CONCLUSIONS
1° La première dent apparaît en général entre le sixième et le huitième mois.
2° L'ordre et l’âge d'apparition des dents, chez un enfant dont le développement est physiologique, sont les suivants: I. Incisives: 1° médianes inférieures, 2° médianes supérieures, 3° latérales supérieures, 4° latérales inférieures, sixième au douzième mois; Il. Petites molaires, douzième au quinzième mois; III. Canines, quinzième au dix-huitième mois; IV. Grosses molaires, vingtième au vingt-sixième mois.
3° Il y a de fréquentes anomalies portant sur l’ordre d’éruption (les prémolaires sortent souvent avant les incisives latérales inférieures), l'âge de l’éruption (éruption précoce ou retardée), bien que l'enfant paraisse avoir loujours été d’une santé telle que l’évolution dentaire semble devoir s'effectuer comme sur un terrain physiologique; l’éruption retardée se rencontre surtout chez les enfants qui sont ou ont été malades.
4° Souvent pour les uns — jamais pour les autres — la percée des dents s'accompagne — ou ne s'accompagne— de manifestations morbides, qui sont les «accidents de dentition », pour les premiers, les accidents
«dits » de dentition pour les autres. Après avoir exposé la thèse des partisans et celle des adversaires des accidents de la dentition, nous nousrangeons dans le camp des derniers ; mais si nous nions les accidents de dentition chez les enfants à développement physiologique, nous reconnaissons que chez eux, la percée des dents peut se manifester par des signes qui doivent être considérés plus comme des € symptômes » que comme des « accidents ».
5° Les symptômes de la percée des dents sont en nombre extrêmement restreints; ce sont :
« Symptômes fonctionnels: prurit gingival, salivation, inappétence, ralentissement ou chute de la courbe des poids.
6 Symptômes physiques : congestion et épaississement local de la gencive.
Ces symptômes, le plus souvent fugaces, sont rarement au complet; les signes physiques, seuls constants, sont les seuls souvent capables d'attirer l'attention.
6° L'opinion à laquelle nous nous sommes rattaché est conforme, croyons-nous, à la réalité: tout « accident » indique donc que le nourrisson chez lequel on le constate était un malade non soupçonné tel ou un convalescent.
7° Si la percée des dents ne s'accompagne d'aceidents que chez les enfants qui y sont prédisposés, par leurs antécédents héréditaires et surtout acquis, il importe d'exercer une surveillance rigoureuse de
tout enfant dès sa naissance, sans distinction d’au-
cune espèce afin que son développement se rapproche le plus possible du développement physiologique : c’est là un argument à ajouter à ceux qui militent
déjà, et si puissamment, en faveur des consultations de nourrissons.
Vu : le Président de thèse,
P. BUDIN
Vu : le Doyen, DEBOVE
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,