DE LA PLÈVRE
Les plèvres renferment-elles des gaz? Il est inutile de rappeler les innombrables discussions auxquelles ce sujet a donné lieu du temps de Haller. On sait bien maintenant que s’il s’en trouve dans leur cavité, ce n’est c|u’eo très-petite quantité. Ces gaz ne peuvent donc en rien modifier les résultats ide la percussion directe, ou médiate. '
Les cavités des plèvre^ n’ont point de commuinication avec les parties circonvoisines. Les feuillets imembraneux qui les entourent sont, dans l’état inormal, partout libres par leur face pleurale, et fadhérens par leurs faces costale et pulmonaire. La (contiguité qui existe entre ces deux feuillets n’emipêche pas qu’ils puissent s’écarter l’un de l’autre ilorsque des fluides s y trouvent contenus. La molllesse des poumons permettant un certain degré de ccompression , il doit arriver que les liquides ou les gaz renfermés dans les plèvres écartent ces organes eet les refoulent vers l’axe du tronc.
Etat anormal. Tous les changemens qui, dans l’éttat anormal , ont rapport à la couleur, à la consis- Uance des plèvres , ne peuvent être éclairés par la {percussion, et je les passerai sous silence.
Les travaux modernes d’anatomie pathologique {prouvent que l’épaississement des plèvres , s’il esxiste, est très-rare ; et que, dans les cas où elles en paraissent atteintes, cela est dû à une couche pseudomembraneuse déposée à leur surface contiguë , ou il des granulations miliaires qui s’y sont dévelopipé es(Morgagni, Bichat, Laennec, Andral).
C’est encore au dépôt d’une substance plastique qu’il faut rapporter les adhérences dont les jilèvj’es
sont souvent le siège. Rarement T épaississement ou les adhérences sont-ils portés au point de former une couche assez considérable pour altérer le son que donne la percussion du thorax.
Les dégénérescences cartilagineuses ou osseuses de la plèvre, fréquentes surtout au sommet des poumons tuberculeux , y acquièrent souvent une épaisseur assez grande.
La sérosité fournie par la plèvre peut augmenter en quantité ; cela a lieu d’une manière constante , suivant Laennec, dans l’inllammatlon de cette membrane. Plusieurs auteurs ne croient pas que cette augmentation soit constante , mais regardent ce cas comme incomparablement plus fréquent, et n’admettent guère la pleurésie sans épanchement que comme un fait excèptionnel. Or, cette sérosité dans la pleurésie peut avoir des degrés divers de consistance 5 et celle-ci est variable suivant la nature, l’ancienneté de répanchement , et suivant la disposition organique du sujet qui en est atteint. Tantôt , et c’est l'e cas le plus fréquent , la sérosité est libre dans la cavité de la plèvre; tantôt, elle est embrassée par des adhérences qui en forment une collection fixée sur le point où elle a été déposée ; c’est ce qui arrive dans la pleurésie circqnscrlte ou partielle. On volt que celle-ci peut avoir Heu entre les lobes (pleurésie interlobaire), entre sle diaphragme et le poumon (pleurésie diaphragmatique), entre la plèvre et le médlastln (pleurésie médlastine), entre les côtes et le poumon (pleurésie costo-pulmonalre). Il est impossible qu’une collection de sérosité ait Heu dans la jilèvre sans