‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 17 sur 94 · DE LA PLÈVRE · texte numérisé non relu

DE LA PLÈVRE

que le poumon soit refoulé; et si l’épanchement deS^lent plus consldéraLle , les organes voisins sont déplacés , le cœur peut etre porté du côté opposé (Laennec), le foie être repoussé vers l’abdomen fAndral). Il arrive un moment où le poumon est tout-à -fait porté en arrière vers la colonne vertébrale.

Des épanchemens de sang peuvent avoir lieu dans la plèvre. La matière ramollie de vastes tubercules pulmonaires s’y est quelquefois accumulée à la suite de l’ulcération de cette membrane (Chomel, Louis, Andral , etc.). Une hydatide pulmonaire ou hépatique rompue peut aussi y verser le fluide qu’elle contient, etc. Dans tous ces cas d’épanchement, les liquidés se comportent à peu près de la même manière. L’air atmosphéricjue peut parvenir dans les plèvres par une ouverture des parois ou par une fistule pulmonaire (Laennec , Cayol, etc.). Peutêtre aussi que des gaz se dégagent quelqi\efois des liquides épanchés dans la plèvre , ou sont fournis par une exhalation vitale. La manière dont leur formation peut avoir lieu est hors de mon sujet : il siilfit de savoir cjue des fluides élastiques peuvent se rencontrer en plus ou moins grande c[uantité dans le sac des plèvres, tantôt seuls , tantôt avec des licjuides variables ( pneumo - thorax , hydro- pneumothorax).

Dans les cas précédens, le thorax est dilaté du côté correspondant à l’épanchemex.!;. Il arrive quelquefois que , dans la pleurésie hémoi;i’agique (Laennec ), ou dans la pleurésie avec adhérences , les ])arois thoraciques se resserrent d’une manière manifeste.

EXPLORATION DE LA PLlWrK

Art. II. Expériences et recherches sur V exploration de la plèvre dans l’état normal et anormal.

C’est par la pureté du son pulmonal sur les points qui correspondent au poumon , que l’on peut juger de l’état normal de la plèvre : celle-ci est trop mince pour altérer le son thoracique. Je renvoie aux régions auxquelles elle correspond, pour connaître les résultats de la percussion de la poitrine lorsque la membrane pleurale est saine.

Les lésions physiques étudiées précédemment sont les seules que la percussion médiate, considérée isolément, puisse faire reconnaître.

Les tumeurs , les adhérences avec épaississement remarquable, développées à la surface de ces membranes , seront probablement circonscrites par la percussion médiate : je n’al pas eu l’occasion d’en observer sur le vivant, mais l’expérience suivante ' a été tentée sur le cadavre en présence de plusieurs élèves.

Expérience. La trachée-artère d’un cadavre étant liée, la plèvre droite fut ouverte, et un lambeau démuselé, d’un petit volume, fut glissé sous les côtes à l’insçude l’un des expérimentateurs. La percussion médiate pratiquée alors avec soin fit facilement découvrir le point du thorax où était le fragment musculaire , qui avait à peu près un demipouce d’épaisseur. La percussion directe trouvait à peine un peu de matité sur ce point.

Cette ex]jérience cadavérique , répétée depuis avec succès, liue fait espérer que, dans des cas de

DANS l’état normal ET ANORMAL. • 67

tumeurs développées au voisinage de la plèvre et observées pendant la vie, la percussion médiate, éclairée par l’auscultation , aura quelque avantage Çvoyez Augmentation de densité du poumon , page

Les épanciiemens pleurétiques de liquides ou de fluides élastiques , soit seuls , soit combinés les uns avec les autres, ont des signes qui deviennent très-évidens à l’aide du plessimètre.

La percussion médiate, combinée avec des signes fonctionels et avec l’auscultation , peut préciser le sicge d’une douleur présumée pleurétique. Trois ordres de faits peuvent être invoqués à l’appui de ces propositions : i° des expériences sur le cadavre, que l’on place dans des circonstances physiques analogues à celles qui constituent les maladies de la plèvre; 2.° des expériences sur des, sujets qui ont succombé à ces maladies; 3° .des observations sur l’homme vivant atteint de ces affections.

Interrogeons ces diverses sources de lumières , dans h’hydro-thorax libre et circonscrit , dai>s le pneumothorax simple, dans l’hydro-pneumo-thorax.

§ I®’’*. Épanchemens de liquides libres dans la cavité

des plèvres.

I. Expériences sur le cadavre relatives à des épanchemens pleurétiques artificiels.

I Expérience. M. Jules de Dervieu et moi , nous Injectâmes un litre de liquide dans la plèvre droite du cadavre d’une jeune femme maigre et dont la trachée avait été préalablement liée avec soin. La

percussion médiate du thorax de ce côté avait donné, avant Pintroduction du liquide, les résultats de rétat normal : mais après , le cadavre étant couché sur le dos , le son cessa d’être pulmonal dans la partie déclive; il prit un caractère à peu près moyen entre celui que donne le coeur et celui que fournit le poumon ; l’espace oii ce bruit était obtenu cessait brusquement pour faire place à une surface où la résonnance pulmonale se faisait entendre. Ces différences de son existaient sur une ligne horizontale et complètement de niveau. Une ponction avec le troisquarts fut pratiquée à un demi-pouce au dessus de cette ligne et il ne s’écoula aucun liquide ; une autre fut faîte à trois lignes au dessous , et le fluide sortit par la canule. Le cadavre fut ensuite assis , adossé contre un mur et invariablement fixé par des aides. La percussion médiate fut pratiquée en haut et sur les points de la région pulmonaire latérale droite où le son avait présenté moins de clarté que dans l’état normal : le bruit qu’on y obtint dans cette position prit le caractère que donne le poumon sain ^ tandis que toute la partie inférieure du thorax présentait un son entre le j:iulmonal et le cardial. La ligne c|ui séparait ces deux nuances de son était bien marquée et de niveau. Une ponction faite un demi-pouce au dessus ne fit pas sortir de liquide ; il s’en écoula lorsque la ponction fut pratiquée immédiatement au dessous du point où l’on avait trouvé le niveau.

L’épreuve réitérée donna encore les mêmes résultats.

2® Expérience. Dans une expérience à laquelle

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