième siècle, Après l’avoir rapprochée du mal de Ja rosa, il va plus lom et signale ses rapports avec « une maladie chronique particulièrement reconnue depuis péu pour endémique dans la Sologne, province, dit-il, très-sujette aux brouillards des eaux stagnantes et à l’usage du blé ergoté provenant de cette cause, » On voit que Thouvenel indique les épidémies d’ergotisme. : |

Après Thouvenel, Levacher de la Feutrie communiqua en Jan X (1802), à la Société médicale d’émulation , dont il était secrétaire , un travail étendu sur. la pellagre, que l’auteur avait observée lui-même en Lombardie en 1787, Dans ce travail, püblié en 1806, on reconnaît beaucoup moins le produit d’une obsergation personnelle , qu’un tableau des opinions alors’ exis-

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de travaux que notre littérature médicale possédait sur la pellagre, lorsqu’en 1829, un modeste praticien de la Teste-de-Buch vint lire devant la Société royale de Bordeaux une note commencant par ces mots : « Une maladie de la peau, que je crois peu connue et qui est des plus graves, menace d'attaquer la population du pays que j'habite. Je veux seulement en exposer les principaux symptômes pour savoir si elle aurait été observée par quelque autre médecin, et, par ce moyen, me mettre mieux à même de porter des secours efficaces à ceux qui ont le malheur d’en être atteints. » Cette maladie, que M. Ha-

tantes et que l’auteur juge du point de vue de la médecine so lidiste et sous l’influence d’un enthousiasme marqué pour l'anatomie pathologique, qui trouvait et qui trouve encore si peu son compte dans les nécropsies des pellagreux. On doit cependant à Levacher une critique parfois judicieuse des exagérations et des subtilités auxquelles plusieurs Italiens s'étaient abandonnés ; mais l’on regrette, en arrivant aux conclusions, qu’après avonr raisonné assez juste sur les opinions des autres, notre compatriote arrive lui-même à des opinions qui ne sauraient soutenir l'examen.

Plusieurs des nombreux médecins français qui passèrent les Alpes à la suite des armées impériales, virent des pellagreux en Italie ; aucun n’étudia la pellagre d’une manière suivie ; il paraît aussi que quelques soldats français contractèrent la maladie. L'un d'eux, Breton d’origine, fut observé à l'Hôtel-Dieu de Paris, par M. Husson, et ensuite à l'hôpital Saint-Louis, par Alibert. Biett, pendant un voyage en Italie, observa aussi des pellagreux en passant; mais toutes ces observations rapides ou isolées ne fournirent matière qu'à quelques notes insérées dans des Traités de dermatologie, on à des articles de Dictionnaire. Toutefois, parmi ces articles, 1l'est juste de distinguer celui que M: Jourdan a inséré dans le grand Dictionnaire des Sciences médicales, et surtout les articles de M. Rayer, qui sont remplis de judicieuses remarques, que j'ai mises à profit dans ce travail.

(18) mean observait depuis 1818 parmi les misérables habitants du bassin d'Arcachon, à laquelle il n'osait pas donner un nom, était celle que Casal et Thiéry avaient décrite sous le nom de mal de la rosa, celle dont Pujati, Odoardi et quelques autres avaient fait une sorte de scorbut endémique ; celle enfin qui, sous le nom de pe/lagre, occupait depuis un demi- siecle les médecins lombards. J’ajouterai que déjà sans doute à l’époque où M. Hameau la rencontrait, cette maladie régnait, sans être reconnue, dans pli Maïs Fr moment n était pas di où ‘4 rapprochement de toutes les observations éparses permettrait d'écrire l'histoire de la pellagre, et ferait jaillir une lumière suffisante pour éclairer sur son origine et sur ses causes.

I y avait déjà plus d'un an que M, Hameau avait jeté le premier cri d'alarme, et €’élait encore avec étonnement, je dirai presque avec dédain , que dans nos principaux centres scientifiques on entendait prononcer le nom de pellagre. En novembre 1830, un médecin

ui revenait d'Italie, M. Brière de Boismont, lut al’ Académie des sciences ses recherches sur celte maladie ; et quelque temps après nous le voyons se plaindre, avec une aigreur peut-être légitime, de l'espèce de surprise avec laquelle il avait été écouté. « Beaucoup de gens, dit-il, croient que tout est dans Paris; et, lorsque j'ai publié mon Mémoire sur la pellagre, «Qu'est-ce que cette ma-

(49) « ladie? disait-on : mous n’en avons jamais en- «tendu parler,» Et cependant, c'était à peine à deux cents lieues de Paris que des milliers d’indiyidus étaient atteints de cette terrible affection. » - Qu'aurait dit M. Brière de Boismont, s’il eût été instruit lui-même qu’au moment où il reprochait leur indifférence aux médecins français, la pellagre dévastait #2cogntito, et depuis longues années, plusieurs départements de la France ?

Les médecins de Bordeaux”, et particulièrementMM.Gintracet Bonnet, reconnurent bientôt l'identité de la pellagre italienne et de la r2aladie dela Teste. Celle-ci fut rencontrée non-seulement dans le bassin d'Arcachon, mais dans les villages du nord de la Gironde et dans les environs de Bazas. L'administration finit par s'émouvoir .ellemême, et M. Léon Marchand, médecin des épidémies du département, eut mission d'étudier la ma- Jadie. Cependant ces faits, malgréleur importance, demeuraient toujours inapercus, et personne à Paris ne songeait plus à la pellagre, lorsqu’à la

4 De la Pellagre et de la folie pellagreuse, Paris, Germer- Baillière, 1834. Broch. in-8.

2 M. Dupuch-Lepointe, à la suite de la première communication de M. Hameau, invita, au nom de la Société royale, les médecins qui feraient des observations semblables à les adresser à cette Société ; il ajoutait : « Cette description offrant plusieurs

hénomènes semblables à ceux que les médecins italiens ont pu- Éliés sur la pellagre, n’y aurait-il pas quelque analogie entre ces deux maladies? » On resta ainsi pendant ph années dans l'incertitude. (Voir sur ce sujet les t. TetIldu Bullet. de l' Acad. roy. de Médecine, où les Notices de MM. Hameau, Lalesque, Arthaud, sont analysées.)

(20 ) tin d'avril 1842, au retour d’un voyage en Italie, je vins remplir les fonctions d’interne dans le service de M. le docteur Gibert, à l'hôpital Saint- Louis. Un mois après, entrait dans ce service une malade dont l'aspect éveilla dans mon esprit le souvenir des pellagreux que j'avais observés au delà des Alpes; mais l'opinion dans laquelle j'étais alors que la pellagre n’existait qu’en ltalie, écarta quelque temps la pensée que j’avais une pellagreuse sous les yeux. Cependant l'histoire des antécédents m’ébranlait malgré moi, el me forçait de céder à l'évidence , lorsque tout à coup le mal prit une marche qui rendit le doute impossible, et permit en peu de jours d’avoir une observation trop complète du premier cas de pellagre observé dans le centre de la France. J’ai publié ! cette observation, qui devait trouver et qui trouva des incrédules. Je gardais l’espoir que si l'attention des praticiens était suffisamment éveillée par ce fait, de nouveaux cas ne tarderaient pas à être signalés. Mon attente ne fut point trompée : dans le courant du printemps suivant, deux pellagreux © se présentèrent à l’hôpital Saint-Louis, où MM. Gibert et Devergie reconnurent et consiatérent la maladie. L'un” suc-

‘ Revue médicale, n° de juillet 1842.

2 Je ne cite pas un troisième mal:de qui se présenta seule ment à Ja consultation, parce que ce cas n’a pu être observé d'assez près. |

3 Voir l'observation dont M. Gibert a bien voulu me confier la publication dans la Revue médicale, n° de juillet 1843.

(A) comba dans le courant -de l'été, et l’autre, plus légèrement affecté, sortit à peu près rétabli en apparence.

En ce moment, mieux igstruit par une étude attentive, je signalai dans une note adressée à l’Académie des sciences (17 juillet 1843), l’identité des maladies de l'Italie septentrionale, des Asturies et des landes de Gascogne. Ce rapprochement n’avait rien de nouveau, mais il avait êté fait jusque-là sans que personne eût pris beaucoup de peine pour savoir s’il s'agissait de maladies analogues ou bien d’une seule et même maladie, et surtout sans que l’on eût cherché à utiliser ces rapprochements pour essayer de découvrir la.cause d’un mal aussi terrible.

Huit jours après cette communication (25 juillet), et par une curieuse coïncidence, M. Devergie présentait un pellagreux à l’Académie royale de médecine, et M. Léon Marchand, apres six ans d'observation, venait lire devant cette Société un Mémoire sur la pellagre des Landes. Pour montrer combien ce travail était digne de fixer l'attention par la gravité des faits qu'il signalait, il suffira de rappeler que, suivant les calculs du médecin de la Gironde ', il existe plus de trois mille pellagreux dans les campagnes visitées par lui. |

Malgré ces révélations arrivant à la fois au

* Voir le n° du 27 juillet 1843 de la Gazette des Hôpitaux (2° Série, t. V, n° 88).

(2) sein de nos prerniers corps sdvahts, deux ans sé sont passés pendant lesquels la péllagre ëst tombée de nouveau dans l'oubli ‘, tantilest vrai qu’il faut frapper à coup# doublés Ps a éveiller l'attention endormie !

Dans cet intervalle, en effet, la pellagré aurait-elle disparu du $61 francais? aürait-oh démontré l’exagération du chiffré énorme de $es victimes donrié par M. Léon Marchand? Les faits que jé vais exposer répondront : ils prouveront que la pellagre $’étend sur plusieurs dé ños provinces, que le chiffré de M. L: Marchand, loin de donner toute la mesure dü mal, soulève à peine un coin du voile soùs lequel se cachent tant de misères du peuplé: des cäitipäghes, ét fe fait connaître que quelques points du vaste domaine dans lequel là pellabre exerce ses ravages silencieux. J'avais dcquis la ceftitudé qe là ma2 ladie se reticontrait dans toute l'étendue des landes el du bassin de la Girotde, lorsque dé houveäux ocutnents sont Venus me la montrés suivant le bassih de la Gaärottié, s'étendant sur la pläitie du Lauraguais, ét's’avancant dans les Pyrénées. M. le docteur Miqüel, rédacteur en chef du Bulletin dé Thérapeutique, et dont personne ne récusera le témoignage, aÿant visité récemniént lé département de la Haute-Garonne;

‘ Dans cet intervalle, une seule observation de pellagre a été publiée et a passé Inaperçue ; elle appartient au docteur Bruière de Lamothe, et se rapporte. à une pauvre femme de Mont-

Inçon (Allier). C’est le quatrième exem a de pare observé dans le centre de la France. (Voir p. 86 et suiv.)

eut Occasioh de Feritfetéhir avec un pralicief distingué de Villefrantlie, M. Calès. Ce médecin,

lui äyant rappelé les observations de pellägre publiées à Paris, ajouta Qué depuis longtemps il bbsétvait IUi-Miêmié Cetté mhdladie das la élasse patvre dés Campagnes voisines; il Gffrit à M. Mi juël de lui fairé Voir quélques malädés, ét affiria en Contiäitre üh plus grihd flomibre dahs l’arrotidissemént. L’exantièn auquel sé livrä M. Miquel, lés rénseighéments qu'il recuéillit,

ne laisséht ätieun doûté $ür la nature dé là nialädie.

En äpprénant des faits aussi importants, j'ai éru déVoir in’adressér diréctemiènt à M. Calès, et les documents précieux qu’on troûvèrä dans la suité de Cet ouvrage nontrétont si je dois n'äpblatidir dë cètte dématche. 11 me süflt de dire él Ée Moinéni qu'il Ÿ a plus de vingt-déüx àns que ce modeste praticien observe la pellagre dans la riche plaine du Lätraguais, où persüfine jusqu'ici n'avait soupconné son existence.

Tandis que j'obtenais ces révélätibris si graves, tt Hasärd heureux fr'ayant mis éh relation avec M. le doëteur Fontan; médecin des eaux de Lucho, ét obsérväteur Habilé in | Faÿ ôfté ürié observation qu il avait. faite d ans Le village d’ Häoutt (Hatites- Py téhées), à unë époque où il né se rendait, pas bien compte dés caractères de [E pellagre: Le récit des symptôtnes. et de la märche de la maladie, fé genre de vie du malade, que M. Fontan avait a à diversés re-

prises, ne laissent cependant aucun doute sur la valeur de cette observation ‘. | En présence de tant de faits, tous d'une si haute gravité, ainsi qu'on le verra dans la suite $ Le, de cet ouvrage, je n'avais plus besoin de preuves pour être assuré que la pellagre décimait plusieurs de nos provinces, et pour être fortement stimulé à écrire l’histoire de cette maladie d’après les nouveaux points de vue qui se révélaient à nes yeux; mais On dirait qu’il n'avait manqué qu'un signal aux médecins français pour réveiller chez eux de toute part lesprit d’observation. Au moment où ce livre allait être mis sous presse, des faits, plus graves encore que ceux dont Ja science est redevable à M. Cales, ont été communiqués par le chirurgien de l'hôpital de Castelnaudary, M. Roussilhe, et publiés dans le numéro de mai du Journal de médecine de Bor- * Afin de savoir, si la pellagre n’avait pas été observée déjà dans d’autres parties de nos départements pyrénéens, J'ai fait quelques démarches qui n’ont pas encore eu de résultat. D’après Je conseil de M. Dezeimeris, Je me suis adressé à M. Baïle , médecin distingué de Pau, et inspecteur d’un établissement tlier— mal renommé dans le pays (Eaux chaudes). M. Baile m'a répondu qu'il n'avait pas observé de pellagreux : « Je me souviens seu— lement, dit-1l, d’avoir, 11 y a quelques années, visité, au conseil de révision, un Jeune conscrit qui me frappa par l’altération remarquable de sa peau. L’ép'derme était noir , couleur de suie, fenchilé par plaques de la grandeur de pièces de cinq et de dix sous. Au-dessous de l’épiderme , la surface du derme n’offrait aucune altération appréciable. Peut-être cette affection était-elle une variété de mélasma pellagreux. Ge jeune homme était ché- Uf et maigre, et 1l appartenait à l’un des cantons les plus pauvres du département. I fut exempté du service et ne fit que passer sous mes yeux, et 11 me serait impossible de le retrouver aujourd’hui.» |

deaux. M. Roussilhe annonce qu'il observe la pellagre depuis 1823, c’est-a-dire depuis le commencement même de sa pratique; que dans l’année 1044 seule, vingt-un pellagreux, dont. dix hommes et onze femmes, se sont présentés à lui ; sur ce nombre, trois étaient atteints de folie, et deux sont morts avec des symptômes d'affection cérébrale aiguë. En résumé, la pellagre lui paraît si fréquente dans les environs de Castelnaudary, qu'on la dirait presque endémique. On ne lobserve du reste, comme partout, que chez de pauvres agriculteurs se nourrissant presque exclusivement de légumes et de bouillie de maïs.

On comprendra qu’en présence de pareils faits et en raison des circonstances particulières de position et d'étude qui me conduisirent, il ya trois ans, à reconnaître le premier exemple de pellagre signalé dans le centre de la France, j'aie dû me livrer à une étude approfondie de cette grave maladie. En poursuivant cette tâche, je n'ai pas tardé à voir le champ de mes recherches s’agrandir considérablement. À mesure que les documents et les faits se sont accumulés, que jai pu les contrôler les uns par les autres, les juger tous d’un point de vue chaque jour dés élevé, il.m'a semblé que la vérité se dégageait des erreurs et des paradoxes amoncelés autour d'elle, Au-dessus des faits qu’il n'avait été donné à personne de recueillir dans une suffisante généralite, J'ai vu la cause apparaitre avec une évidence qui s'était dérobée jusqu'ici aux Italiens

(26) par des raisons qui seront facilés à Comipreñidié, ét là connaissance de la cause véritable m'a inis, je l'espère, sür là voie de la véritable thérapeti: tique.

Afin de rattachet cetté expüsitiüt historique aux aütres parties de cet ouvrage, je ferai éhcore ue rétiatrque :

Si les räpprôchemetits qui viéntent d’être étäblis historiquement, et que je vais établir mäinteñant au point de vüe pathologique, sont bien fondés, c’est-a-dire si la maladie décrite par Casäl sous lé nom dé rnal de là rosa, celle qué les médecitis padouatis désighèrent quelque téifips sous le nom de scorbut des Alpes, celle qué les Lombärdsont décritesous le nom de pellagre, celle enfin qué les médecitis francais Gnt découverte plus récéitiment daris les Latidés, lé Lauraguätis, lés Pyrénées, et dans divers poitits du céntre de la Fratice; si, dis-je, ces affectiotis he soft qu'üne setilé et méme ttialadie, les faits déjà exposés suffisent presque pour déniontrer que Cêetlé rnalädié tie saurait êtré tressancienne. Découverte éù Espagne äti comméencernetit du siècle dertiér, en Italie vers le milieu de ce rème sièéle, das les Lances eti 1818, dañs le Lätraguais vérs 18353, dépüis 1842 daïis quelques points du centre de la Frañice, la malädie dont je parle, là pellagre; à pü sans doute ekister pendant quelque témips dans chacun de ces pays sans être clairement re: cofmue: maïs en doniatit les plus grandes limites possibles 4 cé tëmps nécéssaire pour établir

l'existence d’une affection nouvelle et insidieuse dans sa marche, on ne saurait faire remonter l'existence de la pellagre au delà du dix-huitième siècle. Les textes, aussi bien que toute espèce de vraisemblance , ont fait complétement défaut à ceux qui ont voulu placer plus loin son origine. Je puis donc dés à présent formuler cette proposition dont on trouvera le développement et les preuves principales dans la troisième partie de ce travail, à savoir : que la pellagre est une maladie nouvelle en Europe; que son origine ne remonte pas au delà du dix-huitième siècle, même dans les pays qui en ont été attaqués les premiers; que partout enfin elle a suivi dans ses progrès et son influence sur le régime alimentaire des peuples occidentaux, une culture d’origine américaine, la culture du nais.

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