‹ De la pellagre sporadique [electronic resource]Chapitre 17 sur 73 · ACCIDENTS CUTANÉS, DIGESTIFS ET NERVEUX; MORT AU BOUT DE 2 ANS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS CUTANÉS, DIGESTIFS ET NERVEUX; MORT AU BOUT DE 2 ANS

Fille de 23 ans, couturière, née dans le département de Seine-et-Marne, où elle est toujours restée.

Bien portante jusqu'à 21 ans, elle éprouve pour la première fois, au printemps de mO, et sans cause appréciable, des troubles digestifs, et voit bientôt après survenir sur le dos des mains et sur le front des rougeurs qu'on attribue à un coup de soleil.

En automne, la malade recouvre ses forces et conserve la santé jusqu'à la lin de Mai 18M.

Devenue enceinte à cette époque, elle volt reparaître les maux d'estomac, les vomissements, la diarrhée.

Ingère desquamation aux sourcils et au nez ; plaque rouge squameuse au sternum; érythome des mains moins prononcé qu'auprintemps précédent; œdème des eïtrémitÊs; dépérissement; tristesse profonde; fausse couche eu Décembre.

En Avril m2, érythème aux mains, au visage et au sternum; augmentation de la diarrhée. Entrée à Saint-Louis le lU Juin.

Amaigrissement considérable; abattement profond ; douleurs dans les membres ; anorexie.

OBSERVATIONS

Peau du front, du nez et des orbites terne, fendillée, gercée, furfuracée. Sur le dos des mains, rougeur érysipélatcuse ; épidémie enfolié, parclierainé, cassant, terreux, gercé et épaissi au niveau des articulations. Rougeur érythénioïde des pieds sans desquamation ; œdème des malléoles. Scorbut de la bouche.

Insomnie; tristesse profonde ; délire loquace et violent; manie aiguë, furieuse; affaiblissement graduel.

Mort, le 29 Juin.

AUTOPSIIi. — Teinte brune des parties qui ont été le siège de l'érythème ; peau des doigts dure comme du cuir ; épiderme des articulations phalangiennes friable et comme corné.

Masse encéphalique sensiblement ramollie, moelle saine, tubercules crus au sommet des poumons. (Il n'est pas fait mention du tube digestif.)

Th. Roussel, Revue Médicale. Juillet 1842.

Telle est l'analyse succincte du premier cas de pellagre sporadique qui ait été observé en France (1).

L'Acadénoie de Médecine avait été conviée à le constater, mais la malade mourut le lendemain même de la communication de M. Gibert.

Ce fait avait eu, d'ailleurs, pour témoins M. Roussel qui, revenant d'Italie, paraît en avoir le premier deviné la nature, et M. Dubini, ancien chef de clinique des hôpitaux pellagreux de Milan et de Pavie.

(1) Pour être complètement juste sur la question de priorité, j'aurais dû citer, en tête des observations de pellagre sporadique, un cas publié en 1836, par M. Gintrac , dans le Journal de Médecine de Bordeaux , précisément sous le titre de Pellagre sporadique. Mais ce fait, ayant été recueilU dans la Gironde, ne pourrait se soustraire au reproche d'influence endémique ou héréditaire.

Son titre prouve seulement que dès cette époque, c'est-cà-dire peu de temps après la découverte de la pellagre dans les départements pyrénéens, un observateur éminent proclamait qu'elle peut se manifester sous forme sporadique.

OBSERVATIONS

On le croirait, ainsi que le suivant, copié littéralement dans les relations de la pellagre de Lombardic ou des Landes, tant ils offrent d'identité avec les faits endémiques.

Comment ces deux faits n'ont-ils pas éveillé davantage l'attention des observateurs ?

Comment surtout n'ont-ils pas arrêté les témérités étiologiques qui ont retardé la connaissance de la pellagre sporadique?

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