ACCIDENTS CUTANÉS, DIGESTIFS ET NERVEUX; MORT AU BOUT DE
Femme de Sa ans, de Thonnes (Savoie), a successivement habité Rive-de-Gier, Bordeaux, Châlon-sur-Saône et Loivre.
Bonne conslitution, bonne hygiène, bonne nourriture, jamais mémcde pain de seigle depuis 12 ans qu'eUe a quitté la Savoie ; jamais de maïs. Aucune maladie, si ce n'est le choléra en 185/j.
En 1852, six ans avant son mariage , elle commençait à se plaindre que ses mains étaient rouges, fendillées, douloureuses surtout à la paume, et qu'il en suintait un peu de .sérosité trouble.
En Mai 1857, sans cause appréciable, violentes coliques et diarrhée subite qui n'a plus cessé depuis.
OBSERVATIONS
Dans les premiers jours d'Octobre, œdème presque général qui ne laisse plus trace en Janvier.
Vers le IS Mai 1858, le dos des mains devient plus rouge, plus fendillé et se couvre de squames parcheminées, et un mois après le même érythème se montre sur le nez. La diarrliée persistait , l'appétit restait bon ; il n'y avait ni amaigrissement, ni affaiblissement, et la malade continuait toutes ses occupations, lorsque, le 29 Juillet , quittant Châlon-sur-Saône pour venir habiter Loivre, elle supporta très-difficilement ce voyage, quoiqu'elle fût très-commodément dans un wagon de S™* classe.
Arrivée à Loivre, anorexie, affaiblisse ment général, tristesse profonde, idées de mort; augmentation de la diarrhée; œdème des membres inférieurs sans albumine ; accès de fièvre toutes les nuits.
Le 11 Août, fièvre avec délire.
Le 12, elle dit qu'on va lui couper la tête.
Le 13, elle veut se jeter par la fenêu e, se couper le poignet, etc.
Les jours suivants, mêmes accès de folie, principalement vers une heure de l'après-midi.
Le 14, elle est adressée par le docteur Pichancourl à M. le professeur Landouzy, comme atteinte de pellagre, et placée à la cUnique de l'école.
Erythème terreux des mains très-prononcé, mais d'après le mari beaucoup moins prononcé cependant qu'au printemps. Peau brunâtre crevassée , avec des espaces de peau blanche et luisante , et des écailles furfuracées jusqu'aux poignets ; ongles rugueux, lamelleux, inégaux ; traces d'érythème au nez.
Démence , tendance an suicide, affaiblissement extrême, diarrhée.
DIAGNOSTIC. — Pellagre ancienne à sa période ultime.
Mort, le 2 Septembre 1858.
Pas d'autopsie, le corps ayant été enlevé à notre insu par la famille.
Gentilhomme, interne. (Extrait.)
OBSERVATIONS
OBSERVATION V