DE LA PELLAGRE DE LOMBARDIE
Afin de présenter d’abord une description qui puisse être considérée comme offrant un tableau complet de la marche et des symptômes de la pellagre, j je m'écarterai de l ordre chronologique suivi dans le livre précédent, et Je ferai connaître la pellagre de Lombardie ; c est en effet dans ce pays que la maladie a été jusqu ici le mieux étudiée, et s’il est permis de penser que de nouvelles études entreprises avec des vues plus exactes et dans un borizon plus élargi conduiront ! à des notions plus avancées, du moins il est certain qu en ce moment les travaux des ltaliens sont encore les seuls qui fournissent les données nécessair es pour écrire l’histoire générale de la maladie.
La principale difficulté que rencontre celui qui veut chercher les éléments d’une bonne description dans les travaux dont ; je parle, résulte du nombre même de ces travaux, et ges contra-
n à EE
pres ou gi Dire si ge urn et d autres fois Der d’ apres : si peu de faits ou d aprés
des faits de si pen de valeur, qn'on est obligé d’être armé de défiance en face de toute asserlion, Je dois dire aussi qu'il s’est rencontré dans l'histoire de la pellagre un moment où, par une de ces réactions assez communesen médecine, les praticiens qui avaient répugné à reconnaître les symptômes pellagreux, voulurent en discerper partout où quelque affection cutanée se trouvait associée à des désordres nerveux et à des phénomènes de dépérissement; et cet excès luimême, par une conséquence naturelle, a poussé plus tard dans yn excès contraire quelques esprits superficiels, qui ont nié l'existence de la pellagre comme espèce nosologique distincte. On peut juger d'aprés cela combien il était facile à ceux qui n’ayaient pas pbservé par eux-mêmes de s'égarer à travers tant d’écueils, et l’on comper la nécessité d’une description symptomatologique nelte et précise, que je vais essayer de tracer en m'appuyant sur l'autorité des observateurs les plus recommandables,
Division des symptômes et de la marche de la pellagre. — Les médecins italiens ont partagé, les uns en deux, les autres en trois périodes la marche de la pellagre; et cette dernière division, sans être bien’ rigoureuse, a été adoptée presque universellement. Déjà Frapolli avait admis trois états, suivant que la maladie était commencant, confirmée ou désespérée; Titius la divisa en légère, grave, très-grave, et Strambio, aux observations duquel je m'attacherai de préférence dans cette
(52) partie de mon travail, admet une division qui ne. diffère guère des précédentes que par les termes : « J'ai cru, dit-il, pouvoir distinguer la pellagre en trois espèces, savoir : l'éntermittente, Va rémittente, la continue. Y'appelle péllagre intermittente, le premier état de cette affection, lorsque le malade s'aperçoit à peine de quelque incommodité au printemps, et qu’il jouit d’une bonne santé le reste de l’année. appelle pellagre rémittente le second degré de la maladie, lorsque les accidents sont plus graves au printemps, qu'ils diminuent dans les autres saisons sans cesser tout à fait; enfin, je nomme continue celle qui se montre avec la même violence pendant toute l'année; néanmoins, ajoute Strambio, je ne donne point cette classification comme fondée sur une marche assez constante, ni comme déterminant d’une manière assez précise le développement et les degrés de la maladie; quelquefois, en effet, celle-ci attaque brusquement un individu, et avec tant de force qu’elle le conduit en peu de temps au tombeau. D'autres fois, au contraire, elle se cache longtemps sous les apparences d’une bonne santé; il arrive aussi qu'après avoir maltraité cruellement un malade pendant beaucoup d’années, elle fait trêve pendant plusieurs autres, et revient enfin avec des symptômes mortels. »
J'ai cité ce passage afin de montrer que si j’adopte une division, c’est afin de rendre la descripüon plns facile. Au reste, la description que je donné n'offrira que les symptômes véritable-
ment propres à la maladie dans leur enchaînement le plus habituel, et non tous les phénomènes que peuvent présenter les pellagreux, ni les mille variétés qui peuvent exister dans la succession de ces phénomènes. C’est, je le répète, pour avoir tout noté sans discernement, pour avoir confondu des complicationsetdesépiphénomènes sans valeur avec les véritables symptômes de la maladie, que plusieurs auteurs ont laissé des tableaux de la pellagre qui ne pouvaient qu'égarer ceux qu'ils ne rendaient point incrédules.
Strambio avait encore divisé les symptômes pellagreux, envisagés dans leur ensemble, en ?ternes et externes , division qui est loin de partager ces symptômes en deux groupes égaux par l'importance et par le nombre. Les symptômes externes ou .cutanés ‘peuvent manquer, et c’est uniquement sur le développement des symptômes internes que se mesure la gravité du mal. Si l'on étudie de plus près ces derniers symptômes, on remarque qu'ils se subdivisent naturellement en deux groupes, dont le premier comprend une série de dérangements des fonctions digestives, et le second une série pl us nombreuse dé désordres nerveux.
DÉBUT ET PREMIÈRE PÉRIODE. — Les descriptions laissées par les auteurs offrent la plus grande diversité quant à l’ordre d'apparition et de succession des phénomenes. Les uns font débuter la maladie par une faiblesse chaque jour croissante
et par une indéfinissable mélancolie; d’autres
(154 ) donnent le pas, si je puis dire ainsi, aux symptômes cutanés; d’autres soutiennent que le dérangement des fonctions digestives précède tous les autres phénomènes; enfin plusieurs observateurs assurent avoir vu la maladie débuter par des vertiges et des troubles nerveux.
Ces différences s'expliquent et se concilient parfaitement. Il est extrémement rare, en eflet, que l’on puisse observer des pellagreux au début de la maladie; les malades eux-mêmes ne soupconnent pas d’abord leur état : ignorants, misérables, endurcis aux souffrances, éloignés. des secours de la médecine, ils ne s'adressent à elle que lorsque la souffrance les y contraint, et dans le récit qu’ils font alors de leur maladie, ils.en rapportent presque toujours l’origine au moment où, sous l'influence des premières chaleurs printanieres, des phénomènes tranchés ont apparu sur la peau ou du côté des centres nerveux. Mais on ne peut douter aujourd'hui que.ce moment d’éruption n'ait été précédé d’un temps d’éncubation marqué soit par un affaiblissement croissant, soit par des dérangements variés des fonctions digestives !. Au reste ces symptômes, ou si l’on veut ces prodromes de la maladie, en raison de leur marche insidieuse et lente et des autres circonstances que je viens de signaler, restent
‘ M. Brière de Boismont dit avec raison : « De l'inappétence, du dégoût , de la pesanteur à l’estomac, de la sécheresse à la bouche, etc., voilà les signes qui annoncent l’approchbe du danger. »
(55) le plus souvent inapercus jusqu'au moment où les premières chaleurs du printemps, imprimant à l’économie du pellagreux une brusque secousse, font éclater l’éruption cutanée, escortée presque toujours de quelque trouble dans l’innervation.
Symptômes cutanés. — Voilà pourquoi aussi la plupart des auteurs ont placé le début de la pellagre à l’équinoxe du printemps; alors, en effet, ses traits se dessinent, et l’érythème pellagreux germe, pour ainsi dire, sous l tnfliapée des rayons solaires. Les caractères qu'il offre à sa première apparition sont les suivants : des plaques ou des taches de grandeur variable, d’une rougeur qui va du rose au rouge sombre, disparaissant en général sous le doigt comme un érythème, et quelquefois d’un aspect érysipélateux, se montrent sur les points du tégument exposés habituellement au soleil, sur 1 dos des mains et des pieds, aux avant-bras, sur la région sternale, et parfois, mais rarement, sur le front, les joues, au pourtour des orbites.
D’après Gherardini et Albera, cette éruption serait accompagnée d’un prurit brûlant; mais ces auteurs n'ont peut-être pas bien traduit la sensation éprouvée par les malades, laquelle, suivant Strambio, serait celle de la cuisson, et jamais un prurit véritable, à moins qu'il n’y eût complicalion d’une autre affection cutanée. Il est remarquable que la sensation dont il s’agit est toujours exaspérée par l'insolation.
L’ insolation n'est cependant pas toujours né-
(56 ) cessaire à l'apparition de l’érythème pellagreux, ainsi que les dernières recherches de M. Calderini en fournissent la preuve ".
Assez souvent les plaques rouges se recouvrent de vésicules ou de bulles irrégulières contenant une sérosité jaunätre ou roussâtre. En général, au bout d’un temps variable, l’épiderme des parties altérées se détache et tombe en lames furfuracées.
D'autres fois, et Strambio regarde ces cas comme les plus fréquents, la peau des régions exposées au soleil brunit plutôt qu’elle ne rougit, se dessèche, etson épiderme tombe, sans apparence de phénomènes phleomasiques. |
2° Symptômes nerveux. — Tandis que le tégument externe s’affecte ainsi, les malades éprouvent en général une faiblesse et une répugnance au mouvement plus grandes que de coutume; la tristesse se peint sur leurs visages; ils se plaignent assez souvent de tintements d'oreilles, et s'ils s’exposent sans précaution au soleil, il est rare qu'ils n’éprouvent point de vertiges et d’autres accidents nerveux intenses.
J'ai déjà dit qu'on a vu les vertiges précéder l’éruption cutanée; et parmi les malades soignés à l'hôpital de Legnano, il est fait mention d'un
1 Sur 352 malades, ce médecin a pu constater l'influence de l’insolation chez 128 hommes et 192 femmes : des autres n’avaient nullement été exposés au soleil, cependant ils avaient éprouvé au printemps une sensation d'ardeur aux mains ; chez
uelques-uns même, cette ardeur s'était accompagnée de l’éry- Rome pellagreux. (Annal. univ., avril 1844.)
(37) meunier qui fut tourmenté par des vertiges pendant deux années de suite au printemps, et qui, entraîné comme par une force irrésistible, se mettait à courir jusqu'à ce que ses jambes manquassent sous lui. La troisième année, les symptômes cutanés apparurent,
Quelquefois, et particulièrement chez les individus qui se tiennent à l’abri du soleil, on a vu le printemps passer sans autres symptômes que de la faiblesse et de l'abattement, des douleurs le long du dos, surtout au sacrum et aux extrémités. Ces douleurs spinales, dont je releverai plus tard l'importance, et que l’on trouve mentionnées fort souvent dans les observations de Strambio, peuvent aussi précéder l’invasion des autres phénomèênes.
Enfin on à observé des tremblements ou de légères convulsions, et dans quelques cas le délire dès la première année.
3° Dérangement des fonctions digestives. — Dans la première période de la maladie, les auteurs se bornent en général à dire qu’ y a des signes d'irritation gastrique. Hs notent souvent l’inappétence, les fausses faims, les éructations, les nausées, et quelquefois des vomissements; la langue tantôt rouge, tantôt chargée et sale, tantôt enflée ou excoriée; quelquefois la constipation, tressouvent la diarrhée”. Fanzago regarde * comme
{ W. Jansen adit : «Alvus plerumque laxa jam ab initio morbi observatur, et per totum pellagræ decursum laxitas continuari solet. » (Mém. cit.)
? Memor. sopra la pellagra. Prima mem., p. 123.
(58) dés phénomènés plus dignes de wéntion un séntimént d’ardeur pénible à la gorge ou à l’estômac, Un pÿrosis Qui, Suivant cet auteur, ne manqueraient presque jamais, et souvent précédéraient les autres sÿmptômes.
Strambio note assez souvent la sensation d’érosion à la gorge ‘, des aplithes et des excoriations sur les lèvres et dans la bouche, une saveur amère ou salée, et le ptyalisme. Titius a considéré ces deux derniers symptômes, ainsi que le gonflement de là langue, comme dépendant d’une complication, et M. Brière de Boismont assure également ne les avoir pas rencontrés. Toutéfois, si lon réfléchit que ces symptômes sont mentioninés non-seulement par des observateurs italiens recommandables, mais encore par Îles autéurs qui ont décrit la pellagre en Espagne et dans le inidi de la France, on est forcé de léur accorder une place dans la description de cette maladie. Je dirai plus loin à quoi peut tenir leur absence. |
Aprés avoir acquis une intensité croissante pendant plusieurs serriainies, les symptômes que je viens d’énumérer restent stationnaires et s’al- ténuent ensuite peu à peu, souvent même ils disparaissent presque complétement en arrivant au solsticé d'été. On à vu la maladiè, enrayée péñdant lès mois de juillet et d'août, éprouver uñe recrudescence durant lautomne ; maïs con-
‘ « Cuni $ensu sälis in ôre et erosionis in gutturé. » E. c.
stainméent elle semblé césser dès qué l’on approche des froids de l'hiver, én sorte que les malades peuvent $e croiré guéris, 44 moins quant aux accidents nerveux et aux lésions cutanées. Mais .ce n’est là qu’une tréve trompeuse ét de courte durée. 1l peut arriver qu'après une première attaque ; des pellagréux consérvent une ou deux années de repos; mais, d’après le peu d’observations dé cé genre, ôn reconnaît que ce répos n’est jamais complet, et ne consisté qüé dans l'absence des lésions cutanées et uné atténuation des désordres nerveux, produités par uñ meilleur régime ét par le soin d'éviter le soleil que les malades, suivant la remarque de plusieurs sr ht, savent étre leur ennemi. |
Eu général, le printemps nouveau ramène avec lui le nombreux cortége de symptômes que le printemps précédent avait vus naître, et c’est au moment de ce deuxièmé retour des accidents extérieurs que quelques auteurs font commencer le second degré ou la seconde période de la maladie. Le plus souvent, cependant; ce n’est qu’apres la troisième ou Ja quatrième attaque que l’on voit les malades 6bligés par l'accroissement de leurs maux dé renoncer aux dufs travaux qui sont l'apanage de la classé d'hommes sur laquelle règne la pellagre; beaucoup de pellagreux résistent même plus longtemps à ces recrudéscences anüuelles du mal; mais tôt ou tard une époqué arrive où les dévasgohrents intestinaux ; les désordres nerveux et |’ affaibliééehet général preu-
nent un tel empire, que le malade est bientôt forcé de suspendre ses travaux habituels.
C’est à ce terme de la maladie que je place, avec un grand nombre d'auteurs, la fin de la première période et le commencement de la seconde.
DEUXIÈME PÉRIODE. — 1° Symptômes cutanés.
— À cette époque, l’éruption cutanée n’a presque Jamais l’apparence érythémoïde; elle se couvre parfois, sous l'influence de l’insolation, de vésicules, de bulles ou même de pustules, dont le liquide en se desséchant forme des squames et quelquefois de véritables croûtes.
Le plus souvent la peau devient brunûtre, rugueuse et comme desséchée ; l’épiderme, altéré, se soulève sous forme d’écailles plus ou moins ternes, et qui laissent voir en tombant une peau luisante et d’un rouge livide. Quelquefois l’altération de cette membrane se rapproche de celle du pityriasis versicolor ou de certaines formes d’ichthyose. Plusieurs auteurs ont comparé la peau des pellagreux , celle des mains et des doigts en particulier, à la peau des pattes de l’oie, et lui ont donné le nom de peau ansérine. Chez quelques malades, le front et les pommettes se couvrent de petits tubercules d’un aspect terreux ou semblable à des végétations cornées.
Lorsque les altérations sont parvenues à ce degré, elles ne disparaissent plus complétement, même pendant l’hiver; elles laissent des stigmales indélébiles que tous les auteurs comparent a des cicatrices de brûlures.
2° Symptômes nerveux. —- Une mélancolie profonde s’empare presque toujours des malades; tantôt ils sont d’une tristesse muette effrayante à voir, d’autres fois on les entend gémir sans cesse; ils se plaignent d’une faiblesse excessive, surtout dans les membres inférieurs, et tres-souvent d’une ardeur brülante aux extrémités, particulièrement aux pieds et pendant la nuit; un grand nombre sont sujets à la diplopie; ils éprouvent dans la tête des douleurs bizarres qu'ils comparent tantôt à une sensation de flammes; « d’autres fois, dit Strambio, it leur semble avoir dans le cerveau une meule de moulin qui tourne, ou sentir les battements d’un marteau; tantôt c'est une cloche qui sonne ou une cigale qui chante, etc. »
Les facultés intellectuelles se troublent et s’affaissent. La pensée du suicide vient souvent tourmenter ces malheureux, et c’est surtout vers l’eau que les dirige cette impulsion fataie.
Strambio, qui s’est attaché à bien faire connaître tout ce groupe de symptômes nerveux, décrit encore les suivants, qui appartiennent à la pellagre déjà parvenue à un haut degré d’intensité : . |
« Gherardini, dit-il, avait observé l’opisthotonos chez un malade qu’il avait fait exposer exprés aux rayons du soleil, pour voir les effets qu'ils produiraient sur les mains; mais ce qu’il n’a pas dit, c'est que ce symptôme est très-fréquent chez les pellagreux, et que les muscles si-
tués derrière le cou et derrière la tête, êt céux des côtés et de devant, éprouvent souvént dès contractions ihvolontaires. Tous les médecins sont d’aécord que les pulsatiôns sont faibles et petites, mais ils n’avertissetit pas qü’elles sont rares el lentes quand les malades sont tristes, qu'au contraire elles sont fréquentes et dures quand le délire est aigu. On avait dit que la vue s’obscurcissait, et que quelquefois l’objet paraissait double au nialade, Sans parler de l’arnblyopie crépusculaire, qui fait qu'aussitôt après le coucher du soleil le malade n’y voit plus du tout. On avait remarqué la faiblesse des articulations inférieures, sans faire bien connaitre l’espèce de marche tremblante qui est particulière aux pellagreux; sans noter que dans certains moments les membres inférieurs sontaffectés desoubrésauts involontaires; que souvent le délire, ainsi que les autres symptômes, conservent un type tierce; qué souvent les pellagreux ont un mouvement involontairedelabouchequi imite l'action parlaquelle
ob goûte une liqueur où l’on mâche quelque aliment, où bien semblable à celui d’un enfant qui téte. On n'a point dit enfin qu'ils éprouvaient des crampes aux jambes et des spasmes cyniques. Je trouve encore d’autres phénomènes propres à la pellagre, dont on n’a point parlé avant moï; tels sont la douleur qui se porte d’une manière touté particulière sur lépine vertébrale, à la poitrine, au vehlre el aux extrémités, altaquant- quelquefois tout un côté du corps ét laissant l’autré libre
LES A ET: de Xp PR FT dé: je ARTFANTES | L'4 à » y; (circonstance qué Je désigné sous le nom d’Aé- RE ARR À s Hellasréux rémiopalgte)"; la puanteur que les jellagreux ré-
NSP FONOPANR 1 MEL T ST AE -LÉSEE : , 11°:
pändent quañd ils tombent dans le délire, la dysurie qui a coutume de présager le délire, ét le météorisme du ventre qui précède la mort. 5
Depuis Strambio, la plupärt des äuteurs n’ofit pas attaché une grañde valeur à ces piénomenes
VE. ER ' > 71 27: N 24 9 F1 re Vi £ RAY FER pris séparémetit; aucun d'eux; en effet, n’est caractéristique de là pellagre; toutefois, si l’on exceptele type tierce”, quiindique sans douté une complication, et les spasmes cyniques, on est forcé, après avoir rapproché ces observations de céllés qui ont été faites dans les autres pays, de leur accorder une mention ét dé reconnaitre l’exactitude des remarques de Strambio.
3° Dérangements des fonctions UWigestives. —
Les dérangements des fonctions digestives suivent une progression aussi rarquée et en géuéral une marche plus continué que les autres symptômes; ils contribuent puissämnierit à Pamaigrissement si fréquent chez les pellagreux, et à cet affaissement universel de l'organisme dans lequel ces malheureux finissent par tomber. Dans cette seconde période, c’est une diätrhiée opi-
t Il sémblérait résulter des observations de Strambio, que ces
Phénomènes nerveux se montrent plus souvent du côté gauche
ue du côté droit. Allioni s'était servi de ce fait pour établir la siñgulière théorie développée dans son Conspectus. D’après lui, l'humeur s’emparait d’une moitié du cerveau. Strambio a vivement attaqué les opinions d’Alliont, qu'il appelle héféroclites.
# M. Calderini note que beaucoup de pellagreux, parmi ceux
qui furent observés au grand hôpital de Milan, en 1843, avaient eu la fièvre intermittente. (4nnal. univ., etc., avril 1844.)
(#4) niâtre qui domine ordinairement les autres symptômes digestifs. |
A ce degré du mal, lors même que les phénomênes cutanés disparaissent pendant l'hiver, les autres symptômes, et particulièrement la faiblesse, la tristesse, les vertiges, le dévoiement, continuent de se montrer. Chez les femmes, les symptômes pellagreux s’accompagnent alors souvent de ceux de la chlorose; d’autres, au lieu d'être tourmentées par la leucorrhée ou l’aménorrhée, sont sujettes à des métrorrhagies fréquentes; l'avortement est aussi l’apanage du plus grand nombre. Dans cet état”, cependant, beaucoup d'auteurs reconnaissent que la guérison pourrait encore être obtenue.
TROISIÈME PÉRIODÆ. — On a constitué un lroisième degré ou une troisième période de la pellagre, en réunissant tous les symptômes graves qui montrent que la maladie est au-dessus des ressources de l’art et de l’hygiene, et qu’elle aura inévitablement et dans un- temps peu éloigné une terminaison funeste. Rien n’est triste comme le tableau d’un pellagreux à cés époques avancées : beaucoup sont dégradés par la démence ou par unestupidité complète, et demeurent incapables de la moindre détermination raisonnée ; ils inspirent un involontaire dégoût à ceux qui les approchent : leur face est jaune et terreuse,
‘ D’après M. Calderini, le sang extrait par la saignée est noirâtre, fluide, et à peine voilé d’une légère couenne, (4nnal. univ. 1bid.)
leurs traits souvent effilés ou tirés; ceux qui sont jeunes portent sur leur physionomie l'empreinte de la vieillesse; l’amaigrissement est souvent excessif; on en voit cependant qui conservent jusqu'à la fin un embonpoint flasque et blafard, comme on l’observe chez les fous atteints de paralysie générale. Les émanations de leur corps, et particulièrement les sueurs, ont une fétidité particulière que Jansen comparait à l’odeur du pain moisi, et Strambio à l’odeur des larves de vers à soie à demi pourries dans l’eau.
La langue est quelquefois sèche et fendillée, quelquefois noire; d’autres fois la bouche est sans cesse remplie d’une salive abondante qui s'écoule involontairement; le pouls est lent, misérable, souvent imperceptible;les membresinférieurs, infiltrés, sont quelquefois complétement paralysés.
Lorsque les lésions intérieures sont ainsi parvenues à leur plus haut degré, la peau peut présenter des caractères analogues à ceux de l’ichthyose où de l'éléphantiasis; l'épiderme, considérablement épaissi, forme autour des doiosts une espèce d’étui brunâtre et desséché ; la peau est sillonnée' assez souvent par des fissures, des crevasses et des ulcérations que la malpropreté envenime et rend hideuses à voir : c’est dans ces cas que l’on rencontre ces croûtes épaisses qui, suivant l’expression de M. Jourdan, ont une certaine ressemblance avec celles des lépreux. Quel-
- * Brière de Boismont, p. 55.
quefois la peau prend une teinte presque noire, fait observé non-seulement par les Italiens, mais aussi par Casal', dans le mal de la rosa. | |
TermiNaisons. — lans cet état, les malades ne tardent pas à succomber; tantôt ils sont emportés par des maladies intercurrentes, tantôt par des phleomasies” diverses, et plus souvent par le typhus ou la phthisie tuberculeuse; parfois il survient une dyssenterie mortelle, ou bien il se déclare un dévoiement séreux et tres-abondant que rien n'arrête jusqu'à la mort. Cette diarrhée incoercible coexiste avec un ensemble de symptômes qui témoignent de l'atteinte profonde que la pellagre a portée aux viscères digestifs, et surtout au foie; c’est ainsi que tous les bons observateurs ont noté l'hydropisie ascite et l'hydropisie générale comme l’une des terminaisons les plus fréquentes de cette maladie; d’autres fois on voit les malades dévorés par une fièvre lente que Strambio a bien * décrite, que rien n’explique, suivant cet auteur, et qu'on ne peut modérer jusqu’à l’agonie. |
* « Umiversa corporis peripheria, præcipuë manuum, nigerrimà, Scabrosà, formidabilique pelle tegebatur (l. e.).» Casal pensait que cette teinte noire était produite par une compheation d'albarnas nigrum. | Ailleurs il caractérise la couleur de la peau par ces môts : Cutas nigro-fuscus color (p. 393).
2 « Cum inflammationibus rarior eoque funestior complicatio, » CRE T0 g A |
5 « Est febricula quædam erraticè exacerbans, quæ pellagrosos absque manifestä causà adoritur ; in hoc pulsus sunt celeres et duriusculi ; calor corporis acer percipitur, ét tenuis sudor peculiaris
Dans certaines conditions qui paraissent tenir aux’ localités, les symtômes du scorbut viennent compliquer ceux de la pellagre, et aggraver encore l’état des malades qui peuvent succomber à cette complication. Titius avait noté que celle-ci, rare à Milan, est commune dans les provinces vénitiennes, où la pellagre a porté assez longtemps, comme on l’a vu, le nom de scorbut alpin.
Enfin chez quelques individus, et de préférence chez les jeunes et les mieux constitués, la maladie se termine au milieu de désordres plus violents et de réactions plus énergiques de l’économie : le délire, après avoir laissé jusque-là des moments d’intermission, ne cesse plus; la fièvre s'allume, et le malade succombe avec les symptomes d’une méningite. C’est encore au même ordre de faits qu'appartiennent ces fièvres nerveuses et ataxiques qui, suivant les auteurs, emportent un certain nombre de pellagreux et durant le cours desquelles on voit des mouvements convulsifs alterner avec des lipothymies jusqu’à ce qu’il survienne un coma dont on ne se réveille plus.
Durée. — Les observateurs s’accordent tous à donner à la pellagre une marche ordinairement lente et une durée très-variable, mais qui est toujours de deux ou trois ans au moins. En général la première période elle seule, c’est-à-dire le temps où la maladie paraît intermittente et sem-
odoris toto corpore manat absque ullo levamine. Chronicarum more ea quidem procedit et mortem induait.» (L. cit.)
(48 ) ble disparaître l'hiver et l’été, se prolonge pendant plusieurs années; mais c’est surtout la pellagre arrivée à la ‘seconde période que l’on voit assez souvent rester presque stationnaire pendant dix, vingt ans ou même davantage. M. Calderini parle de malheureux, observés dans le grandhôpital de Milan, qui auraient vécu soixante ans au milieu des tourments physiques et moraux qu'entraîne à sa suite l’incurable maladie que je viens de décrire.
CHAPTPRE RE à