DIVISIONS CLASSIQUES
Que si l'on voulait absolument faire des divisions classiques , la plus logique, à mon avis, serait celle qui reposerait sur le symptôme prédominant et qui admettrait un ërylhème pellayreux, c'est-à-dire l'érythème spécial survenant isolément à chaque printemps , et tant qu'il resterait isolé et exempt de toute complication (obs. ix.).
Une entérite pcllagreuse, c'est-à-dire la diarrhée revenant isolément au printemps , et qui aurait été précédée ou accompagnée d'autres accidents spéciaux les années précédentes.
Une folie pellagreuse, c'est-à-dire le trouble mental revenant isolément à l'equinoxe vernale, et qui aurait été également précédé ou accompagné des accidents spéciaux.
Enfin, une diathèse pellagreuse^ c'ést-à-dire l'érythème, l'entérorrhée et la folie réunis.
Et encore, que serait Vénjlhème pellagreux, sinon la vraie pellagre avec protopathie cutanée, ou prédominance d'accidents cutanés ?
Que serait V entérite pellagreme^ sinon la vraie pellagre avec protopathie intestinale, ou prédominance d'accidents digestifs ?
Que serait la folie pellagreuse, sinon la vraie pellagre avec protopathie encéphalique, ou prédominance d'accidents nerveux?
Que serait la dialhèse pellagreuse , sinon la vraie pellagre avec simultanéité de ses trois accidents spéciaux.?
Les divisions en périodes classiques s'expliquent dans les affections simples, dans les exanthèmes, par exemple 5 mais dans une diathèse complexe comme la pellagre, elles jetteraient plus de trouble que de clarté sur le tableau de la maladie.
Quant a la cachexie pellagreuse, je n'en aurais même pas fait mention, si celte dénomination n'avait été employée par un éminent ob.servateur, M. Billod, pour caractériser la pellagre des aliénés.
CACHEXIE PELLAGUEUSE.
La cachexie, en effet, n'est pas une forme morbide particulière, c'est moins un mode symptomatologique qu'un résultat d'un ou de plusieurs symptômes, ayant amené une profonde altération dans la nutrition générale.
Et la preuve que la cachexie n'est pas une forme particulière a la pellagre des aliénés , c'est qu'elle se trouve notée trente fois sur trente-cinq dans nos observations sporadiques où l'aliénation n'a pas toujours tenu la plus grande place.
Admettre, comme terme général, une cachexie 2)ellagreuse des aliénés, ce serait laisser croire que la pellagre et la cachexie pellagreuse sont deux maladies différentes ; ce serait admettre une cachexie syphilitique, une cachexie tuberculeuse comme étals différents de la syphilis ou des tubercules, et confondre deux choses essentiellement distinctes, la dialhèse et la cachexie.
La pellagre , dès qu'elle ne reste pas bornée a un seul système, cutané , digestif ou nerveux, est toujours une diathèse. Mais cette diathèse peut attaquer les trois systèmes en même temps et n'être pas encore une cachexie.
J'ai vu mourir (obs. ii) une femme en pleine diathèse pellagreuse et qui n'était pas cachectique, et je vois guérir un homme atteint depuis treize ans (obs. vm) de pellagre éminemment diathésique, sans la moindre cachexie.
En un mot, la diathèse est constituée par la généralisation du mal 5 la cachexie, par l'influence du mal sur l'économie entière.
Pourquoi la pellagre a-t-elle revêtu, dans les établissements d'aliénés, une forme plus altérante, si je puis ainsi dire, ou, en d'autres termes, plus promptement cachectique qu'ailleurs? C'est que les aliénés ayant déjà la santé très- gravement compromise, toute maladie incidente, et tout particulièrement la pellagre, devaient amener promptement chez eux l'émaciation et l'affaiblissement extrême qui, dans le langage actuel, constituent l'état cachectique.