CHAPITRE III
Observations éparses dans les annales de la science.
OBSERVATION XV
ÉUYTHÈME PELLAGREUX DEPUIS 10 ANS.
Jai traité moi-même, ici, dans l'automne de 1753, une femme attaquée du mal ie la rosa depuis 10 à 12 ans ; tous les remèdes avaient été sans succès et les médecins assuraient qu'elle n'en pouvait guérir.... Je lui fis prendre un mélange d'œthiops minéral, d'antimoine crud , de safran de Mars , le tout entremêlé de quelques purgatifs et soutenu d'un -régime et de tisanes convenables. Elle guérit parfaitement au bout de deux mois.
Je ne savais alors quel nom donner à cette maladie, la regardant seulement comme un diminutif de la lèpre.
Dans le printemps de llhU, il survint à l'endroit des croûtes une simple rougeur qui se dissipa sans remèdes. Je ne sais encore si cette rougeur repai-aîu-a au printemps.
Ihiéri, Journal de Vandermoude. Mai 1755.
Thiéri, médecin de l'ambassade française a Madrid, qui rapporte celle observation sommaire, est le premier auteur qui ait, en France, parlé de la pellagre, et encore était-ce par les détails qu'il tenait de Casai, qui, lui-même, avait le premier signalé la maladie en Espagne.
Telle était cependant la judicieuse réserve de Thiéri , que loin d'allribuer ce fait h l'infltiencc endémique, il le signale comme un
OBSERVATIONS
lait sporadiciiie, ainsi que le prouvent les réflexions suivantes par lesquelles il termine sa relation du mal de larosa, et qui sembleraient laites d'aujourd'hui quoiqu'elles remontent à plus d'un siècle :
« Comme cette femme et ses ancêtres sont de laNouvelle-Castille, » et que ce royaume est diamétralement opposé à celui des Asturies, » j'infère de là qu'on pourra rencontrer le mal de la rosa en dilïé- M rents pays, mais dans un genre plus ou moins tempéré, a peu près » tel que je l'ai observé ici, et selon la diflerence des climats 5 que » c'est pour cette raison que les observations n'en auront fait aucune » mention ou l'auront confondu avec tant d'autres affections " cutanées. »
OBSERVATION XVI